L'histoire des français sous la royauté

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Arrivée au pouvoir des capétiens

Bien avant Hugues Capet, sa famille a déjà tenté… et parfois réussi… à prendre le pouvoir.

Tout commence avec Eudes. En 888, le trône carolingien vacille. Face aux crises et aux invasions, les grands du royaume choisissent un homme capable de défendre le territoire. Leur choix se porte sur Eudes. Il n’est pas carolingien. Et pourtant, il devient roi. Son règne montre une chose essentielle : la couronne peut désormais échapper à la dynastie traditionnelle. Quelques décennies plus tard, son frère Robert Ier suit le même chemin. En 922, il se fait élire roi contre Charles le Simple. Mais son règne est court : il meurt au combat l’année suivante.

Après lui, le pouvoir reste entre les mains de ses proches. Raoul, son gendre, devient roi. Là encore, les Carolingiens sont écartés. Puis vient Hugues le Grand. Il ne devient jamais roi… mais il pourrait l’être. Il contrôle le royaume, choisit les rois, impose son influence. Quand il meurt en 956, tout est en place. Son fils n’aura plus qu’à franchir la dernière étape.

Rois capétiens : liste, histoire et évolution de la monarchie française

Robert le fort : Chef de guerre du IXe siècle, il incarne les débuts de la puissance de la famille robertienne. Né au début du IXe siècle, Robert le Fort apparaît dans les sources comme un aristocrate franc au service des rois carolingiens. Ses origines exactes restent débattues par les historiens, mais il s’impose rapidement comme un personnage majeur. Il reçoit des responsabilités importantes en Neustrie, une région stratégique située entre la Loire et la Seine, particulièrement exposée aux raids vikings. Dans ce contexte, Robert le Fort joue un rôle essentiel dans la défense du royaume. Il mène plusieurs campagnes contre les Vikings, mais aussi contre d’autres puissances locales, comme les Bretons. Sa carrière s’inscrit dans une période de fragilité du pouvoir carolingien, où les rois s’appuient de plus en plus sur des chefs militaires capables de défendre le territoire. En 866, Robert le Fort trouve la mort au combat, lors d’un affrontement contre des forces vikings près de Brissarthe. Sa mort en pleine bataille renforce son image de chef guerrier. Robert le Fort ne fut jamais roi, mais son rôle est fondamental. En défendant le royaume et en consolidant son pouvoir régional, il pose les bases de l’ascension de sa famille. Ses fils, Eudes et Robert Ier, franchiront une étape décisive en accédant au trône. Un siècle plus tard, cette lignée donnera naissance à la dynastie capétienne.

Eudes : Né vers 860, Eudes est le fils de Robert le Fort, un puissant seigneur chargé de défendre le royaume contre les incursions vikings. Eudes se fait connaître lors du siège de Paris en 885-886. Face aux Vikings, il organise la défense de la ville et s’impose comme un chef militaire efficace. Cet épisode joue un rôle décisif dans sa carrière : il lui apporte prestige et légitimité. À la mort de l’empereur carolingien Charles le Gros en 888, le pouvoir est vacant. Plutôt que de choisir un héritier carolingien, les grands du royaume élisent Eudes comme roi des Francs. Ce choix est exceptionnel : pour la première fois, la couronne échappe à la dynastie carolingienne. Son règne reste cependant fragile. Une partie de l’aristocratie soutient un autre prétendant carolingien, Charles le Simple. Eudes doit donc gouverner dans un contexte de rivalité permanente. Pour stabiliser la situation, il finit par reconnaître Charles comme son successeur. À sa mort en 898, la couronne revient ainsi à la dynastie carolingienne.

Robert 1er : Après Eudes, un autre membre de la famille robertienne monte sur le trône : Robert Ier. Son règne est bref, mais il confirme une chose essentielle : les Carolingiens ne sont plus les seuls à pouvoir régner. Né vers 866, Robert Ier est le fils de Robert le Fort et le frère du roi Eudes. Comme lui, il hérite d’un rôle important dans la défense du royaume, notamment face aux Vikings. Pendant le règne de son frère, Robert reste un soutien fidèle. Mais après le retour des Carolingiens avec Charles le Simple, il devient progressivement l’un des principaux opposants au roi. Le conflit s’intensifie au début du Xe siècle. Une partie de l’aristocratie reproche à Charles le Simple sa politique et son entourage. Robert apparaît alors comme une alternative crédible. En 922, il est élu roi par les grands du royaume. Comme pour Eudes avant lui, cette élection montre que la légitimité royale ne repose plus uniquement sur l’héritage carolingien. Mais son règne est de courte durée. Dès 923, Robert affronte Charles le Simple lors de la bataille de Soissons. Il remporte la victoire… mais y trouve la mort. Robert Ier n’a régné qu’un an, mais son importance est réelle. En s’opposant au roi carolingien et en accédant au trône, il renforce la position de sa famille dans le jeu politique. Après sa mort, le pouvoir reste entre les mains de ses proches, et la montée des Robertiens se poursuit.

Raoul de Bourgogne : Après la mort de Robert Ier, une question se pose : qui va lui succéder ?
La réponse surprend : ce n’est pas un Carolingien… mais un proche des Robertiens, Raoul de Bourgogne. Né vers 890, Raoul (ou Rodolphe) est duc de Bourgogne et surtout le gendre de Robert Ier. Il appartient donc au cercle des grandes familles aristocratiques qui dominent le royaume. À la mort de Robert Ier en 923, les grands du royaume doivent choisir un nouveau roi. Plutôt que de restaurer immédiatement un Carolingien, ils élisent Raoul.

Ce choix confirme une évolution majeure : la couronne ne dépend plus uniquement de l’hérédité, mais du soutien des élites du royaume. Raoul doit cependant faire face à une situation instable. Le carolingien Charles le Simple reste un prétendant, et le royaume est traversé par des rivalités entre grands seigneurs. Durant son règne, Raoul s’efforce de maintenir un équilibre entre ces différentes forces. Il s’appuie notamment sur Hugues le Grand, fils de Robert Ier, qui devient l’un des personnages les plus puissants du royaume.

Comme ses prédécesseurs, Raoul doit aussi faire face à des menaces extérieures, notamment les incursions vikings, qui continuent de fragiliser le territoire. Il règne jusqu’en 936, sans parvenir à fonder une dynastie durable. À sa mort, le pouvoir revient à un Carolingien, marquant un retour temporaire de l’ancienne lignée. Raoul de Bourgogne est un roi de transition. Ni carolingien, ni robertien direct, il incarne une période où la royauté devient une fonction disputée entre grandes familles. Son règne confirme l’affaiblissement des Carolingiens et prépare l’ascension définitive des Capétiens. Avec lui, une chose est désormais claire : le pouvoir royal est entre les mains des grands du royaume.

Hugues le grand : Avant Hugues Capet, il y a son père : Hugues le Grand. Un homme qui n’a jamais été roi… mais qui aurait pu l’être. Né vers 898, Hugues le Grand est le fils de Robert Ier et le neveu du roi Eudes. Il hérite donc d’une famille déjà profondément ancrée dans le pouvoir. Après la mort de son père en 923, il devient l’un des plus grands princes du royaume. Plutôt que de prendre la couronne, il choisit une autre stratégie : contrôler le pouvoir sans en porter le titre. Il reçoit le titre de « duc des Francs », qui fait de lui le personnage le plus puissant du royaume après le roi — et souvent plus influent que lui.

Durant son parcours, Hugues le Grand joue un rôle décisif dans les luttes de pouvoir. Il soutient d’abord le roi Raoul de Bourgogne, puis, à la mort de ce dernier en 936, il participe au retour du Carolingien Louis IV. Mais ce retour n’est pas un abandon de pouvoir : Hugues garde la main. Il contrôle les territoires les plus riches du royaume, notamment autour de Paris, d’Orléans et de la vallée de la Loire. Au fil des années, il devient un véritable « faiseur de rois » : il influence les successions, il impose ses choix politiques et il domine les équilibres du royaume. Malgré cette puissance, il ne franchit jamais le pas de la royauté. Ce choix peut s’expliquer par le contexte politique : prendre la couronne reste risqué, et la légitimité carolingienne conserve encore du poids. À sa mort en 956, Hugues le Grand laisse une position exceptionnelle à son fils. Le terrain est prêt.

Les capétiens :

En 987, Hugues Capet devient roi. Rien ne laisse encore penser que sa famille va régner pendant des siècles.

Au départ, les Capétiens sont des rois faibles. Leur pouvoir est limité, et de nombreux seigneurs sont plus puissants qu’eux. Mais ils vont construire leur force lentement, génération après génération. Leur première arme est simple : assurer la succession. En faisant sacrer leurs fils de leur vivant, ils évitent les crises qui ont affaibli les dynasties précédentes. Peu à peu, leur autorité grandit. Avec Philippe II Auguste, le royaume change d’échelle. Le roi reprend des territoires aux grands seigneurs et impose son autorité. Avec Louis IX, la monarchie devient un modèle de justice et de pouvoir chrétien. Mais au XIVe siècle, l’équilibre se brise. Les fils de Philippe IV le Bel meurent sans héritier. En 1328, avec la mort de Charles IV le Bel, la lignée directe s’éteint.

En trois siècles, les Capétiens passent d’une royauté fragile à une monarchie puissante. Leur disparition ne marque pas une rupture, mais une transition : leur héritage continue avec les Valois.

987
Les Capétiens
dynastie des capétiens de 987 à 1328
1328
Les Capétiens

 

Hugues Capet - Robert II - Henri 1er - Philippe 1er - Louis VI - Louis VII - Philippe II - Louis VIII - Louis IX - Philippe III - Philippe IV - Louis X - Philippe V - Charles IV

987
Les Carolingiens
Francie médiane
dynastie des carolingiens de 771 à 987

Lothaire 1er - Louis II d'Italie - Lothaire II - Charles de Provence

987
Les Carolingiens
Transition avec les capétiens
dynastie des carolingiens de 771 à 987

Eudes - Robert 1er - Raoul - Hugues le Grand

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