L'histoire des français sous la royauté

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Imagine un Mérovingien
Pas de miroir Instagram, mais une fibule bien brillante pour tenir son manteau. C’est simple, solide… mais déjà, ça dit : “regardez qui je suis”.

Quelques siècles plus tard, les tissus deviennent plus fins, les couleurs plus variées. On commence à comprendre que s’habiller, ce n’est pas juste ne pas avoir froid… c’est envoyer un message.

Et puis arrivent les rois des podiums avant l’heure : les Valois et surtout les Bourbons. Là, on ne plaisante plus. Perruques imposantes, rubans, talons rouges, dentelles à foison… Louis XIV aurait clairement dominé TikTok !

À la cour, chaque détail compte. Une manche trop simple ? Suspect. Un accessoire mal choisi ? Presque un scandale. Le vêtement devient une arme sociale.

Au fond, entre une fibule mérovingienne et une perruque de Versailles, il y a une même idée : se montrer, se distinguer, exister aux yeux des autres.
La mode ne change pas tant que ça… elle devient juste beaucoup plus spectaculaire.

A

Aube : A l’origine, ce n’est pas un vêtement religieux. C’est un habit commun de l’Antiquité tardive, adopté par les premiers chrétiens… puis progressivement sacralisé à partir du XIe–XIIe siècle. Le vêtement se fixe à partir de la réforme grégorienne (XIe siècle). L’Église latine cherche à se distinguer clairement du clergé des laïcs, à codifier la liturgie et à renforcer la séparation du sacré et du profane. L’aube commence à devenir un vêtement réservé à l’office. Elle est désormais, plus longue, plus ample, souvent en lin blanc et parfois ornée d’orfrois (bandes brodées). La blancheur prend un sens symbolique : pureté, lumière, résurrection.

Aube, invention vestimentaire
Aumônière invention vestimentaire

Aumônière : Petit sac avec coulants ou fermoir, qu’on pend à la ceinture et qui contient les objets dont on se sert habituellement ou de la monnaie. Depuis le XIIe siècle jusqu’au XIVe siècle, l’aumônière est le complément indispensable du vêtement journalier des deux sexes.

Aumusse : C’est un vêtement très ancien, propre aux deux sexes, mais qui, dès le XIe siècle, fut spécialement affecté aux chanoines réguliers.

Aumusse, invention vestimentaire

B

Bicoque, invention vestimentaire

Bicoque : Discret dans les sources, souvent confondu avec d’autres formes de coiffes, ce petit chapeau marque une transition entre les couvre-chefs médiévaux et ceux de l’époque moderne. Au XVe siècle, la mode masculine évolue profondément en France, notamment sous les règnes de Charles VII et Louis XI. On abandonne progressivement les chaperons complexes du XIVe siècle pour des formes plus structurées. La bicoque est un petit chapeau, en feutre ou en drap, à calotte relativement plate dont le bord est relevé sur deux côtés, d’où son nom : bi-coque (deux côtés relevés). Elle est portée par des bourgeois, des officiers et parfois des hommes d’armes. Elle protège contre la pluie, elle est une marque de distinction sociale et un élément de mode. Elle préfigure déjà le principe du chapeau à bords relevés. Sous les Valois, notamment la mode se transforme sous l’influence italienne. La bicoque s’élargit, se rigidifie et reçoit parfois plumes et ornements. Elle devient un chapeau de cour.

Cependant, le terme « bicoque » devient progressivement générique et désigne différents types de petits chapeaux. Au XVIIe siècle, le chapeau évolue encore. Les bords s’élargissent considérablement et sont parfois relevés sur trois côtés. C’est la naissance du tricorne, qui domine la mode européenne au XVIIIe siècle. La bicoque, en tant que forme spécifique disparaît progressivement comme terme distinct. Le tricorne devient le chapeau officiel. Les officiers et aristocrates en font un signe d’élégance.

Bliaut : Le bliaut apparaît au XIe siècle dans les milieux aristocratiques. C’est une robe longue et ajustée avec une taille très marquée, des manches longues, parfois très évasées, cousue dans des tissu précieux (soie, brocart).  Porté à la cour de princes comme Aliénor d’Aquitaine, il incarne l’élégance romane. Les sources sont surtout iconographiques (enluminures, sculptures). Les textes médiévaux restent imprécis. Dès les XIVe–XVe siècles, le terme « bliaut » disparaît progressivement. Il est remplacé par la cotte, la robe et le surcot. La silhouette féminine évolue vers des tailles plus hautes et des structures plus complexes. Le bliaut n’est plus porté, mais il influence les lignes ajustées médiévales.

Bliaut, invention vestimentaire
Boutons, invention vestimentaire

Boutons : Avant le XIIIe siècle, on ferme les vêtements avec des fibules (agrafes métalliques antiques), des broches, des épingles, des cordons, des lanières ou des lacets. Ces systèmes servent plus à maintenir qu’à ajuster réellement le vêtement au corps. Ils existent quand même des objets ressemblant à des boutons mais ils sont surtout utilisés comme décor pour les parures. La révolution du bouton fonctionnel apparait vers le XIIe – XIIIe siècle. On associe le bouton et la boutonnière. Ainsi, on peut ajuster les vêtements au corps, développer de nouvelles coupes. Le bouton devient un symbole de la civilisation « raffinée ». Les riches portent des boutons en or, en argent, en nacre, en ivoire et en pierres. Ils deviennent un signe de statut et de richesse, ce sont parfois de véritables bijoux. Sous les Bourbons, ils représentent un élément esthétique majeur, ils peuvent être décorés, peints, sculptés et sont souvent assortis à l’habit. 

Braguette ou brayette : Jusqu’au XIVe siècle, les hommes portent des tuniques longues et les jambes sont couvertes par des chausses séparées. Mais quand les vêtements raccourcissent, les chausses montent haut sur les jambes et un vide apparaît à l’entrejambe. Sous Louis XI, la braguette reste un accessoire vestimentaire plutôt discret, composé d’une pièce fonctionnelle en tissu, boutonnée ou lacée. Au XVe siècle, elle ferme les hauts de chausse portés par les hommes et elle se dévergonde. La braguette devient proéminente, elle prend la forme d’une coquille saillante que l’on rembourre. Il est même de bon ton d’y mettre des fruits que l’on offre ensuite courtoisement à ces dames. Sous Charles IX, les courtes jupes des pourpoints portés par ces messieurs, sont fendues de telle sorte que la braguette est bien en vue. Cette partie du corps systématiquement cachées est ainsi dévoilée, exaltée. La braguette symbolise la puissance, la fécondité, l’honneur viril. Chez les soldats, elle sert parfois de protection. On y glisse un rembourrage, voire une plaque. Cette mode est de courte durée car sous Henri III, elle est délaissée comme objet visible mais pas comme concept. La braguette se rétrécit, se fond dans le vêtement.

Braguette, invention vestimentaire
Braies, invention vestimentaire

Braies : Les braies, appelées « bache » par le peuple (ancien français) sont des caleçons. Elles ont servi surtout au Moyen-Age. C’est donc un vêtement fait dans un tissu simple réservé aux sous-vêtements du peuple.

Bretelles : Les prémices des bretelles apparaissent au XVIIIe siècle. Certains pantalons sont maintenus par des rubans ou des bandes cousues aux épaules. On est dans l’idée mais pas encore dans les bretelles telles qu’on les connaît aujourd’hui. Il faut attendre le XIXe siècle pour voir les premières bretelles modernes. 

Bretelle, invention vestimentaire

C

Cagoule, invention vestimentaire

Cagoule : La cagoule, appelée aussi coule, trouve son origine dans la cuculla romaine : un manteau ample à capuchon porté par les classes modestes.   Au IVe–VIe siècles, les premiers moines adoptent ce vêtement simple et fonctionnel. Dans le monde monastique, on parle de cucule (du latin cuculla). Chez les laïcs, on dit plutôt cape ou goule. À partir du VIe siècle, avec la règle de Benoît de Nursie, la coule devient le vêtement officiel des moines bénédictins. Elle est ample, longue avec des manches larges et souvent munie d’un capuchon. Elle se distingue d’autres vêtements liturgiques, la dalmatique (à l’origine sans manches ou à manches larges) et le colobe (tunique sans manches). La coule devient un marqueur identitaire fort des ordres religieux (bénédictins, cisterciens, etc.). Sous les Bourbons, notamment Louis XIV la coule reste le vêtement distinctif des moines. Sa forme évolue peu.

Capel ou chapel : Le capel n’est pas un modèle précis, mais un terme médiéval désignant une coiffe modeste et fonctionnelle. Dès le haut Moyen Âge, il protège du froid et des intempéries. Le capel (du latin capellus, diminutif de caput, « tête ») désigne une coiffe simple, généralement en laine, en feutre et parfois en cuir. Il est porté par toutes les couches sociales, mais surtout par les milieux populaires. Au Moyen Âge central, il prend des formes variées. Il peut être ajusté ou légèrement évasé. Il est parfois porté sous un casque ou sous un chaperon. Le terme reste générique : il désigne simplement un petit couvre-chef. Les sources iconographiques montrent une grande diversité de modèles. Sous les Valois puis les Bourbons, notamment Louis XIV le vocabulaire évolue. On parle davantage de bonnet, chapeau ou toque. Le mot capel devient rare dans l’usage courant. Cependant, l’idée demeure : une coiffe simple couvrant la tête.

Capel, invention vestimentaire
Chaperon, invention vestimentaire

Chaperon : Au départ, c’est un vêtement utilitaire (XIᵉ–XIIᵉ siècles). Le mot vient du latin cappa (cape) et du diminutif caperonem. C’est une petite cape courte avec capuche. Il est porté par les paysans, les artisans, les voyageurs et les clercs. Il sert à se protéger la tête et les épaules et à se prémunir contre la pluie. Il est simple, en laine, sans décor. Au XIIIᵉ siècle, le chaperon devient courant en ville. Il est porté par toutes les couches sociales. On distingue des chaperons courts (populaires) et des versions plus longues ou doublées pour les élites. Il reste un vêtement pratique. Sous les Valois, le chaperon change radicalement. On le porte non plus sur les épaules mais enroulé sur la tête. Il devient complexe, longue cornette (queue de tissu), bourrelet roulé et pans décoratifs. Il peut être coloré, orné et signe d’appartenance politique. Au XVIᵉ siècle, les modes italiennes influencent la cour. Le chaperon complexe disparaît. Il est remplacé par le béret, la toque et les coiffes Renaissance. Le mot subsiste parfois pour désigner une petite capuche.

Chausses : Ce sont les peuples dits « barbares » (Germains, Celtes) qui portent des vêtements ajustés pour les jambes. Ce sont des bandes enroulées, des pantalons courts, des pièces de laine cousues. Les Francs mérovingiens adoptent ce type de vêtement pratique, adapté au climat plus froid. Les chausses naissent de cette tradition nordique. Elles sont deux pièces distinctes, attachées à la ceinture et en laine. Elles montent jusqu’au genou ou à mi-cuisse. Elles sont portées par les hommes, par les guerriers et parfois sous l’armure. Sous les Capétiens, les chausses deviennent plus longues. Elles couvrent toute la jambe. Elles sont ajustées, souvent colorées et parfois de couleurs différentes (mode très appréciée). Elles sont fixées au vêtement supérieur (le pourpoint) par des lacets. On voit apparaître une vraie recherche esthétique. A partir du XIVᵉ–XVᵉ siècles, les chausses deviennent moulantes. La mode masculine évolue, les vêtements courts en haut, les jambes très visibles. Les chausses sont serrées, parfois en tissu extensible et parfois rembourrées. Vers le XVe siècle, les deux jambes sont parfois cousues ensemble. On se rapproche du pantalon. Les chevaliers portent des chausses de mailles, appelées « chausses d’armure ». Elles protègent les jambes sous les plates. Au XVIᵉ siècle, les chausses évoluent encore. On distingue le haut-de-chausses (qui couvrent les cuisses) et le bas-de-chausses (qui couvrent les jambes). Les formes deviennent bouffantes, décorées et sophistiquées. L’influence italienne transforme la silhouette. Sous les Bourbons, les hauts-de-chausses raccourcissent, les bas deviennent des bas en soie. Sous Louis XIV, c’est l’apparition des bas blancs, le développement du justaucorps et la naissance de la culotte. Les chausses médiévales disparaissent. Elles ont donné naissance à la chaussette et au pantalon moderne.

Chausses, invention vestimentaire
Clavain, invention vestimentaire

Clavain : Le clavain (ou clavaine, selon les graphies médiévales) est un vêtement ancien mentionné dans plusieurs textes à partir du XIIe siècle. Il désigne une sorte de pèlerine ou de manteau court, généralement porté par-dessus la tunique. C’est un vêtement court, porté sur les épaules et parfois muni d’un capuchon. Il est fréquemment associé aux voyageurs, aux pèlerins, aux paysans et parfois à certains membres du clergé. Avec le temps, le clavain disparaît en tant que terme spécifique, mais la forme de la pèlerine subsiste dans les manteaux à camail, dans certaines capes ecclésiastiques et dans les vêtements de pluie traditionnels.

Coiffe : La coiffe est un bonnet de toile, de laine ou de soie, juste à la tête, que les hommes nobles et les riches bourgeois portent sous le chaperon, et les gens d’armes sous le heaume. Les gens de métiers, les artisans, dès la fin du XIIe siècle et pendant le cours du XIIIe siècle, portent une coiffe de toile ou de laine, suivant la saison, qui enserre les cheveux, couvre les oreilles et s’attache sous le menton.

Coiffe, invention vestimentaire
Colobe, invention vestimentaire

Colobe : La colobe est un vêtement liturgique ancien, porté dans les premiers siècles du christianisme (IIIe – IVe siècle). La colobe est une tunique longue, généralement sans manches ou à manches très courtes. Elle se distingue de l’aube par sa coupe plus simple et parfois plus étroite. Elle est portée lors des offices religieux par les clercs. Son origine remonte à la tunique romaine, adaptée progressivement à l’usage liturgique. Avec l’évolution des vêtements ecclésiastiques, la colobe disparaît en tant que terme spécifique, à partir du IXe siècle, mais son principe vestimentaire subsiste dans les tuniques liturgiques ultérieures.

Corset : On commence à porter des corsets à la fin du XVe siècle. Dès le XVIe siècle, il se diffuse dans les cours d’Espagne, d’Italie et de France pour atteindre son apogée au XIXe siècle. Le XXe voit son déclin progressif. Le corset est un vêtement rigide porté sous la robe afin de modeler le buste. Il est renforcé par des baleines (en os de baleine, bois, métal puis acier) et se ferme par un laçage. Il sert à soutenir la poitrine, affiner la taille et maintenir une posture droite. Son rôle est à la fois esthétique et social, car il correspond aux normes de silhouette propres à chaque époque.

Corset, invention vestimentaire
Cotte, invention vestimentaire

Cotte : A partir du IXe siècle, la cotte fait son apparition mais c’est au XIe siècle qu’elle devient un vêtement courant pour les hommes et les femmes. La cotte est un vêtement long, porté directement sur la chemise. Elle peut être ajustée ou ample selon l’époque et le rang social. Chez les hommes, elle descend généralement jusqu’aux genoux ou aux chevilles ; chez les femmes, elle est longue et souvent portée sous une surcotte. Confectionnée en laine, en lin ou en tissu plus riche selon la condition sociale, la cotte constitue le vêtement de base du costume médiéval, aussi bien dans les milieux populaires que dans la noblesse. Elle sert à la fois de vêtement quotidien, de tenue de travail ou d’élément d’apparat lorsqu’elle est réalisée dans des étoffes de qualité. Dès le XIe siècle, la cotte militaire est attestée comme vêtement porté sous ou sur l’armure, notamment la cotte de mailles. Elle se développe pleinement à l’époque féodale. La cotte militaire est un vêtement long, généralement en tissu épais, porté par-dessus ou sous la protection métallique. Elle peut désigner la cotte de mailles, tunique composée d’anneaux de fer entrelacés ou une cotte d’armes, vêtement de tissu porté sur l’armure et souvent décoré d’armoiries. Elle protège partiellement le corps et permet d’identifier le combattant grâce aux couleurs et aux emblèmes héraldiques. À mesure que l’armement évolue vers des protections articulées en acier, la cotte perd sa fonction militaire principale.

Cravate : La cravate naît au XVIIe siècle. Vers 1630 – 1650, des mercenaires croates engagés dans l’armée française portent autour du cou un foulard de tissu noué. Les Parisiens remarquent cet accessoire exotique. On l’appelle la « cravate » qui est une déformation de Croate. Louis XIV, amateur de faste et de nouveautés, l’adopte et la cour suit. A la fin du XVIIe siècle, elle devient indispensable à l’habit masculin. Elle est en dentelle, en mousseline et parfois brodée. Elle marque le rang social et le raffinement. La cravate est volumineuse, théâtrale, presque un bijou. Au XVIIIe siècle, la cravate se simplifie. Le nœud devient central. Elle est blanche et symbolise le respect. A cette époque, sont écrits des manuels de nouage, une véritable science du port de la cravate. Pendant la Révolution, elle est rejetée mais elle revient très vite. Plus sobre et plus bourgeoise, elle ne représente plus la noblesse mais la civilité. Au XIXe siècle, la cravate longue faite dans des tissus plus sombres apparaît sous l’influence de l’Angleterre (les dandys). Elle est l’image de la masculinité disciplinée, l’accessoire du monde du travail, de la politique et de l’administration. Durant le XXe siècle, elle est quasi obligatoire, elle incarne l’autorité et le professionnalisme. A la fin du siècle, elle perd de son hégémonie.

Cravate, invention vestimentaire

D

Dalmatique, invention vestimentaire

Dalmatique : La dalmatique apparaît au IIe siècle dans l’Empire romain. Elle est originaire de Dalmatie, région des Balkans dont elle tire son nom. À l’origine, la dalmatique est un vêtement civil romain. C’est une tunique ample à manches larges, souvent décorée de bandes verticales appelées clavi. À partir du IVe siècle, elle est adoptée par l’Église. Elle devient le vêtement liturgique propre au diacre. Au Moyen Âge, elle prend une dimension symbolique forte. Richement ornée de broderies, parfois en soie ou en fils d’or, elle reflète la solennité de la cérémonie, la hiérarchie ecclésiastique, le prestige de l’Église. Dans les grandes cérémonies médiévales, la dalmatique participe à la mise en scène du sacré. Elle rappelle que le vêtement, au Moyen Âge, est un langage. Aujourd’hui encore, le diacre la porte lors des messes solennelles. Elle est devenue un héritage vivant de l’Antiquité chrétienne.

Doublet :  Le doublet apparaît à la fin du XVe siècle. Il évolue directement à partir du pourpoint médiéval. Le doublet est un vêtement masculin ajusté couvrant le torse. Il est porté par les nobles, par les bourgeois, par les officiers et parfois par les soldats. Il peut être rembourré, baleiné, décoré de broderies et ouvert sur le devant avec des boutons. Au XVIe siècle, il structure fortement la silhouette masculine. On y attache les hauts-de-chausses. Il peut présenter un ventre accentué, notamment dans la mode espagnole. Il est souvent porté sous un manteau ou une casaque. Au XVIIe siècle, la mode évolue vers des vêtements plus longs et plus fluides. Le justaucorps, plus ample et descendant jusqu’aux cuisses, s’impose sous le règne de Louis XIV.

Doublet, invention vestimentaire

E

Esclavine, invention vestimentaire

Esclavine : L’esclavine apparaît au XIIe siècle en Occident médiéval. Elle se diffuse largement aux XIIIe et XIVe siècles. L’esclavine est une courte cape couvrant les épaules, souvent munie d’un capuchon. Elle est portée par-dessus un vêtement principal. Au Moyen Âge, elle est utilisée par les pèlerins, les voyageurs, certains membres du clergé et parfois les gens du peuple. Elle protège du froid, de la pluie et du vent. Pratique et simple, elle est adaptée aux déplacements. Elle est particulièrement associée aux pèlerins, notamment ceux qui se rendent à Saint-Jacques-de-Compostelle. Dans les représentations médiévales, l’esclavine devient presque un signe d’identification du pèlerin. Avec l’évolution des modes vestimentaires à la Renaissance, les vêtements se structurent différemment. L’esclavine perd son rôle quotidien, mais elle survit dans certains costumes religieux ou symboliques.

Escoffle : L’escoffle apparaît au XIIIe siècle, dans le contexte de la chasse seigneuriale médiévale. Il s’agit d’un habit de peau que l’on endosse pour partir en forêt. Sa coupe rappelle celle de l’esclavine : ample, couvrante, avec de larges manches. En revanche, elle est généralement sans capuchon. Le chaperon d’étoffe se porte séparément, posé par-dessus. Deux grandes versions existent l’escoffle populaire, qui conserve le poil de la bête à l’extérieur et l’escoffle noble, confectionnée en étoffe et doublée de peau de loutre. La différence n’est pas qu’esthétique. Elle est sociale. La chasse au Moyen Âge est un privilège aristocratique. Porter une escoffle doublée de fourrure fine, c’est afficher son rang. À l’inverse, garder le poil apparent correspond à un usage plus utilitaire, plus rustique. Ce vêtement protège du froid, de l’humidité et des ronces. La forêt médiévale n’est pas un parc de promenade. Elle est dense, humide, parfois dangereuse. L’escoffle est donc à la fois un vêtement fonctionnel, un marqueur social, un élément du costume cynégétique seigneurial. Avec la Renaissance, les modes changent. Les habits deviennent plus ajustés, plus structurés. L’escoffle de peau disparaît progressivement, remplacée par des manteaux et pourpoints mieux adaptés aux nouvelles esthétiques.

escoffle, invention vestimentaire
Escoffle de coiffe, invention vestimentaire

Escoffle de coiffe : L’escoffle apparaît au XIIIe siècle. Elle se diffuse surtout aux XIVe et XVe siècles dans les milieux aristocratiques. L’escoffle est une coiffe féminine médiévale. Elle se présente souvent sous la forme d’un filet ou d’une résille qui maintient les cheveux, parfois enrichi de broderies ou de perles. Elle est portée principalement par les femmes de la noblesse ou de la bourgeoisie urbaine. Son rôle est double maintenir les cheveux soigneusement arrangés et afficher le rang social. Au Moyen Âge, les cheveux féminins sont un marqueur fort de respectabilité. Les femmes mariées doivent souvent les couvrir. L’escoffle permet de discipliner la chevelure tout en laissant apparaître une certaine élégance. Dans les enluminures du XIVe siècle, on la voit associée à des robes ajustées et à des voiles légers. Elle participe pleinement au langage vestimentaire médiéval, où chaque détail signale l’âge, l’état civil et la position sociale. Avec la Renaissance, les coiffes deviennent plus structurées et volumineuses. L’escoffle, plus discrète, tombe alors peu à peu en désuétude.

Éventail : L’éventail apparaît très tôt dans l’histoire humaine. On en trouve dans plusieurs civilisations antiques (en Égypte, sous forme de plumes, en Chine, en soie, en bambou, en feuilles). L’éventail pliant est inventé vers le IXe siècle au Japon. Il devient un accessoire social, esthétique et même militaire (certains chefs de guerre avaient des éventails de commandement). En Inde, en Grèce ou à l’époque romaine, les éventails étaient souvent utilisés par des serviteurs pour rafraîchir ou éloigner les insectes, ils pouvaient être des objets de luxe. Pendant longtemps, l’éventail reste rare en Europe. Il revient par les échanges avec l’Orient, les croisades et surtout par les marchands portugais et espagnols qui rapportent d’Asie des éventails pliants. A partir de la Renaissance, il devient un signe de raffinement, un objet de mode féminine. Son âge d’or se situe au XVIIe siècle. Il devient un objet de luxe. Sa monture peut être composé en bois, en ivoire, en nacre ou en os. Les feuilles en soie, en papier ou en peau sont décorées de façons somptueuses sur des thèmes mythologiques, pastoraux, galants ou encore politiques. Sa fabrication est très soignée, Paris devient un grand centre d’éventaillistes. Il devient un langage social, manier l’éventail est un art, certains gestes sont codifiés dans la société mondaine, il souligne la grâce, la pudeur et le flirt. La France, l’Italie et l’Espagne rivalisent de luxe. Au XIXe siècle, il reste un accessoire de mode incontournable. Il est utilisé dans les bals, les théâtres ou les salons. Il devient aussi un objet de collection. Son déclin survient au XXe siècle. Il perd son rôle social en Europe. Cependant, il survit en Espagne (avec le flamenco), en Asie comme accessoire de scène et de tradition. Dans les pays chauds, il reste un objet pratique et quotidien.

Éventail, invention vestimentaire

F

Fibule cloisonnée, invention vestimentaire

Fibule cloisonnée : La fibule est une agrafe servant à fixer un vêtement, c’est l’ancêtre de l’épingle de sûreté. Le cloisonné est une technique décorative, en soudant sur une plaque métallique de petites cloisons dont on remplit les compartiments par des émaux colorés, des pierres semi-précieuses ou du verre coloré. On découvre ces fibules cloisonnées dès l’empire romain mais elles atteignent leur apogée dès le Ve siècle dans les royaumes barbares (Wisigoths, Ostrogoths, Lombards, Anglo-Saxons et Francs mérovingiens). On fabrique alors de grandes fibules symétriques (en forme de disque, de losange, d’oiseau, de croissant). Elles symbolisent la richesse, le statut social élevé. Avec la christianisation (VIIe siècle), les grandes fibules spectaculaires déclinent et la technique cloisonnée se transfère vers les croix, les reliquaires, les plaques-boucles de ceinture et les objets liturgiques. Le cloisonné devient autant art religieux qu’ornement noble. A partir du IXe siècle, les fibules disparaissent progressivement en Europe occidentale. Le cloisonné perdure cependant dans l’orfèvrerie byzantine, l’art islamique puis les arts décoratifs. 

Fond-de-cuve : Le fond-de-cuve apparaît au XIVe siècle. Il se développe surtout à la fin du Moyen Âge, dans les milieux urbains et aristocratiques. Le fond-de-cuve est un vêtement ample, sorte de pardessus porté par-dessus les habits ordinaires. Son nom vient de sa forme très large et arrondie, rappelant le fond d’une cuve ou d’un tonneau. Il s’agit d’un vêtement volumineux, souvent long, destiné à envelopper le corps. Il est porté par des hommes des milieux aisés dans les villes et parfois lors d’occasions officielles. Sa fonction est double protéger du froid et afficher une certaine aisance sociale. Au Moyen Âge, le vêtement large consomme beaucoup de tissu, or le tissu coûte cher. Plus un vêtement est ample, plus il témoigne d’un certain statut. Le fond-de-cuve participe ainsi à cette mode de la fin du Moyen Âge où l’ampleur devient un signe de richesse, un peu comme les longues traînes ou les manches démesurées. Avec la Renaissance, les silhouettes se transforment. Les vêtements deviennent plus architecturés, avec pourpoints ajustés et lignes plus nettes. Le fond-de-cuve disparaît progressivement.

Fond de cuve, invention vestimentaire
Fraise, invention vestimentaire

Fraise : La fraise est un grand col plissé, rigide et souvent circulaire, porté autour du cou, généralement blanc. Elle apparaît vers le milieu du XVIe siècle en Europe occidentale. A l’origine, il ne s’agit que de collets plissés d’une chemise fine, souvent en lin et parfois en dentelle. Ces cols prennent peu à peu de l’ampleur jusqu’à devenir une pièce à part entière. Les premiers foyers sont l’Espagne, puis la Flandre et enfin la France et l’Angleterre. Son âge d’or est situé entre 1550 et 1620. Elle devient un signe de distinction sociale. Sous Henri III, elle atteint sa forme la plus spectaculaire. Elle témoigne du rang, du raffinement et de l’extravagance des élites. En Angleterre, c’est l’accessoire emblématique de l’époque élisabéthaine. Elle devient si grande qu’elle gêne la mobilité, le repas, la conversation.  On raconte même qu’il fallait apprendre à se tenir et à bouger « avec fraise » ! Vers les années 1620, la fraise disparaît progressivement. Elle est remplacée par des cols tombants puis des cravates au XVIIe siècle.

Freiseau, coiffe : Le freiseau, comme coiffe, apparaît au XVe siècle, à la fin du Moyen Âge. Il s’agit d’un élément de parure destiné à couvrir ou à maintenir les cheveux. À cette époque, la chevelure féminine est strictement encadrée par les usages sociaux. Une femme respectable ne sort pas tête nue. Le freiseau permet de maintenir les cheveux relevés ou contenus, d’afficher une certaine élégance et de marquer le statut social. Selon le milieu, il peut être confectionné en toile fine, en étoffe plus précieuse ou agrémenté de décorations. Comme beaucoup de coiffes médiévales, il n’est pas qu’un simple accessoire pratique. Il fait partie d’un véritable langage vestimentaire. Il indique l’âge, la condition et parfois l’état civil. Avec la Renaissance, les coiffes deviennent plus structurées et plus volumineuses. Le freiseau, plus discret, tombe alors en désuétude.

Freiseau, invention vestimentaire
Froc, invention vestimentaire

Froc : Le froc apparaît dès les premiers siècles du monachisme chrétien, autour du IVe siècle, notamment avec les moines d’Orient. En Occident, il se diffuse à partir du VIe siècle avec le développement des communautés monastiques, comme celles inspirées par la règle de saint Benoît. Le froc est un vêtement religieux porté par les moines. Il s’agit d’une robe ample, généralement en laine grossière, souvent de couleur sombre. Le mot vient du latin floccus, qui désigne une étoffe grossière. Le froc symbolise la pauvreté, l’humilité et le renoncement au monde. Au Moyen Âge, entrer au monastère signifie abandonner ses vêtements laïcs pour revêtir l’habit religieux. Ce geste marque une rupture symbolique forte. Selon les ordres, le froc varie, noir chez les bénédictins, brun chez les franciscains ou blanc chez les cisterciens. Il est parfois accompagné d’une capuche et d’une corde à la taille. Le froc n’est pas seulement un vêtement pratique adapté à la vie communautaire. Il est un signe visible d’appartenance spirituelle. Il rappelle que le moine a choisi une autre forme de richesse. Aujourd’hui encore, dans certains monastères, le froc demeure un habit quotidien.

G

Ganache : La ganache apparaît au XIIIe siècle dans l’Occident médiéval. La ganache est un vêtement ample, généralement doublé ou bordé de fourrure. Elle est portée par-dessus les habits ordinaires, surtout en hiver. Son rôle principal est de protéger du froid. Elle est utilisée principalement par les milieux aisés, les notables urbains ou la petite et moyenne noblesse. La fourrure constitue un marqueur social fort au Moyen Âge. Certaines fourrures sont réglementées par des lois somptuaires. Porter une ganache doublée d’hermine ou de vair n’est pas un simple choix pratique. C’est un signe de rang. La ganache associe donc utilité et prestige. Elle protège du climat tout en affirmant le statut de celui qui la porte. Avec la fin du Moyen Âge, la silhouette change. Les vêtements deviennent plus ajustés, plus découpés. La ganache, plus ample et traditionnelle, disparaît progressivement.

Ganache, invention vestimentaire
Garde corps, invention vestimentaire

Garde-corps, vêtement : Le garde-corps, comme vêtement de dessus porté par les hommes et les femmes, apparaît au XIVe siècle. Il se développe surtout au XVe siècle, à la fin du Moyen Âge. Le garde-corps est un vêtement ample porté par-dessus les habits ordinaires. Il peut être long, parfois doublé, et adapté aux saisons plus froides. Son rôle est double, protéger du froid et des intempéries et compléter l’apparence sociale. À la fin du Moyen Âge, les vêtements de dessus prennent de l’ampleur. La quantité de tissu utilisée est un signe de richesse. Un garde-corps large et bien doublé indique un certain statut. Il peut être confectionné en laine, en drap de qualité, parfois doublé de fourrure dans les milieux aisés. Dans une société où le vêtement est un langage social, le garde-corps signale la position sociale, le respect des codes vestimentaires et l’adaptation aux saisons. Avec la Renaissance, les silhouettes changent. Les vêtements deviennent plus ajustés au buste et aux épaules. Le garde-corps, plus ample et médiéval dans sa coupe, disparaît peu à peu.

Garnement : Le terme garnement apparaît au XIVe siècle dans le vocabulaire domestique médiéval. Au Moyen Âge, le mot garnement ne désigne pas un enfant turbulent. Il signifie simplement ce qui garnit, c’est-à-dire ce qui habille ou complète un objet ou un espace.

Dans le vêtement, le garnement correspond à des pièces ajoutées pour compléter un habit, doublures, bordures, ajouts décoratifs ou fonctionnels. Dans l’ameublement, le garnement désigne les éléments textiles qui habillent une pièce ou un meuble, tentures murales, rideaux, courtines de lit, tapisseries (d’où le mot garni, utilisé aujourd’hui). Dans les demeures seigneuriales, ces garnements sont essentiels. Ils isolent du froid, améliorent le confort et affichent la richesse. Une salle nue est rare dans les milieux aisés. Elle est garnie de tissus. Le mot renvoie donc à l’idée de compléter, d’habiller, de rendre plus confortable ou plus prestigieux. Avec la Renaissance, le vocabulaire change. Le terme garnement disparaît peu à peu au profit d’autres mots plus spécialisés.

Avec le temps, son sens s’est déplacé vers les personnes, d’abord pour parler de quelqu’un de mal équipé ou pauvre, puis d’un individu peu recommandable. Progressivement, le mot s’est adouci et a fini par désigner un enfant turbulent. Aujourd’hui, il a une connotation plutôt légère, voire affectueuse, pour parler d’un enfant espiègle.

Gilet : Le gilet apparaît en Europe occidentale dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Vers 1660 – 1670, la mode européenne adopte une pièce d’habit inspirée de tenues orientales vues à la cour et dans les ambassades ottomanes. Le roi Louis XIV impose une nouvelle tenue à la cour comprenant, l’habit, la veste (futur gilet) et la culotte. Le gilet est alors long, richement brodé et parfois à manches. Au XVIIIe siècle, le gilet devient un élément central de la silhouette masculine. Il se raccourcit progressivement, il est en soie, velours, satin et richement décoré. Les hommes en portent parfois plusieurs superposés. A la Révolution française, le gilet perd en extravagance mais reste indispensable.

Gilet, invention vestimentaire
Gonelle, invention vestimentaire

Gonelle : La gonelle apparaît au haut Moyen Âge, dès le VIe siècle. Elle est largement portée durant toute la période carolingienne et reste courante jusqu’au XIIe siècle. La gonelle est un vêtement long, porté aussi bien par les hommes que par les femmes au haut Moyen Âge. Il s’agit d’une tunique ample, généralement en laine, parfois ceinturée à la taille. Elle est utilisée comme vêtement principal dans toutes les couches sociales au quotidien. Chez les plus modestes, elle est simple et fonctionnelle. Chez les élites, elle peut être confectionnée dans des étoffes plus fines, parfois décorée. La gonelle correspond à une société où le vêtement est encore peu structuré. Les coupes sont droites, amples, adaptées au travail comme aux déplacements. À partir du XIIe siècle, la mode évolue. Les vêtements s’ajustent davantage au corps. Elle décline à partir du XIIIe siècle, lorsque les vêtements deviennent plus ajustés et que de nouvelles coupes apparaissent. Le terme disparaît progressivement des usages aux XIVe et XVe siècles.

Gorgière, vêtement féminin : La gorgière féminine apparaît à la fin du XVe siècle. Elle se développe surtout au XVIe siècle, à la Renaissance. Chez les femmes, la gorgière n’est pas une pièce d’armure, mais un élément vestimentaire destiné à couvrir le cou et le haut de la poitrine. Elle prend la forme d’un col montant, d’un plastron de toile fine et parfois d’une pièce de tissu amovible fixée sous la robe. Elle répond à plusieurs fonctions, protéger la gorge du froid, assurer la décence selon les normes sociales et de compléter l’élégance de la tenue. À la Renaissance, la silhouette féminine évolue. Les robes s’ouvrent davantage sur le buste. La gorgière permet de moduler l’ouverture du décolleté. Elle peut être simple chez les femmes modestes ou richement brodée dans les milieux aristocratiques. Dans les portraits                du XVIe siècle, elle apparaît souvent blanche et soigneusement plissée. Elle met en valeur le visage en encadrant le cou. Avec l’évolution des modes au XVIIe siècle, les cols et les fraises prennent d’autres formes. La gorgière féminine disparaît progressivement comme pièce distincte.

Gorgière, invention vestimentaire
Guimpe, invention vestimentaire

Guimpe : La guimpe apparaît en Europe occidentale au XIIe siècle. La guimpe est une pièce de tissu blanc portée par les femmes. Elle couvre le cou, la gorge, parfois le menton, et encadre le visage. Elle se porte sous un voile ou une coiffe. On la porte pour des raisons de pudeur. Au Moyen Âge, montrer son cou ou ses cheveux peut être considéré comme indécent pour une femme mariée. La guimpe devient donc un symbole de respectabilité, de statut marital et de modestie chrétienne. Les femmes nobles la portent souvent, tout comme les bourgeoises aisées. Les religieuses en font un élément essentiel de leur habit. Au XIVe et XVe siècle, la mode évolue. Les décolletés apparaissent dans les milieux aristocratiques. La guimpe disparaît progressivement des cours princières, mais demeure dans les couvents.

H

Houppelande : La houppelande apparaît à la fin du XIVe siècle, vers 1370-1380. La houppelande est un vêtement long et ample. Elle se caractérise par de larges manches pendantes, un tissu abondant, une ceinture portée haut sous la poitrine et parfois un col montant ou fourré. Elle est portée aussi bien par les hommes que par les femmes. Son nom vient probablement du mot germanique houppe, qui évoque quelque chose de gonflé, volumineux. Le terme renvoie à l’ampleur du vêtement. Les élites urbaines et princières l’adoptent rapidement. À la cour des Valois, elle est omniprésente. Au XVe siècle, certaines houppelandes sont bordées de fourrure, parfois très coûteuse. Son usage décline au début du XVIe siècle, avec l’évolution vers la mode Renaissance plus ajustée.

Houppelande, invention vestimentaire
Houseaux, invention vestimentaire

Houseaux : Les houseaux apparaissent au XIIe siècle. Les houseaux sont des chaussures souples, généralement en cuir. Ils couvrent le pied et parfois la cheville. Ils se portent par-dessus les chausses (bas en tissu ajusté). On les trouve aussi bien chez les paysans, les artisans, les bourgeois, les chevaliers. Ils sont simples, pratiques et adaptés à la marche. Au XIIIe et XIVe siècle, certaines formes deviennent plus élégantes. Les pointes s’allongent, surtout dans les milieux aristocratiques. On voit apparaître les fameuses chaussures à longue pointe, signe de distinction sociale. Au XVe siècle, les formes deviennent plus larges et plus structurées.

I, J

Jeans : Le jeans, tel qu’on le connaît aujourd’hui est réellement apparu en Amérique par l’association en 1853 de Levi Strauss (1829 – 1902), qui vendait des toiles de tente et de Jacob Davis (1831 – 1908), qui fabriquait des pantalons très solides avec ces tissus. Cependant, le jeans aurait deux origines. La première, au XVIe siècle, des Génois produisent un tissu robuste utilisé pour les vêtements des marins, appelé « jean » par les Anglais, déformation de Gênes. La seconde serait à l’utilisation d’un autre tissu résistant, la « serge de Nîmes ». Bien que les historiens débattent sur ce sujet, ces deux traditions textiles ont influencé la naissance du jeans moderne.

Justaucorps : Le justaucorps apparaît au milieu du XVIIe siècle, vers 1660. Il se développe sous le règne de Louis XIV. Le justaucorps est un vêtement masculin long, ajusté au torse et descendant jusqu’aux genoux. Il est porté par-dessus le gilet et la chemise. Il se caractérise par des manches longues, une rangée de boutons sur le devant, des basques évasées et parfois des broderies riches. À la cour de    Louis XIV, il devient un symbole d’élégance et de pouvoir. Les courtisans portent des justaucorps somptueux, soie, velours, broderies d’or et couleurs éclatantes. Au XVIIIe siècle, il évolue vers l’habit à la française. Après 1789, la silhouette masculine change radicalement. On adopte des vêtements plus sobres, ancêtres du costume moderne.

Justaucorps, invention vestimentaire

K, L, M

Mantel, invention vestimentaire

Mantel : Le mantel apparaît dès le Ve–VIe siècle en Europe occidentale. Le mantel est un manteau ample, généralement sans manches. Il se porte par-dessus les vêtements. Il est souvent fixé à l’épaule ou fermé par une fibule, puis plus tard par une attache ou un cordon. Sa fonction est d’abord pratique, protéger du froid, se protéger de la pluie et couvrir les vêtements. Mais il a aussi une forte valeur symbolique. Chez les élites, le mantel devient un signe de prestige. Il peut être doublé de fourrure, réalisé en laine fine ou en soie et richement brodé. Les rois et les princes portent des mantels cérémoniels lors des sacres et grandes occasions. Dans l’iconographie médiévale, le manteau est souvent un marqueur de statut social. Un paysan porte un mantel simple en laine épaisse. Un roi porte un mantel long, parfois traînant, aux couleurs éclatantes. Il évolue progressivement à partir du XVe–XVIe siècle vers d’autres formes de manteaux et de capes à la Renaissance et commence à prendre sa dénomination de manteau.

Mouches : On en trouve déjà quelques traces au XVIe siècle lorsque les dames utilisent de petites pièces de velours noir pour cacher des imperfections (boutons, cicatrices de variole, marques de peau). Très vide, l’idée dépasse la fonction pratique et devient un ornement esthétique volontaire. C’est sous le règne de Louis XIV que la mouche devient un véritable phénomène de mode. Elles deviennent un langage secret. Les mouches sont placées selon un code de séduction semi-ludique, semi-imaginaire (près de la bouche, la coquette ; près de l’œil, la passionnée ; sur la joue, la galante ; près du front, la majestueuse ; sur la trempe, la fière…). Accessoire favori des nobles et des bourgeois aisés, elle est aussi bien portée par les femmes que par certains hommes élégants. Avec l’Ancien Régime et l’évolution des idées, la mode s’essouffle. Au XIXe siècle, la mouche disparaît presque totalement, jugée trop liée au monde aristocratique.

Mouches, invention vestimentaire

N, O, P

Perruque, invention vestimentaire

Perruque : Durant l’Égypte ancienne, les perruques sont très répandues. Les Égyptiens se rasent souvent la tête pour des raisons d’hygiène et de confort sous la chaleur puis portent des perruques en cheveux naturels, laine ou fibres végétales. Elles marquent aussi le statut social et servent parfois lors des rituels. A la Grèce et la Rome antique, on utilise également des perruques, souvent pour cacher la calvitie et embellir l’apparence. Certaines femmes romaines en portent des blondes importées d’Europe du Nord. Durant le Moyen-Age, la perruque disparait de la mode, on privilégie les capuchons, les voiles et les couvre-chefs religieux. C’est au XVIIe siècle que la perruque connaît sa plus grande gloire en Europe. Sous Louis XIII (1601 – 1643), la calvitie royale pousse à porter d’abord des postiches. Sous Louis XIV (1638 – 1715), la perruque devient une mode dominante. D’énormes perruques bouclées et imposantes apparaissent à la cour. Porter une perruque devient un signe de prestige, richesse et pouvoir. En Angleterre, à la même époque, les juges et avocats adoptent la perruque, une tradition encore partiellement vivante aujourd’hui. Au XVIIIe siècle, la perruque se diversifie, styles poudrés, queues, perruques blanches. Elle symbolise l’aristocratie et la haute bourgeoisie. A la fin du siècle, la Révolution française contribue à son déclin, elle est perçue comme un symbole de l’Ancien Régime. Au XIXe siècle, la perruque sort de la mode quotidienne, elle reste utilisée au théâtre, à l’opéra ou pour raison médicale.

Poulaine : Les poulaines apparaissent à la fin du XIIe siècle, mais elles connaissent surtout leur grand essor au XIVe siècle, autour de 1350. Les poulaines sont des chaussures à bout très long et effilé. Leur pointe peut être légèrement allongée… ou spectaculaire, atteignant parfois plusieurs dizaines de centimètres. Elles sont portées par les hommes comme par les femmes, surtout dans les milieux aristocratiques et urbains aisés. La longueur de la pointe devient un marqueur social, plus elle est longue, plus elle signale un rang élevé. Certaines sont même renforcées avec du crin ou maintenues par une chaînette. Les autorités tentent parfois d’en limiter l’excès par des lois somptuaires. Trop longues, elles gênent la marche et deviennent peu pratiques. Mais la mode l’emporte souvent sur le confort. Les poulaines traduisent une société où l’apparence compte. Elles montrent que l’on n’a pas besoin de travailler aux champs. Impossible de labourer avec des pointes de 40 centimètres. Leur usage décline à la fin du XVe siècle, vers 1480–1500. Elles disparaissent progressivement au début    du XVIe siècle, remplacées par des chaussures plus larges et arrondies. Les chaussures deviennent plus larges et plus plates, comme les souliers dits « à pied d’ours ». Les poulaines entrent alors dans l’histoire comme l’un des symboles vestimentaires les plus marquants de la fin du Moyen Âge.

Poulaine, invention vestimentaire

Q, R, S

Soie : La soie naît en Chine, il y a plus de quatre mille ans. La sériciculture (élevage du ver à soie) est attestée dès le IIIe millénaire avant Jésus-Christ. La Chine garde jalousement le secret de fabrication pendant près de deux millénaires. Révéler ce secret est puni de mort. Elle est réservée à l’empereur, la cour et les élites. A partir du IIe siècle avant Jésus-Christ, se met en place la célèbre Route de la soie, un vaste réseau de routes commerciales reliant la Chine à l’Asie centrale, l’Inde, le Moyen-Orient et l’Empire romain. Le secret finit par se répandre. Au VIe siècle, des moines byzantins rapportent des œufs de vers à soie à Constantinople. La sériciculture se diffuse dans l’Empire byzantin puis dans le monde arabe. De là, elle est introduite en Andalousie, en Sicile puis en Europe. L’Italie (Venise, Florence, Lucques) devient un grand centre de production. En France, la soie se développe surtout à Lyon, qui devient, dès le XVIe siècle, la capitale européenne de la soie. Au XIXe siècle, avec l’invention des métiers à tisser mécaniques, la production devient plus importante. Au XXe siècle, l’apparition des fibres synthétiques (nylon, polyester) concurrence la soie naturelle. Aujourd’hui, elle reste un textile de luxe mais elle incarne toujours l’élégance.

T, U, V

Vertugadin, invention vestimentaire

Vertugadin : Le vertugadin apparaît en Espagne à la fin du XVe siècle, vers 1470–1480. Il se diffuse en France au début du XVIe siècle. Le vertugadin est une structure portée sous la robe pour en élargir la forme. Il est constitué d’un jupon renforcé, de cerceaux en bois, en osier ou en métal cousus horizontalement pour donner du volume. Son nom viendrait de l’espagnol verdugado, lié aux tiges rigides (verdugos) insérées dans le tissu. Il transforme la silhouette féminine, taille marquée, hanches élargies et jupe en forme de cône ou de cloche. À la cour des Valois, notamment sous Catherine de Médicis, le vertugadin devient un élément essentiel de la mode aristocratique. Il ne sert pas seulement à embellir. Il marque aussi le rang social, la richesse et l’appartenance à la cour. Impossible de passer inaperçue avec un vertugadin. Il impose une posture, une manière de se tenir, presque une mise en scène du corps. Au XVIIe siècle, les formes évoluent. La silhouette change. Le vertugadin disparaît progressivement, remplacé par d’autres artifices vestimentaires.

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Le grand bêtisier de l'histoire de France, d'Alain Dag'Naud

Guillaume est sacré roi d’Angleterre le jour de Noël 25 décembre 1066. Comme il craint des réactions hostiles de la population, il a posté des gardes tout autour de l’abbaye de Westminster où a lieu la cérémonie. Sont rassemblés dans la nef des seigneurs anglais et les combattants normands. Arrive le moment rituel de l’acclamation. Ealdred, archevêque d’York, s’adresse aux Anglais et Geoffroy, évêque de Coutances, aux Normands, pour leur demander s’ils acceptent que Guillaume devienne leur roi. Ils donnent bruyamment leur accord dans un tel mélange de langues que les soldats à l’extérieur croient à un attentat. Les uns se précipitent dans l’abbaye, les autres dans les maisons proches à la recherche d’éventuels rebelles. Dans la confusion, ils mettent le feu et l’incendie se propage au quartier. Ealdred et Geoffroy ont le plus grand mal à terminer la consécration royale. Sacristi !