L'histoire des français sous la royauté

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De l’époque des Mérovingiens aux fastes des Bourbons, la guerre n’a jamais été qu’une affaire d’épées et de canons : c’est aussi un formidable moteur d’inventions. À chaque conflit, il faut protéger, attaquer, résister… et donc imaginer mieux que le voisin. On améliore les armes, on renforce les défenses, on repense les stratégies. Bref, la guerre agit comme un laboratoire sous pression. Et souvent, ce qui naît sur le champ de bataille finit par transformer la vie quotidienne. Derrière le fracas des combats se cache une incroyable accélération du progrès.

A

Aiguillettes : C’est au XIIIe – XIVe siècle que les sources parlent plus clairement des aiguillettes. Ce sont des ferrets ou des pointes de métal qui terminent une courroie. Elles permettent de passer celle-ci à travers des mailles ou des œillets et d’attacher le camail. Elles servent aussi bien dans le civil que dans l’armée.

Aiguillette, guerre
Arbalète, guerre

Arbalète : C’est une arme de jet composée d’un arc horizontal fixé sur un fût, un mécanisme de détente permet d’envoyer un projectile court appelé carreau ou vireton. Déjà connue en Chine au Ve – IIIe siècle avant Jésus-Christ, elle fait une brève apparition sous les Grecs et les Romains. Elle s’impose au XIe siècle en Europe. Elle devient une arme redoutable.  Au XIVe siècle, l’arbalète à arc en acier fait son apparition, elle est associée à plusieurs sortes de crics, ce qui augmente sa puissance et en fait la première arbalète mécanique à main. A partir du XVe siècle, elle disparait au profit des arquebuses puis des mousquets.

Arc : Après la chute de l’Empire romain, les élites franques héritent de traditions germaniques et romaines. Ces arcs sont faits de bois (if, orme, frêne), de taille moyenne à grande. Contrairement aux peuples des steppes, les Francs ne sont pas une civilisation d’archers montés. Cependant, ce n’est pas leur arme principale. Sous Charlemagne, l’armée s’organise davantage. L’arc est toujours en bois et reste l’utilisation de l’infanterie. Sous les Capétiens, peu d’évolution. On peut cependant apprécier sur la Tapisserie de Bayeux des archers normands (XIe siècle). Les Français utilisent encore l’arc simple. Ils développent surtout l’arbalète. Sous Louis XII, l’arc décline, l’arquebuse progresse, l’artillerie se développe. L’arc devient marginal dans les armées royales pour finalement disparaître de la guerre avec l’arrivée des armes à feu.

Arc, guerre
Armet, guerre

Armet : L’armet apparaît au début du XVe siècle. Il succède progressivement au bassinet (ou bacinet), très utilisé au XIVe siècle. C’est un casque enveloppant, articulé et conçu pour la guerre en armure complète. Il est particulièrement associé à l’Italie du Nord, puis se diffuse en France, en Bourgogne et en Angleterre. Le bassinet à visière présentait encore des zones vulnérables au niveau du cou et des joues. L’armet corrige ces faiblesses.

Armoiries : Au Moyen-Age, les chevaliers sont entièrement couverts d’armures. Sur un champ de bataille, impossible de reconnaître qui est qui. Ils commencent donc à peindre des signes distinctifs sur leurs boucliers, couleurs, formes, animaux. Ces signes deviennent les armoiries. Elles ne sont pas encore héréditaires et un chevalier choisit librement son emblème. Cependant, très vite, ces symboles passent du bouclier à la bannière, puis au sceau et aux vêtements. Vers 1130, les armoiries apparaissent chez les grands seigneurs. Vers 1150, elles deviennent héréditaires, surtout en France, en Angleterre et dans l’Empire germanique. Les mêmes armes apparaissent sur le sceau du père puis du fils. A la fin du XIIe siècle, le principe est bien installé. Les armes représentent la lignée, et non plus l’individu. A partir de 1180, les premières armoiries urbaines apparaissent quand les villes obtiennent des chartes communales, une autonomie juridique et le droit de sceau. A partir du XIIIe siècle, c’est au tour des métiers urbains avec les corporations comme les bouchers (animaux), les forgerons (outils) ou encore les drapiers (ciseaux, navettes). C’est une identité collective mais pas héréditaire. Les grandes universités adoptent également à partir du XIIIe siècle les armoiries, elles utilisent des armoiries sur des sceaux, des diplômes ou des bâtiments. Vers le XIVe siècle, les familles bourgeoises (marchands riches, officiers royaux, notaires, juristes) s’en munissent aussi. Elles deviennent un marqueur de réussite sociale et non pas uniquement de noblesse. Les armoiries ne sont pas décoratives par hasard, elles obéissent à des règles très strictes, par exemple, l’or signifie la richesse, la noblesse ; le rouge, le courage ; le lion, la bravoure ; la fleur de lys, la royauté française… Aujourd’hui, elles survivent surtout comme un patrimoine historique, un symbole régional ou national ou encore un élément de généalogie.

Armure de plaques : Cette armure offre une protection exceptionnelle et exige un haut niveau de maîtrise en métallurgie. Elle reste inégalée jusqu’à l’ère industrielle. Les armures complètes, entièrement constituées de plaques métalliques, apparaissent à la fin du XIVe siècle.

Armure de plaques, guerre
Arquebuse, guerre

Arquebuse : Entre 1460 et 1660, l’arquebuse s’impose comme une arme à feu à fût de bois, ancêtre des carabines et des fusils. Elle fonctionne d’abord grâce à une mèche actionnée par un serpentin qui enflamme la poudre. Au début du XVIe siècle, la platine à rouet permet un tir sans mèche, mais son coût et sa fragilité limitent son usage à la chasse et aux pistolets. Dans l’armée, l’arquebuse reste majoritairement à mèche. Son projectile atteint environ 300 mètres par seconde et traverse une planche de 6 cm à 50 mètres. Il existe aussi des modèles à crosse très courbée, appelés « pétrinals » ou « poitrinals », qui prennent appui sur la poitrine du tireur. Au XVIIe siècle, le mousquet remplace progressivement l’arquebuse. Dans les armées, les arquebusiers deviennent les mousquetaires.

B

Baïonnette : La baïonnette apparaît au milieu du XVIIe siècle, et son nom vient probablement de la ville de Bayonne. Selon la tradition, des chasseurs ou miliciens bayonnais auraient eu l’idée d’emboîter un couteau dans le canon d’un mousquet quand ils n’avaient plus de poudre. Le fusil devient alors une lance improvisée. A la fin du XVIIe siècle, la lame se fixe autour du canon ce qui permet de tirer et charger en même temps. Le piquier devient inutile. Sous Louis XIV, la baïonnette est adoptée par l’armée française, l’infanterie devient une force polyvalente. La France joue un rôle majeur dans la diffusion de la baïonnette qui se standardise. Au XXe siècle, la baïonnette est présente durant la première guerre mondiale mais peu efficace dans les tranchées. Elle se raccourcit et devient un couteau polyvalent.

Baïonnette, guerre

Baliste : La baliste est une machine de guerre à torsion inventée dans la Grèce antique puis perfectionnée par les Romains, qui l’utilisent pour lancer des traits ou des pierres avec précision lors des sièges et des batailles. Après la Chute de l’Empire romain d’Occident, son usage décline fortement en Occident et elle devient rare à l’époque des Mérovingiens. À partir du XIe siècle, dans le contexte du renouveau des techniques de siège et des contacts avec l’Orient lors des croisades, des engins inspirés de la baliste réapparaissent en Occident. Cependant, la baliste au sens strict est progressivement supplantée par d’autres machines plus efficaces, comme le mangonneau et surtout le trébuchet, qui offrent une puissance de frappe supérieure pour détruire les murailles. La baliste conserve néanmoins un rôle spécifique grâce à sa précision, étant utilisée pour tirer des traits contre des cibles humaines ou pour défendre les remparts. À la fin du Moyen Âge, avec l’introduction et le développement des armes à feu, la baliste devient progressivement obsolète. Les canons et les arquebuses, fondés sur l’usage de la poudre, offrent une puissance et une efficacité bien supérieures, tant pour le siège que pour le combat.

Baliste, invention de guerre.
Bannière, guerre

Bannière : C’est un morceau d’étoffe de forme rectangulaire attaché par un de ses côtés à l’extrémité d’une hampe. Sous la dynastie mérovingienne, les rois utilisent surtout des enseignes militaires, des symboles dynastiques et des couleurs associées au pouvoir. Dans la tombe de Childéric 1er, on retrouve des abeilles en or. Avec Charlemagne, le royaume franc devient empire. L’Oriflamme est la bannière rouge conservée à l’abbaye de Saint-Denis. Elle est portée en temps de guerre. Sous les premiers Capétiens, notamment Louis VII, apparaît progressivement le symbole qui va marquer l’histoire de France, la fleur de lys sur fond bleu. Au XIIIe siècle, le royaume adopte la bannière d’azur semé de fleurs de lys d’or. On parle alors des armes de France. Sous Charles V (1364–1380), on passe de l’emblème semé de lys à trois fleurs de lys. L’interprétation est religieuse (référence à la Trinité). Ce modèle devient la norme. Sous Louis XIV, le blanc devient couleur royale, le drapeau blanc fleurdelisé domine et les armes associent France et Navarre. À partir du XVIIe siècle, le drapeau blanc avec fleurs de lys dorées est le symbole de la monarchie absolue. Ce drapeau restera celui du royaume jusqu’en 1792.

Bassinet ou bacinet : C’est un casque du XIe siècle, de forme arrondie. Il peut avoir une visière. Il reste plus léger que le heaume.

Bassinet, guerre
Baudrier, guerre

Baudrier : Au départ le baudrier n’est qu’une simple bandoulière servant à porter une arme. Mais entre le VIe et le XVIIIe siècle, il évolue profondément. D’accessoire militaire pratique chez les Mérovingiens, il devient progressivement un marqueur social et symbolique du pouvoir aristocratique sous les Bourbons.

Bavière : C’est une pièce d’armure qui apparaît vers le milieu du XIVe siècle lorsque les plates commencent à être adoptées dans l’adoubement de l’homme d’armes, presque en même temps que le bacinet.

Bavière, guerre

Bélier : Le bélier est l’un des plus anciens engins de siège, apparu dans les civilisations du Proche-Orient ancien puis largement utilisé par les Grecs et les Romains pour enfoncer les portes et fragiliser les murailles. Constitué d’une lourde poutre, souvent suspendue et protégée par une structure mobile, il permettait de concentrer des chocs répétés contre un point précis des fortifications. Après la Chute de l’Empire romain d’Occident, son usage se maintient durant le haut Moyen Âge, notamment à l’époque des Mérovingiens, en raison de sa simplicité et de son efficacité. Il reste un élément essentiel des sièges tout au long du Moyen Âge, souvent employé en complément d’autres machines. Avec le développement de l’artillerie à poudre à la fin du Moyen Âge, le bélier devient progressivement obsolète, les canons permettant de détruire les fortifications à distance. Il disparaît ainsi des pratiques militaires avant l’époque des Bourbons, marquant la fin d’un engin utilisé pendant plusieurs millénaires.

Bélier, invention de guerre
Bombarde, guerre

Bombarde : La bombarde vient des Arabes ou des Mongols, elles sont mentionnées pour la première fois en Europe lors du siège de Metz en 1324. En 1350, Pétrarque écrit : « Ces instruments qui tirent des boulets de métal avec un terrible vacarme et des éclairs de feu … étaient, il y a quelques années, fort rares et regardés avec stupéfaction et admiration ; mais à présent ils sont devenus aussi courants et familiers que toute autre sorte d’armes ».

Bourguignotte : La bourguignotte apparaît à la fin du XVe siècle. Son nom vient probablement de la Bourgogne, grande puissance militaire sous les ducs Valois. C’est un casque ouvert avec une crête saillante au sommet, des protège-joues articulés et parfois une visière courte. Elle répond à un besoin nouveau, se protéger tout en conservant la visibilité, essentielle face aux armes à feu naissantes. Sous les guerres d’Italie et le règne de François Ier (1494 – 1547), la bourguignotte devient un casque courant pour l’infanterie et la cavalerie. Elle se diffuse dans toute l’Europe. Elle peut être richement décorée (dorure, gravure). Elle remplace progressivement les bassinets et la salade (sallet) du XVe siècle. Au XVIIe siècle, elle équipe encore certaines troupes (piquiers, mousquetaires au début du siècle). Elle évolue vers des formes plus simples. Elle disparaît progressivement au profit du chapeau militaire. À la fin du XVIIe siècle, la généralisation des armes à feu rend le casque lourd moins adapté.

Bourguignotte, guerre

Bracelet : On donne ce nom à la garde du gantelet, et aussi à une pièce d’armure qui, vers le milieu, du XIVe siècle, garantit le poignet et est fixée sous le gantelet. Ces bracelets sont faits, le plus souvent de peau avec plaques d’acier ou bossettes rivées et se bouclent sous le poignet.

Braconnière, guerre

Braconnière, faudes, flancars : C’est une petite pièce de grande importance dans l’armure médiévale. Dès le XIVe siècle, la braconnière apparaît avec le développement de l’armure de plates. Cette pièce métallique est fixée sous la pansière (plastron). Elle protège le bas-ventre et les hanches. Elle sert de support aux tassettes (plaques protégeant le haut des cuisses). Son apparition correspond à la généralisation des armures articulées pendant la guerre de Cent Ans. Au XVe siècle, les braconnières sont composées de lames articulées superposées. Elles permettent une bonne mobilité à cheval. Elles assurent une continuité entre le torse et les cuisses. La braconnière devient un élément standard de l’armure complète. Sous les Valois, elles s’élargissent, deviennent plus décoratives et s’intègrent à des armures d’apparat. Cependant, l’efficacité militaire des armures décline face aux armes à feu. Sous les premiers Bourbons, l’armure complète disparaît progressivement du champ de bataille. Elle subsiste dans la cavalerie lourde et les cérémonies. Les braconnières deviennent rares hors des armures d’apparat. À la fin du XVIIe siècle, cette pièce appartient surtout au passé.

Branc : Avec la guerre de Cent Ans et l’essor des armures de plates, les épées s’allongent (type “longue épée”). Les techniques évoluent vers l’estoc. Certains centres deviennent réputés comme Vienne (Autriche) ou Pavie (Italie). On parle alors de brans viennois ou pavinois, c’est-à-dire des épées issues de ces fabriques reconnues pour la qualité de leur acier.

Ces appellations sont surtout commerciales et qualitatives.

Branc, guerre
Brassard, des Mérovingiens aux Bourbons

Brassard : Ce fut pendant la seconde moitié du XIIIe siècle que l’on ajouta sur les manches du haubert de mailles des garnitures d’acier qui préservaient les bras. Mais on ne donne le nom de brassards qu’aux armures de bras, articulées et solidaires, de l’épaule au poignet. Ce n’est qu’au XIVe siècle, que cette manière de couvrir les bras est généralement adoptée, en même temps que les armures complètes.

Brigantine : La brigantine est un vêtement de guerre du XIVe siècle porté d’abord par les gens de pied. Elle prend son nom des troupes désignées sous la qualification de brigands ou brigants.

Brigantine, vêtement de guerre
Broigne, vêtement de guerre

Broigne : La broigne désigne, dans les sources médiévales françaises, une cuirasse souple composée d’un support en cuir ou en tissu épais et renforcé d’anneaux ou plaques de fer cousus très serrés. Le mot vient du germanique brunia (qui a donné byrnie en anglais). Elle est déjà mentionnée dans « La Chanson de Roland » (fin XIe siècle), preuve qu’elle est associée à l’équipement guerrier carolingien idéalisé. Les textes épiques décrivent parfois une réalité stylisée. Le terme peut recouvrir différentes protections (maille ou lamellaire).

À partir du XIIe siècle la cotte de mailles rivetée s’impose. Le mot broigne subsiste dans les textes, mais tend à désigner de façon large une armure de mailles. L’usage précis du terme devient flou. Au XIVe–XVe siècles, elle disparaît progressivement avec l’apparition des armures de plates. Le mot broigne tombe progressivement en désuétude.

C

Cabasset : Le cabasset apparaît à la fin du XVe siècle. Il a une forme en poire allongée avec une pointe ou petit bouton au sommet, des bords étroits. C’est un casque léger et ouvert à large champ de vision. Son nom viendrait de l’espagnol cabaza (« tête »). Il répond aux besoins de l’infanterie avec une protection simple et une mobilité maximale. Au XVIe siècle sa diffusion devient européenne et pendant les guerres d’Italie et les conflits religieux, le cabasset équipe largement les fantassins. Il est apprécié pour sa légèreté et sa protection efficace contre les coups descendants. Il est proche du morion, mais plus allongé et moins spectaculaire. On le retrouve dans les armées françaises sous François Ier et ses successeurs. Au XVIIe siècle, le cabasset est encore utilisé au début du siècle. Il tend à disparaître avec l’évolution des tactiques et des armes à feu. Sous Louis XIV, il est progressivement abandonné, le chapeau remplace l’équipement métallique.

Cabasset, vêtement de guerre
Camail, vêtement de guerre

Camail : Le camail est une pièce protégeant la tête, le cou et les épaules. À l’époque de Charlemagne (VIIIe–IXe siècles), les guerriers portent des protections en toile épaisse doublée, de peau et parfois renforcées de plaques ou d’anneaux cousus. Il s’agit encore d’une protection souple, intermédiaire entre vêtement et armure. Avec la généralisation de la cotte de mailles, le camail devient une coiffe en mailles. Il peut être solidaire du haubert. Il protège efficacement contre les tailles. Il est très répandu durant les croisades et la guerre de Cent Ans. Le terme peut désigner soit la coiffe complète, soit la partie protégeant la nuque. Au XIVe–XVe siècles, il est adapté à l’armure de plates. À mesure que l’armure évolue, le camail se fixe au casque (notamment au bassinet). Il devient une protection articulée en mailles sous les plates. Il complète la protection rigide du torse et du heaume. Sous Louis XIII et Louis XIV, l’armure complète décline, les protections de maille disparaissent progressivement, le camail sort de l’équipement courant.

Canon : Appelé aussi « la bouche à feu », le canon est apparu au début du XIVe siècle en Europe. Au départ de mauvaise qualité, sa manipulation pouvait être dangereuse. Il pouvait exploser à la face des canonniers. Il est perfectionné au milieu du XVe siècle. Son terme de canon se généralise au XVIIIe siècle, il désigne alors une pièce d’artillerie servant à lancer des projectiles lourds. Le boulet, d’abord taillé dans la pierre durant le Moyen-Age devient une boule de fonte dès 1803.

Canon, arme de guerre
Carabine, arme de guerre

Carabine : Le nom carabine provient d’un corps de gardes à cheval du roi de France Henri III qui étaient équipés d’une arquebuse à canon rayé, et d’un habit satiné qui les faisaient ressembler à un « Escarabin » (le scarabée fouisseur de cadavre) mais aussi à cause de leur tir précis qui transformait souvent leur cible en cadavre. Ils furent donc nommés des « carabins » et par analogie leur arme carabine. Louis XIII, quarante ans plus tard, remplacera leur carabine par des mousquets à chargement plus rapide grâce au canon lisse, ce qui les fera nommer tout naturellement « mousquetaires ». En ce qui concerne les étudiants en médecine, c’est le côté « fouisseur de cadavres » du scarabée qui les a fait nommer également « carabins ».

Carreau, vireton : Le carreau est le projectile tiré par l’arbalète. Dès le XIe siècle, lorsque l’arbalète se généralise en Europe, le carreau devient une arme redoutée. Il est plus court qu’une flèche, il a un fût épais, une pointe souvent pyramidale ou quadrangulaire et la capacité à percer la maille. Durant la guerre de Cent Ans, il est largement utilisé dans les armées françaises. Dès le XVIe–XVIIe siècles, avec la diffusion des armes à feu, l’arbalète recule progressivement, le carreau disparaît du champ de bataille. Sous Louis XIII et         Louis XIV, il subsiste surtout pour la chasse. Il devient marginal militairement.

Carreaux, vireton, arme de guerre
Cervelière, vêtement de guerre

Cervelière : Elle fait son apparition à l’époque des premiers chevaliers capétiens, vers le XIe siècle. Les soldats portent le casque dominant, le nasal puis le haubert, mais le sommet du crâne reste vulnérable. On ajoute alors une petite calotte métallique ajustée : la cervelière.

Au départ, elle est en fer, très simple, sans décor et portée sous le heaume ou seule. Au XIIIᵉ siècle, elle se généralise. La cervelière devient presque indispensable. Elle peut être une simple calotte de métal ou intégrée à une coiffe de mailles. Certains soldats modestes la portent seule. Les chevaliers la portent sous le grand heaume cylindrique. Au XIVe siècle, elle évolue vers le bassinet. On lui ajoute une visière, un camail.

Chanfrein : À l’origine, il désigne le front du cheval (la partie entre les yeux et le nez). Ce n’est qu’ensuite qu’il désigne la protection métallique posée sur cette zone. Les premières protections datent du XIe siècle. Le cheval devient central dans la guerre féodale. Les charges de cavalerie lourde se développent. Au début, c’est une protection en cuir épais, parfois renforcée de métal. Sous les Valois, notamment pendant la guerre de Cent Ans, la cavalerie lourde atteint un haut degré de sophistication. Le chanfrein devient entièrement en acier, moulé pour épouser la tête du cheval, parfois décoré et doté de pointes ou de reliefs intimidants On parle alors d’armure bardée (le cheval est « bardé »). Le chanfrein fait partie d’un ensemble comprenant le poitrail, les flancs et la croupe. À partir du XVIᵉ siècle, l’usage massif des armes à feu change la guerre. La cavalerie lourde décline. L’armure complète du cheval devient inutile. Le chanfrein disparaît peu à peu du champ de bataille.

Chanfrein, protection de guerre pour les chevaux
Colletin, protection militaire

Colletin : Le colletin apparaît à la fin du XIVe siècle avec le développement des armures plates. C’est une petite pièce d’armure qui protège le cou et le haut des épaules. Le colletin est une défense métallique placée autour du cou. Il protège une zone vulnérable entre le casque et la cuirasse. Il est généralement constitué de plaques articulées ou d’un collier rigide en acier. Il est porté par les hommes d’armes et les chevaliers dans les combats à pied comme à cheval. Son rôle est de protéger la gorge et la base du cou contre les coups d’épée, de lance ou de traits d’arbalète. Avec l’évolution de l’armure complète au XVIe siècle, cette pièce spécifique est remplacée par des protections intégrées plus sophistiquées.

Couleuvrine : La couleuvrine, arme à feu fine et longue, apparaît en Europe dès le XIVe siècle. Elle tire des projectiles en pierre puis en métal grâce à de la poudre noire par une mise à feu manuelle. Elle est utilisée dans les sièges, pour la défense des villes et parfois sur les champs de bataille. Du XVe au XVIe siècle, la couleuvrine progresse. Les canons en bronze ou fer sont mieux coulés, sa portée est plus longue et sa précision est améliorée grâce au canon long. Dans les armées européennes, on distingue plusieurs tailles, la couleuvrine légère (maniable et tir rapide), la couleuvrine moyenne et la grande couleuvrine (artillerie lourde). Elle est largement utilisée lors de la guerre de Cent ans, les guerres d’Italie et les grands conflits de la Renaissance. Les monarchies comme la France, l’Espagne et les États italiens en font un instrument majeur de puissance militaire. Les couleuvrines apparaissent aussi sur les navires dès le XVe siècle. Elles servent au combat naval mais aussi pour intimider et aborder les bateaux adverses. A la fin du XVIe siècle, elles sont remplacées par les canons standardisés, les mousquets et arquebuses améliorés puis par les systèmes à platine. Les progrès en métallurgie et en tactique rendent les couleuvrines obsolètes. Elles disparaissent progressivement au XVIIe siècle.

Couleuvrine, arme de guerre
Cubitière, protection de guerre

Cubitière : La cubitière apparaît au cours du XIIIe siècle. Elle se développe avec l’amélioration des armures de plates, lorsque la protection des articulations devient une priorité. La cubitière est une pièce d’armure destinée à protéger le coude. Elle fait partie de l’armure du bras, entre le brassard (haut du bras) et l’avant-bras. Le coude est une articulation fragile. Sans protection, un coup d’épée ou de masse peut rendre un chevalier incapable de combattre. Au XIVe et XVe siècles, à l’époque des grandes armures de plates, elle devient plus élaborée, parfois articulée et décorée chez les nobles. Avec l’arrivée massive des armes à feu au XVIe siècle, les armures complètes deviennent moins utiles. La cubitière disparaît alors progressivement du champ de bataille.

Cuirie : La cuirie apparaît dès l’époque carolingienne, autour du IXe siècle. Elle est héritière des protections en cuir utilisées dès l’Antiquité, mais elle se généralise dans l’Occident médiéval à partir du haut Moyen Âge. La cuirie est une protection du torse en cuir épais. Elle peut être simple ou renforcée par des plaques métalliques ou des clous. Elle protège la poitrine, le ventre et parfois le haut des hanches. Son principal avantage est sa légèreté. Elle permet de se déplacer facilement, ce qui est essentiel pour les cavaliers, les fantassins ou les soldats moins fortunés. Avant la généralisation des armures de fer articulées, la cuirie constitue une solution intermédiaire : plus protectrice qu’un simple vêtement, mais moins coûteuse et plus souple qu’une armure complète. Elle reste longtemps utilisée par les soldats modestes, les archers ou certaines troupes légères, même après l’apparition des armures de plates. Elle décline progressivement à partir du XIVe siècle, avec la diffusion des armures de plates en métal. Elle ne disparaît pas totalement, mais cesse d’être une protection principale chez les combattants lourds à la fin du XVe siècle.

Cuirie, protection militaire
Cuissot, protection militaire

Cuissot : Le cuissot apparaît au XIIIe siècle. Il se développe surtout au XIVe siècle avec l’essor des armures de plates qui viennent compléter la cotte de mailles. Le cuissot est une pièce d’armure destinée à protéger la cuisse. Il fait partie de l’armure de jambe, entre la hanche et le genou. Au départ, la cuisse est protégée par la maille. Mais celle-ci reste vulnérable aux coups puissants. Avec l’amélioration des techniques métallurgiques, on ajoute des plaques de métal articulées pour renforcer la protection. Le cuissot protège l’os le plus long et l’un des plus exposés du corps et permet la mobilité grâce à des articulations. Il s’intègre dans l’armure complète du chevalier. Aux XIVe et XVe siècles, à l’apogée des armures de plates, le cuissot devient plus enveloppant et parfaitement ajusté au combattant. Avec l’évolution de l’art de la guerre et l’efficacité croissante des armes à feu, la protection des jambes devient secondaire. L’armure lourde recule, et le cuissot disparaît peu à peu du paysage militaire.

D

Dossière : La dossière apparaît au XIIIe siècle, avec les premières protections rigides destinées à compléter la cotte de mailles. Elle se développe pleinement au XIVe siècle, au moment de l’essor des armures de plates. La dossière est la pièce d’armure qui protège le dos. Elle fonctionne en complément du plastron ou de la ventrière, qui protège la poitrine.

Au début du Moyen Âge, le dos est protégé surtout par la maille. Mais avec l’intensification des combats et la puissance croissante des armes, il devient nécessaire d’ajouter une plaque rigide. Au XIVe et XVe siècles, elle est intégrée au harnois complet. Elle est souvent articulée avec les épaulières et la cuirasse pour permettre les mouvements du cavalier. On l’oublie parfois, mais un chevalier pouvait être attaqué de toutes parts, surtout en mêlée. Protéger le dos n’était pas un luxe, mais une nécessité vitale. Avec l’arrivée massive des arquebuses et des mousquets, même les plaques épaisses deviennent vulnérables. L’armure lourde recule. La dossière quitte peu à peu le champ de bataille.

E

Étrier : Les étriers apparaissent en Asie centrale vers le IVe siècle. Ils se diffusent en Europe au VIe siècle, probablement par l’intermédiaire des peuples cavaliers comme les Avars. L’étrier est un anneau, généralement en métal, suspendu de chaque côté de la selle, dans lequel le cavalier place ses pieds. Son invention transforme radicalement l’art de la guerre. Avant l’étrier, le cavalier tient surtout par l’équilibre et la pression des jambes. Avec l’étrier, il gagne en stabilité, il peut se lever sur sa monture, il peut frapper avec plus de puissance. Au Moyen Âge, l’étrier permet la charge de cavalerie lourde. Le chevalier, solidement calé, peut abaisser sa lance sous le bras et transmettre la force du cheval dans l’impact. C’est une véritable révolution militaire. Certains historiens parlent même d’un facteur clé dans l’essor de la chevalerie et de la société féodale. Au-delà du combat, l’étrier facilite aussi les longs déplacements à cheval. Il améliore le confort et le contrôle de la monture. Ils ne disparaissent pas. Les étriers sont toujours utilisés aujourd’hui dans l’équitation moderne, civile comme militaire.

Étrier, protection militaire

F

Fauchart, arme de guerre

Fauchart : Le fauchart apparaît au XIIIe siècle en Europe occidentale. Il se développe surtout aux XIVe et XVe siècles. Le fauchart, aussi appelé fauchard, est une arme d’hast. Cela signifie qu’il s’agit d’une arme fixée au bout d’un long manche. Il est composé d’un long bâton en bois et d’une lame courbe fixée à son extrémité. Sa forme rappelle celle d’une faux agricole, mais adaptée au combat. Le fauchart est principalement utilisé par les fantassins. Il permet d’atteindre un adversaire à distance, de désarçonner un cavalier et de frapper ou de trancher avec puissance. Au Moyen Âge, face aux chevaliers en armure, les troupes à pied doivent s’adapter. Les armes d’hast comme le fauchart offrent une portée supérieure à l’épée. Cependant, avec l’évolution des techniques militaires, notamment l’apparition des piques longues, puis des arquebuses et mousquets, le fauchart devient moins stratégique. Il reste un bon exemple d’adaptation d’un outil agricole à l’univers guerrier, ce qui est fréquent dans l’armement médiéval.

Feu grégeois : Le feu grégeois apparaît au VIIe siècle, dans l’Empire byzantin. Vers 672, Constantinople est menacée par les flottes arabes. C’est alors qu’un ingénieur d’origine syrienne, Kallinikos d’Héliopolis (mort après 678), aurait mis au point une arme nouvelle. C’est une substance incendiaire capable de brûler sur l’eau, de s’accrocher aux coques et aux corps et qui résiste à l’extinction par l’eau. Pour les contemporains, c’est presque de la sorcellerie. Le feu grégeois n’est pas une simple torche, il est liquide, projeté à distance et enflammé à la sortie du dispositif. La réelle recette de ce feu grégeois ne sera jamais transmise. Cependant, à partir des XIe – XIIe siècle, les Européens découvrent des armes incendiaires orientales. Le terme « feu grégeois » devient un nom générique. Il désigne tout feu artificiel difficile à éteindre. Les armées françaises utilisent des pots à feu, des feux d’artifice militaires. Ce sont des mélanges à base de soufre, de poix, de résines, d’huile et parfois de naphte. Ces armes brûlent violemment, peuvent flotter sur l’eau mais ne reproduisent pas exactement le feu grégeois byzantin. A partir du XIVe siècle, la poudre à canon s’impose, les armes incendiaires liquides deviennent secondaires.

Feu grégeois, arme de guerre
Fusée, arme de guerre

Fusée : C’est probablement en Chine au XIe siècle que la fusée voit le jour. Les Chinois inventent la poudre noire et comprennent très vite qu’en la faisant brûler dans un tube fermé à une extrémité qu’elle produit une poussée. Naissent alors les flèches de feu, les engins pyrotechniques et les armes destinées à impressionner autant qu’à détruire. Dès le XIIIe siècle, les fusées sont utilisées sur le champ de bataille, comme ce fut le cas par les Tartars à Legnica en 1241. A partir du XIVe siècle, la technologie se diffuse vers le monde islamique puis l’Europe. On utilise alors les fusées comme armes « instables ». Effectivement, elles sont imprécises, dangereuse mais spectaculaires. Vers 1380, le français Jehan Froissart invente l’ancêtre de notre « bazooka », la lance fusée tubulaire. Sous la forme d’un tube, il permet d’accroitre la précision des tirs de fusées incendiaires. Elles alimentent les feux d’artifice où l’on perfectionne les mélanges chimiques, la stabilité du vol, les formes et les couleurs. La fusée progresse plus par l’artisanat que par la théorie. Au XIXe siècle, la fusée devient scientifique. Les chercheurs commencent à comprendre les lois physiques derrière la propulsion (action/réaction, Newton, dynamique des gaz). En 1903, le Russe Konstantin Tsiolkovski (1857 – 1935) pose les bases théoriques de l’astronautique. Pour la première fois, la fusée est pensée comme un véhicule, pas seulement comme une arme. Durant la seconde guerre mondiale, les fusées deviennent des armes majeures (les V2 allemandes). Après 1945, durant la guerre froide c’est la course à l’espace ; 1957, Spoutnik, premier satellite ; 1961, Gagarine, premier humain dans l’espace ; 1969, Apollo 11, premiers pas sur la Lune.

Fusil : Le fusil apparaît au XVIe siècle, sous la forme des premières armes à feu portatives perfectionnées. Le terme « fusil » se généralise surtout au XVIIe siècle avec le fusil à silex. Le fusil est une arme à feu individuelle, tenue à l’épaule, utilisant la poudre pour propulser un projectile. Il succède progressivement aux premières armes portatives comme l’arquebuse et le mousquet. Son évolution technique est marquée par plusieurs étapes ; le mécanisme à mèche ; le mécanisme à rouet ; le mécanisme à silex ; le mécanisme à percussion. Au XVIIe siècle, le fusil à silex devient l’arme standard de nombreuses armées européennes. Il transforme profondément l’art de la guerre. Au XVIIIe siècle, l’infanterie s’organise en lignes de tir. La cadence et la discipline deviennent essentielles. Le fusil remplace progressivement l’arc et réduit le rôle de la chevalerie lourde. Au XIXe siècle, les fusils rayés augmentent la précision et la portée. L’arme devient plus meurtrière et plus fiable.

Le fusil n’est donc pas seulement une arme. Il est un acteur majeur de la transformation militaire et politique de l’Europe moderne. Il ne disparaît pas. Il évolue. Le fusil se transforme au XIXe siècle avec la percussion, puis la cartouche métallique, et reste utilisé jusqu’à aujourd’hui sous des formes modernes.

Fusil, arme de guerre

G

Gambison, vêtement militaire

Gambison : Le gambison apparaît dès le XIe siècle en Europe occidentale. Il se développe largement aux XIIe et XIIIe siècles, notamment à l’époque des croisades. Le gambison est une veste épaisse et matelassée portée par les combattants médiévaux. Il est composé de plusieurs couches de tissu rembourrées de laine, de lin ou d’autres matières textiles. Il peut être porté seul, sous une cotte de mailles, sous une armure de plates. Sa fonction est essentielle, amortir les chocs, protéger des coups tranchants et éviter les frottements de la maille ou du métal sur la peau. Contrairement à l’image du chevalier entièrement en fer, le textile joue un rôle central dans la protection médiévale. Le gambison est utilisé aussi bien par les chevaliers que par les fantassins. Pour les soldats modestes, il peut constituer l’unique protection. Aux XIVe et XVe siècles, même avec les armures de plates, il reste indispensable comme couche interne. Avec l’essor des armes à feu, capables de traverser les protections textiles et métalliques, son efficacité militaire diminue. Il tombe peu à peu en désuétude.

Gantelet : Le gantelet apparaît au XIIIe siècle. Il se développe pleinement aux XIVe et XVe siècles avec l’essor des armures de plates. Le gantelet est une pièce d’armure destinée à protéger la main. Au début du Moyen Âge, les mains sont protégées par des gants de maille. Mais avec l’évolution des armes et la violence des combats, une protection plus solide devient nécessaire. Le gantelet de plates apparaît alors. Il est composé de plusieurs éléments métalliques articulés qui permettent de protéger les doigts, de couvrir le dos de la main et de maintenir la mobilité nécessaire pour tenir une arme. Au XVe siècle, à l’apogée de l’armure, le gantelet est finement articulé. Il permet de manier l’épée, la lance ou les rênes tout en protégeant contre les coups. La main est une zone vitale pour le combattant. Une blessure à la main signifie souvent la fin du combat. Le gantelet est donc indispensable. Avec la généralisation des armes à feu, l’armure devient moins efficace. Le gantelet disparaît avec le reste du harnois.

Gantelet, armure militaire
Garde-bras, armure de guerre

Garde-bras : Le garde-bras apparaît au XIIIe siècle. Il se développe surtout aux XIVe et XVe siècles avec l’essor des armures de plates. Le garde-bras est une pièce d’armure destinée à protéger le bras, généralement la partie située entre l’épaule et le coude. Au début du Moyen Âge, la protection du bras est assurée principalement par la cotte de mailles. Mais avec l’intensification des combats et l’amélioration des techniques métallurgiques, on ajoute des plaques rigides. Le garde-bras protège les muscles du bras, amortit les coups tranchants ou contondants et s’articule avec l’épaulette et la cubitière. Au XVe siècle, dans le harnois complet, il est parfaitement intégré et articulé pour permettre la mobilité nécessaire au maniement de l’épée, de la lance ou du bouclier. Une blessure au bras pouvait rendre un combattant incapable de se défendre. Le garde-bras est donc un élément essentiel de la protection du chevalier. Avec la généralisation des armes à feu, les plaques métalliques deviennent moins efficaces. L’armure lourde est progressivement abandonnée, et le garde-bras disparaît avec elle.

Garde-corps, armure : Le garde-corps apparaît au XIIIe siècle, avec le développement des premières protections rigides venant renforcer la cotte de mailles. Le garde-corps est une pièce d’armure destinée à protéger le torse. Il peut désigner une protection rigide couvrant la poitrine et parfois le ventre, ancêtre ou variante de la cuirasse. À une époque où le tronc abrite les organes vitaux, cette protection est essentielle. Au début du Moyen Âge, la cotte de mailles assure cette défense. Mais face aux coups de lance, d’épée ou d’arme contondante, on ajoute progressivement des plaques métalliques. Le garde-corps protège le cœur et les poumons, renforce la défense contre les coups directs et complète l’ensemble du harnois. Au XIVe et XVe siècles, il s’intègre à l’armure de plates. La protection devient plus enveloppante et mieux ajustée au corps. Avec l’essor des arquebuses et des mousquets, même les plaques épaisses deviennent vulnérables. L’armure lourde disparaît peu à peu, et le garde-corps avec elle.

Garde-corps, protection militaire
Genouillère, protection de guerre

Genouillère : La genouillère apparaît au XIIIe siècle. Elle se développe pleinement aux XIVe et XVe siècles avec l’essor des armures de plates. La genouillère est une pièce d’armure destinée à protéger le genou. Au début du Moyen Âge, la protection des jambes est assurée surtout par la cotte de mailles. Mais le genou est une articulation fragile et exposée. Une blessure à cet endroit peut immobiliser un combattant. La genouillère, souvent appelée poleyn dans les sources anglaises, est conçue pour protéger l’articulation, permettre la flexion de la jambe et dévier les coups grâce à sa forme arrondie. Au XVe siècle, dans le harnois complet, elle est articulée avec le cuissot au-dessus et la grève en dessous. L’ensemble permet au chevalier de monter à cheval, marcher et combattre tout en restant protégé. Avec la généralisation des arquebuses et des mousquets, l’armure lourde devient moins efficace. La genouillère disparaît progressivement avec le reste de l’équipement.

Godendac : Le godendac apparaît à la fin du XIIIe siècle, principalement dans les Flandres. Le godendac est une arme d’hast courte, composée d’un solide bâton de bois, souvent renforcé à son extrémité par une pointe métallique. Son nom, d’origine flamande, signifie littéralement « bonjour ». Une ironie macabre pour une arme de combat. Il est utilisé principalement par les milices urbaines flamandes, notamment lors des conflits contre le royaume de France au début du XIVe siècle. Le godendac permet de frapper violemment avec la masse du bâton, de percer ou d’achever avec la pointe et de lutter contre des cavaliers en armure. Il est particulièrement associé à la bataille de Courtrai en 1302, où les milices flamandes infligent une lourde défaite à la chevalerie française. Cette arme simple, robuste et peu coûteuse illustre une réalité essentielle du Moyen Âge : la guerre n’est pas seulement affaire de chevaliers. Les milices urbaines jouent un rôle croissant. Avec l’évolution des formations militaires et l’apparition d’armes plus longues comme la pique, le godendac disparaît progressivement.

Godendac, arme de guerre
Gonfanon, arme

Gonfanon : Le gonfanon apparaît au haut Moyen Âge, dès le IXe siècle en Occident. Il se développe surtout aux XIe et XIIe siècles, à l’époque féodale et des croisades. Le gonfanon est une bannière médiévale, généralement fixée à une hampe horizontale ou suspendue verticalement. Sa forme est souvent allongée, parfois découpée en plusieurs pointes. Il sert à identifier un seigneur ou un chevalier, rassembler des combattants sur le champ de bataille et affirmer une autorité. Dans une société où peu de gens savent lire, les couleurs et les symboles jouent un rôle essentiel. Le gonfanon devient un véritable signe d’identité visuelle. On le retrouve dans les armées féodales, lors des croisades ou dans les cérémonies religieuses. Le gonfanon peut aussi être lié à une charge honorifique. Un seigneur qui reçoit le droit de porter gonfanon affirme un statut supérieur. Avec l’évolution des armées permanentes et la normalisation des drapeaux, le gonfanon perd progressivement sa fonction militaire. Il demeure toutefois dans les représentations héraldiques et dans certaines traditions ecclésiastiques.

Gorgière, armure : La gorgière apparaît au XIIIe siècle. Elle se développe surtout aux XIVe et XVe siècles avec l’essor des armures de plates. La gorgière est une pièce d’armure destinée à protéger la gorge et le haut du cou. Au début du Moyen Âge, cette zone est protégée par la maille, souvent intégrée à la coiffe ou au haubert. Mais le cou reste une partie vulnérable. Une blessure à cet endroit peut être fatale. Avec le développement des armures de plates, la gorgière devient une pièce rigide en métal. Elle sert à protéger la trachée et les artères du cou, empêcher la lame adverse de se glisser sous le casque et renforcer la jonction entre le casque et la cuirasse. Au XVe siècle, dans le harnois complet, elle est parfaitement ajustée et articulée avec le plastron et le casque. Elle décline au XVIIe siècle, avec l’abandon progressif des armures complètes face aux armes à feu. Elle subsiste toutefois sous forme symbolique dans certains uniformes militaires jusqu’au XVIIIe siècle.

Gorgière, vêtement militaire
Grenade, arme militaire

Grenade : La grenade apparaît au XIVe siècle sous des formes primitives, notamment des pots remplis de poudre explosive. Elle se développe réellement au XVIe et surtout au XVIIe siècle avec les progrès de l’artillerie et de la poudre à canon. La grenade est une arme explosive de petite taille, lancée à la main. Au Moyen Âge tardif, les premières « bombes » sont des récipients en terre cuite ou en métal remplis de poudre. Une mèche allumée déclenche l’explosion. À partir du XVIIe siècle, certaines troupes spécialisées apparaissent : les grenadiers. Leur mission consiste à lancer ces engins au plus près des lignes ennemies, notamment lors des sièges. La grenade sert à briser des formations, semer la panique et nettoyer des positions fortifiées. Au XVIIIe siècle, son usage diminue quelque peu dans les combats en ligne, mais elle reste présente dans les sièges. Elle connaît un retour massif au XXe siècle, notamment durant la Première Guerre mondiale, dans les combats de tranchées.

Grèves : Les grèves apparaissent au XIIIe siècle. Elles se développent surtout aux XIVe et XVe siècles avec l’essor des armures de plates. Les grèves sont des pièces d’armure destinées à protéger le bas de la jambe, c’est-à-dire le tibia et parfois le mollet. Au début du Moyen Âge, les jambes sont protégées principalement par la cotte de mailles. Mais les coups portés à pied ou à cheval rendent cette protection insuffisante. Les grèves sont alors conçues en métal rigide, souvent en deux parties articulées ou fermées par des attaches. Elles servent à protéger le tibia, zone très exposée, résister aux coups d’épée ou de hache et compléter la protection des cuissots et des genouillères. Au XVe siècle, dans le harnois complet, les grèves sont parfaitement ajustées. Elles permettent au chevalier de marcher, monter à cheval et combattre sans entrave majeure. Comme pour l’ensemble de l’armure, l’efficacité des armes à feu rend ces protections de moins en moins utiles. Les grèves disparaissent progressivement avec le reste de l’équipement lourd.

Grèves, protection militaire
Guisarme, arme militaire

Guisarme : La guisarme apparaît au cours du XIe siècle. La guisarme est une arme d’hast.
Cela signifie qu’elle est montée sur un long manche en bois. À l’origine, il s’agit probablement d’un outil agricole transformé en arme. Une lame recourbée, fixée au bout d’un long bâton. Son rôle principal est de désarçonner les cavaliers, d’accrocher un bouclier, de tirer un adversaire vers soi et de frapper à distance. Elle est surtout utilisée par l’infanterie, notamment les milices urbaines et les soldats non nobles. Elle est efficace parce qu’elle permet d’atteindre un chevalier sans l’approcher de trop près. Face à la cavalerie lourde, c’est un avantage stratégique. Avec le temps, les armes d’hast se diversifient : hallebarde, vouge, fauchard. La guisarme fait partie de cette grande famille d’armes hybrides qui dominent les champs de bataille à la fin du Moyen Âge.

H

Hacquebute : Elle apparaît en Europe centrale, surtout dans les régions germaniques et flamandes, vers 1370. Littéralement, « canon à croc » du germanique « hakenbüchse » (haken : crochet, büchse : arme à feu), c’est un petit canon monté sur une hampe de bois. Le crochet métallique sert à accrocher l’arme à un mur, une palissade ou un parapet pour absorber le recul. Au début, l’hacquebute n’est pas une arme de champ de bataille. Elle est utilisée sur les remparts, dans les sièges ou pour la défense urbaine. Effectivement, c’est une arme lourde, lente à recharger et dangereuse pour l’utilisateur. En revanche, elle a un avantage énorme, elle traverse les armures, même les épaisses. Au XVe siècle, l’hacquebute se diffuse largement par les mercenaires allemands, les milices urbaines, les armées bourguignonnes et les troupes italiennes. Vers la fin du XVe siècle, l’arme évolue. Le crochet disparaît, le fût s’allonge, la platine à mèche apparaît. On parle alors d’arquebuse. L’hacquebute est donc l’ancêtre direct de l’arme à feu individuelle moderne.

Hacquebute, arme militaire
Hallebarde, arme de guerre

Hallebarde : La hallebarde est une arme d’hast emblématique de l’Europe médiévale. Elle combine la lame de hache, la pointe de lance et souvent le crochet au dos, permettant à la fois de frapper, piquer et tirer un ennemi de cheval. Elle apparaît vers 1330 dans les régions germaniques et alpines (Allemagne et Suisse). Elle est issue d’armes paysannes adaptées à la guerre. Le terme « hallebarde » vient probablement de mots germaniques liés à « manche » et « hache ». Vers le XIVe siècle, elle devient une arme phare de l’infanterie européenne. Elle est particulièrement associée aux piquiers suisses. Son efficacité tient à sa polyvalence, pointe pour percer les armures, lame pour trancher et crochet pour désarçonner le chevalier. A partir du XVIe siècle, l’évolution des armes à feu change les tactiques militaires. La hallebarde recule sur les champs de bataille mais reste utilisée par les garde royales et corps d’apparat. Elle est aujourd’hui encore portée par certains corps cérémoniels comme les gardes suisses du Vatican.

Haubert : Le haubert est une armure de mailles composée d’anneaux métalliques entrelacés, héritée de l’Antiquité et largement diffusée en Europe par les peuples germaniques. Il se généralise à l’époque des Mérovingiens, où il constitue une protection efficace contre les coups de taille tout en restant relativement souple. Au Moyen Âge, le haubert devient l’équipement caractéristique du chevalier, évoluant en longueur et en qualité pour mieux protéger le corps. À partir du XIVe siècle, il est progressivement complété puis remplacé par l’armure de plates, plus résistante face aux armes perforantes et aux premières armes à feu. À l’époque des Bourbons, le haubert a disparu de l’usage militaire, supplanté par des protections plus modernes, marquant la fin d’une armure emblématique du Moyen Âge.

Haubert invention de guerre

Heaume : Le heaume apparaît à la fin du XIIe siècle, vers 1180-1200. Le heaume est un casque intégral en métal. Il enveloppe toute la tête. Seules de petites fentes horizontales permettent de voir. De petits trous assurent la respiration. Les croisades et les conflits féodaux multiplient les combats rapprochés. Les chevaliers ont besoin d’une protection maximale contre les coups d’épée et les projectiles. Le heaume protège très bien… mais il a des défauts, sa vision est réduite, sa respiration difficile et son poids important. En combat, certains chevaliers le portent au moment de la charge, puis le retirent si le combat devient trop confus.

Au XIVe siècle, on cherche plus de mobilité. Le bassinet, plus léger et mieux ajusté, remplace progressivement le heaume, dès le XVe siècle.

Heaume, protection militaire
Heuses, protection militaire

Heuse : Les heuses apparaissent au XIe siècle, en même temps que l’essor de la cotte de mailles. Les heuses sont des protections de jambes portées par les chevaliers. Elles sont généralement en mailles de fer, parfois renforcées. Elles couvrent les jambes, du pied jusqu’à la cuisse, et sont fixées à la ceinture ou à la cotte de mailles. Les heuses offrent une protection souple. Elles permettent de monter à cheval sans rigidité excessive. Mais avec le temps, l’armement évolue. Les coups deviennent plus puissants. La maille ne suffit plus. À partir du XIVe siècle, les armures de plates protègent mieux les jambes. Les heuses deviennent alors obsolètes.

Hoqueton : Le hoqueton apparaît au XIIIe siècle. Le hoqueton est un vêtement militaire rembourré. Il est composé de plusieurs couches de tissu, parfois garnies de laine, de coton ou de crin. Il peut être porté seul ou sous une armure. Il sert à amortir les coups, protéger contre les flèches légères, éviter les frottements de la maille ou des plates, apporter un peu de chaleur. Il est surtout porté par les fantassins, les archers et les soldats modestes. Les chevaliers peuvent aussi en porter un sous leur armure de mailles ou de plates. Au XIVe siècle, certains hoquetons sont même portés comme protection principale par les soldats à pied, notamment dans les armées françaises et anglaises pendant la guerre de Cent Ans. Il reste utilisé jusqu’au XVe siècle. Il évolue ensuite vers d’autres formes de vêtements militaires rembourrés à la Renaissance.

Hoqueton, vêtement militaire
Hounskull, protection militaire

Hounskull : Le hounskull apparaît au début du XIVe siècle, vers 1320-1330.

Attention : il ne date pas du XIe siècle. Il s’agit d’une évolution tardive du bassinet. Le hounskull est un type de bassinet muni d’une visière très pointue. Son nom vient de l’anglais hound’s skull, qui signifie « tête de chien ». En français médiéval, on parle parfois de bassinet à museau. Sa forme allongée n’est pas décorative. Elle a deux fonctions principales, dévier les coups vers les côtés et améliorer la respiration grâce à un espace plus grand devant la bouche. Les ouvertures d’aération sont placées sur les côtés de la visière. Cela protège le visage tout en permettant de mieux respirer qu’avec les anciens heaumes cylindriques. Il est très répandu pendant la guerre de Cent Ans. Il disparaît progressivement au début du XVe siècle, remplacé par des visières plus arrondies et des casques plus enveloppants comme l’armet.

I, J

Jacque : Le jacque apparaît au XIVe siècle, vers le milieu du siècle. Le jacque est un vêtement militaire rembourré. Il est composé de plusieurs couches de tissu épais. Parfois, de petites plaques de métal sont insérées à l’intérieur : on parle alors de « jack of plates » dans les sources anglaises. Il est porté par les fantassins, par les archers, par les milices urbaines et parfois par des hommes d’armes modestes. Son rôle est simple : protéger à moindre coût. Il amortit les coups d’épée. Il peut arrêter certaines flèches. Il protège sans le poids d’une armure complète. Pendant la guerre de Cent Ans, le jacque devient très courant dans les armées françaises et anglaises. Il représente une solution intermédiaire entre le simple vêtement civil et l’armure noble. Son usage décline au XVIe siècle avec la généralisation des armures de plates complètes et le développement des armes à feu.

Jacque, vêtement militaire
Journade, protection militaire

Journade : La journade, proche du surcot ou de la casaque, apparaît au XIIIe siècle. La journade est un vêtement ample porté par-dessus l’armure. Elle est généralement sans manches ou à manches courtes. Elle descend jusqu’aux cuisses ou aux genoux. Son rôle est double, protéger l’armure du soleil et de la pluie et afficher les armoiries du chevalier. Dans un monde où l’armure finit par masquer le visage, l’identification devient essentielle. La journade permet de reconnaître un seigneur sur le champ de bataille. Elle est aussi portée lors des tournois. Au XIVe siècle, elle devient parfois plus courte et plus ajustée. Son usage décline au XVe siècle, lorsque l’armure de plates complète couvre davantage le corps et rend ce vêtement moins nécessaire.

K, L

Lobster ou pot d’écrevisse : Le casque dit « lobster » apparaît au début du XVIIe siècle, vers 1600-1620. Le « lobster pot helmet », appelé ainsi en anglais en raison de sa forme évoquant une carapace d’écrevisse, est un casque composé d’une bombe arrondie, d’un nasal ou d’une visière articulée, d’une protection faciale et d’un couvre-nuque articulé en lames superposées. Cette protection arrière en plaques mobiles rappelle la queue d’un crustacé, d’où le surnom. Il est surtout porté par la cavalerie, les arquebusiers montés et les cuirassiers. Il protège bien contre les coups de sabre, les éclats et certains projectiles. Mais il est plus léger et plus ouvert que les casques médiévaux intégralement fermés. Son usage décline à la fin du XVIIe siècle, avec l’évolution des équipements militaires et la réduction progressive des armures complètes.

Lobster ou pot d'écrevisse, protection militaire

M

Mangonneau : Le mangonneau est développé en Grèce, il est perfectionné par les Romains. Il repose sur l’énergie stockée dans des cordages torsadés (tendons, crins). Il est très peu utilisé en Europe occidentale sous les Mérovingiens. Il réapparait vers le XIe siècle, sous les croisades avec l’influence byzantine. Il devient une machine de siège standard. Utilisé aux côtés des trébuchets, il finit par disparaître progressivement vers le XIVe siècle et il est supplanté par l’artillerie au XVIe siècle. 

Mangonneau, invention
Mentonnière, protection militaire

Mentonnière : La mentonnière apparaît à la fin du XIVe siècle. La mentonnière est une pièce d’armure destinée à protéger le menton, la mâchoire et la gorge. Elle apparaît lorsque les casques évoluent. Au XIVe siècle, les bassinets à visière protègent bien le visage, mais la gorge reste vulnérable. La mentonnière vient combler cet espace fragile. Elle peut être fixée au casque, articulée et intégrée à un armet au XVe siècle. Son rôle est essentiel, car la gorge est une zone vitale. Avec l’apparition des armures de plates complètes au XVe siècle, la mentonnière devient une pièce intégrée à un ensemble plus sophistiqué. Son usage décline au XVIe siècle avec l’évolution des armures complètes et la transformation des pratiques militaires.

Miséricorde : La miséricorde apparaît à la fin du XIIIe siècle. La miséricorde est une dague fine et rigide. Elle possède une lame étroite, une pointe très aiguë et une grande capacité de pénétration. Son nom vient du mot « miséricorde », c’est-à-dire « acte de pitié ». Elle sert à achever un adversaire grièvement blessé sur le champ de bataille. À la fin du Moyen Âge, les chevaliers portent des armures de plates très résistantes. Les coups d’épée rebondissent souvent. La miséricorde permet d’atteindre les points faibles. Son usage décline au XVIe siècle avec l’évolution des armes blanches et la généralisation des armes à feu.

Miséricorde, arme militaire
Morion, protection militaire

Morion : Le morion apparaît au début du XVIe siècle, vers 1510-1520. Le morion est un casque en métal reconnaissable à sa crête centrale, ses bords relevés à l’avant et à l’arrière et son absence de visière. Il protège la tête tout en laissant le visage dégagé. Il est surtout porté par les fantassins, les piquiers, les arquebusiers et les soldats espagnols et impériaux. On l’associe souvent aux conquistadors, mais il est utilisé dans toute l’Europe. Le morion offre une bonne protection contre les coups de taille, une visibilité maximale et une fabrication plus simple que les casques médiévaux fermés. Son usage décline à la fin du XVIIe siècle avec l’évolution des équipements militaires et la disparition progressive des armures sur les champs de bataille.

Mousquet : L’apparition du mousquet date de 1521. L’arquebuse étant assez courte, elle se prête mal au tir de guerre sur plusieurs rangs. Il est donc décidé de rallonger cette arquebuse et d’en augmenter le calibre. Le mousquet est né. Pour des raisons de vitesse et de facilité de rechargement, le canon reste lisse et la balle inférieure d’un à deux mm environ au calibre de ce dernier. En 1703, le mousquet à fusil dit « fusil » apparaît. Initiée par Louvois (1641-1691), ministre d’État, sur le conseil du maréchal Vauban, Louis XIV, généralise par ordonnance la platine à silex à la française sur les mousquets en allégeant leur poids. La platine à silex n’est rien d’autre que l’adaptation du briquet à silex sur un mousquet plus léger pour remplacer l’allumage à mèche.

Mousquet, arme militaire

N, O, P

Pansière, vêtement militaire

Pansière : Les pansières apparaissent au XIVe siècle. La pansière est une pièce d’armure destinée à protéger le ventre et le bas du torse. Son nom vient du mot « panse », c’est-à-dire le ventre. Elle peut prendre plusieurs formes soit une plaque rigide fixée à la cuirasse, soit un élément articulé sous le plastron, soit un ensemble de lames protégeant le bas-ventre. Au XIVe siècle, l’armure de plates se développe. On cherche à couvrir toutes les zones vulnérables. La pansière protège des zones sensibles, l’abdomen, les organes internes et la partie inférieure du tronc. Au XVe siècle, elle s’intègre souvent à un ensemble articulé appelé « fauld » dans les sources anglaises. Leur usage décline au XVIe siècle avec l’évolution des armures complètes et la transformation de l’équipement militaire face aux armes à feu.

Pennon : Le pennon apparaît en Europe occidentale au XIe siècle. Le pennon est une petite bannière fixée au bout d’une lance. Il est généralement triangulaire ou à queue effilée, aux couleurs d’un seigneur et porteur d’un emblème simple. Il sert à identifier un chevalier sur le champ de bataille. À une époque où les visages sont cachés par les casques, il devient essentiel de reconnaître ses alliés, son chef et surtout son camp. Le pennon est aussi un marqueur de statut. Un chevalier simple porte un pennon. Un chevalier banneret, de rang supérieur, peut porter une bannière carrée. Dans les tournois, le pennon joue également un rôle décoratif et symbolique. Son usage militaire décline à la fin du Moyen Âge, avec l’évolution des armées et la disparition progressive de la chevalerie combattante.

Pennon, militaire
Pertuisane, arme militaire

Pertuisane : La pertuisane apparaît à la fin du XVe siècle, vers 1470–1500, probablement en Italie avant de se diffuser en France et dans le reste de l’Europe. La pertuisane est une arme d’hast, c’est-à-dire une arme montée au bout d’un long manche. Elle se reconnaît à une large lame centrale, une pointe allongée, des ailettes ou crochets latéraux et parfois des découpes décoratives. Son nom viendrait du mot italien partigiana. Elle est utilisée par l’infanterie pour frapper d’estoc et de taille, maintenir un adversaire à distance et désarçonner un cavalier. À la fin du Moyen Âge et au début de la Renaissance, elle devient également une arme d’officier. Elle est moins une arme de masse qu’un symbole d’autorité. Au XVIe siècle, on la retrouve dans les gardes urbaines et les compagnies de protection princière. Son usage militaire décline au XVIIe siècle, vers 1650. Elle subsiste ensuite comme arme de parade et d’apparat jusqu’au XVIIIe siècle.

Pétard : Le pétard apparaît à la fin du XVe siècle, avec le développement de l’artillerie à poudre. Le pétard est un engin explosif utilisé pour forcer une porte ou une muraille. Il se présente comme un récipient métallique en forme de cloche ou de cône, rempli de poudre. On fixe le pétard contre une porte, on le cale solidement, on allume la mèche et l’explosion fait sauter les gonds ou brise le bois. Il est utilisé par des soldats spécialisés appelés pétardiers. C’est une arme de siège, mais plus ciblée que le canon. Elle permet d’ouvrir un passage rapidement lors d’un assaut. Le mot « pétard » est d’ailleurs à l’origine de l’expression « être pris à son propre pétard », qui signifie être victime de sa propre manœuvre. Son usage décline au XVIIIe siècle avec l’évolution des techniques de siège et de l’artillerie plus puissante.

Pétard, arme militaire
Pistolet, arme militaire

Pistolet : Le pistolet apparaît au début du XVIe siècle, vers 1500-1520. Il se développe d’abord en Europe centrale, notamment dans les régions germaniques et italiennes. Le pistolet est une arme à feu portative, conçue pour être utilisée d’une seule main. Contrairement à l’arquebuse ou au mousquet, il est plus court et plus maniable. Au XVIe siècle, il est surtout utilisé par la cavalerie, les officiers et les nobles. Les cavaliers peuvent tirer à courte distance avant le choc. Il devient aussi une arme de défense personnelle. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, il est courant dans les duels. Il est également utilisé par les marins, les voyageurs et les soldats. Il marque la transition entre l’armement médiéval et la guerre moderne. Son usage évolue du XVIe siècle jusqu’à aujourd’hui, avec des transformations techniques majeures. Les premiers modèles à rouet dominent au XVIe siècle. Au XVIIe siècle, ils sont remplacés par les pistolets à silex. Au XIXe siècle apparaissent les pistolets à percussion, puis les armes modernes. Il semblerait que François 1er (1494-1547) ait eu son propre pistolet à rouet.

Plastron : Le plastron apparaît au XIVe siècle. Il se développe avec l’essor de l’armure de plates, vers 1330-1350. Le plastron est la pièce d’armure qui protège la poitrine. Il constitue la partie avant de la cuirasse. Au début du XIVe siècle, les chevaliers portent encore surtout la cotte de mailles. Mais les armes deviennent plus puissantes. On ajoute alors des plaques métalliques pour renforcer la protection du torse. Le plastron protège le cœur, les poumons et les organes vitaux. Il est souvent bombé pour mieux dévier les coups. Au XVe siècle, il fait partie d’un ensemble complet, plastron à l’avant, dossière à l’arrière et pièces articulées à la taille. Son usage militaire décline au XVIIe siècle avec la disparition progressive des armures complètes sur les champs de bataille.

Plastron, protection militaire
Plates, protection militaire

Plates : Les premières plates apparaissent progressivement au XIVe siècle, vers 1320-1350. Au départ, il s’agit de plaques ajoutées sur la cotte de mailles. Les « plates » désignent les plaques métalliques qui composent l’armure complète. Au XIIIe siècle, la cotte de mailles protège bien contre les coups tranchants. Mais les armes évoluent, les arbalètes plus puissantes, les armes d’estoc, les coups de masse. La maille ne suffit plus. On ajoute alors des plaques rigides pour protéger la poitrine, les bras, les jambes et la tête. Au XVe siècle, l’armure de plates devient un ensemble articulé couvrant presque tout le corps. Contrairement à une idée reçue, elle permet une bonne mobilité. Un chevalier peut marcher, monter à cheval, voire se relever seul. Mais avec l’apparition des arquebuses et des mousquets, même les plaques épaisses sont perforées. Peu à peu, les soldats abandonnent l’armure complète.
Seules certaines pièces, comme la cuirasse, subsistent encore un temps. Leur usage militaire décline au XVIIe siècle.

Poudre à canon : La poudre à canon est inventée par les Chinois (sous la dynastie Song) vers le IXe siècle. Marco Polo au retour de son voyage en Extrême-Orient en aurait rapporté. Elle se serait propagée par les Mongols dont l’empire allait de la Chine à la Hongrie. Puis elle arrive en Europe vers le XIIIe siècle par l’intermédiaire de la civilisation islamique. La fabrication de poudre noire se fait sous forme de grains, ce qui procure une combustion plus rapide et plus puissante. Elle présente également l’avantage d’améliorer la conservation de la poudre, facilitant ainsi son stockage et son transport vers les lieux de combats. En France, c’est dans un conte de Barthélemy du Drac (1320 – 1365), trésorier des guerres de Philippe VI de Valois (1328 – 1350), que l’on relève en date de 1338, la date de l’usage de la poudre à canon au siège de Puy-Guillaume. Les Français utilisent de la poudre à canon (les bombardes) durant la guerre de cent ans. Au milieu du XIVe siècle, la poudre et les armes à feu se diffusent dans le royaume. Elle a été le seul explosif pendant mille ans !

Poudre à canon, arme militaire
Pourpoint, vêtement militaire

Pourpoint : Le pourpoint apparaît au XIVe siècle, vers 1340-1350. Le pourpoint est un vêtement masculin ajusté porté sur le torse. À l’origine, il est rembourré. Il sert de vêtement militaire, porté sous l’armure pour amortir les chocs. Peu à peu, il devient un vêtement civil. Il se caractérise par une coupe près du corps, des manches ajustées, des lacets ou boutons et parfois un rembourrage au niveau de la poitrine. Au XVe siècle, il structure la silhouette masculine. On y attache les chausses grâce à des aiguillettes. Il devient un élément central du costume. Chez les nobles, il peut être richement décoré, soie, velours, broderies et couleurs vives. À la Renaissance, les vêtements deviennent plus amples. Le pourpoint se transforme progressivement en doublet, puis en justaucorps au XVIIe siècle.

Q, R

Ribaudequin : Vers 1430, le ribaudequin, appelé aussi orgue fait son apparition. Cette arme consiste en l’alignement côte à côte de plusieurs petits canons, de petit calibre comparable chacun à une couleuvrine à main et montés sur un affût mobile. La mise à feu est faite par une trainée de poudre disposée dans une gorge qui amène le feu à la lumière de chaque canon. Le tir de l’ensemble des canons est quasiment instantané. On peut comparer cette machine à l’ancêtre de la mitrailleuse. Il est beaucoup utilisé pendant la guerre de cent ans.

Ribaudequin, invention militaire

S

Salade ou sallet : La salade apparaît vers le milieu du XVe siècle, autour de 1440. Elle se développe d’abord dans les régions germaniques et italiennes avant de se diffuser largement en Europe occidentale. La salade est un casque de guerre en acier. Elle protège le crâne, la nuque et parfois le visage. Sa forme est caractéristique avec une calotte arrondie, un arrière allongé protégeant la nuque et parfois une visière ou un renfort facial. Elle remplace progressivement le bassinet à visière au XVe siècle. Son succès s’explique par son efficacité et son confort. Elle offre une bonne protection tout en permettant une meilleure mobilité de la tête. Pour les fantassins comme pour les chevaliers, c’est un compromis idéal entre sécurité et visibilité. Certaines salades sont simples et utilitaires. D’autres, destinées aux nobles, sont richement décorées, gravées ou dorées. Le casque devient alors aussi un signe de prestige. Avec l’essor des armes à feu portatives au XVIe siècle, les armures complètes perdent progressivement leur utilité. La salade disparaît peu à peu des champs de bataille.

Salade, protection militaire
Scramasaxes, arme militaire

Scramasaxe : C’est une arme spécifique, symbole du guerrier franc à l’époque mérovingienne. Le scramasaxe est une arme emblématique des peuples germaniques du haut Moyen-Age. A mi-chemin entre grand couteau et petite épée, il est devenu le symbole culturel autant qu’un outil guerrier. On l’utilise surtout entre le VIe et le IXe siècle. Il se caractérise par une lame droite, souvent à un seul tranchant, une pointe inclinée. A partir du Xe siècle, il disparaît progressivement au profit d’armes plus spécialisées puis par l’épée. Les couteaux ordinaires restent pour les usages quotidiens.

Selle arquée : Dans l’Antiquité, on monte souvent à cru ou avec de simples couvertures. Les premières selles apparaissent chez les peuples cavaliers d’Asie centrale, il y a plus de deux mille ans. La selle arquée ou encore selle à arçon, est une armature rigide de la selle. Elle est en bois et peut être renforcée de métal. Avec ces selles, le cavalier est beaucoup plus stable, le poids est mieux réparti. En 1050, le pommeau et le troussequin sont surélevés ce qui procure au chevalier une assiette stable et permet de maintenir la lance sous un bras sans risquer d’être déséquilibré. Cette innovation permet aux cavaliers de charger au grand galop avec une meilleure efficacité ce qui donne naissance à la véritable cavalerie lourde. Au XVIe siècle, avec la fin progressive des chevaliers en armure lourde, la selle évolue. Elle devient un peu plus légère, s’adapte mieux à la chasse et aux déplacements. On voit apparaître des styles de selles selon les pays et les usages. Au XIXe siècle, elles se spécialisent vraiment, selles militaires, de chasse, d’équitation de loisir, de course. La forme dépend de plus en plus de l’activité. Au XXe, on améliore les matériaux, le rembourrage et la répartition du poids.

Selle arquée, protection militaire des chevaux
Soleret, protection militaire

Soleret : Le soleret apparaît au XIVe siècle, vers 1350. Il se développe avec l’essor de l’armure de plates, lorsque la protection du corps devient de plus en plus complète. Le soleret est une pièce d’armure destinée à protéger le pied du chevalier. Il est constitué de plusieurs petites plaques d’acier articulées. Cette articulation permet au combattant de marcher, de monter à cheval et de bouger sans perdre en protection. Au XVe siècle, certains solerets sont très allongés et pointus. On parle alors de solerets « à la poulaine », en écho à la mode vestimentaire des chaussures longues et effilées. Même l’armure suit la mode. Le soleret complète l’équipement défensif. Il protège contre les coups d’épée, les éclats et les chocs lors des combats à pied ou à cheval. Avec l’évolution de la guerre au XVIe siècle et la montée en puissance des armes à feu, l’armure lourde devient moins efficace et trop coûteuse. Le soleret disparaît progressivement des champs de bataille.

Spallières : Les spallières apparaissent au XIVe siècle, vers 1350, avec le développement progressif de l’armure de plates. Les spallières sont des pièces d’armure destinées à protéger les épaules. Elles sont généralement composées de plusieurs plaques d’acier articulées. Cette articulation permet au chevalier de lever le bras, manier l’épée ou la lance, tout en conservant une protection efficace. Elles complètent l’équipement défensif. Au XVe siècle, elles deviennent plus larges et plus enveloppantes. Certaines présentent des rebords saillants destinés à dévier les coups vers l’extérieur. Les spallières sont particulièrement importantes en combat rapproché, où les coups visent souvent les zones d’articulation. Comme le reste de l’armure complète, elles perdent progressivement leur utilité lorsque les armes à feu perforent plus facilement le métal. À partir du XVIe siècle, la protection se simplifie et s’allège.

Spallières, protection militaire
Spalda, protection militaire

Spalda : La spalda apparaît au début du XIVe siècle, vers 1320–1340. Elle se développe au moment où l’armement évolue de la cotte de mailles vers les premières protections en plaques. La spalda est une pièce d’armure destinée à protéger l’épaule. Contrairement aux spallières plus tardives, la spalda est plus simple. Elle se compose généralement d’une ou plusieurs plaques de métal fixées sur l’épaule, parfois attachées à la cotte de mailles ou au pourpoint d’armes. Elle protège le haut du bras, l’articulation de l’épaule est une zone vulnérable au combat. Elle apparaît à une époque de transition. Les chevaliers portent encore la maille, mais commencent à renforcer certaines parties du corps avec des plaques métalliques. Son usage décline au XVe siècle, vers 1450, lorsqu’elle est progressivement remplacée par les spallières plus enveloppantes dans l’armure de plates complète.

Spangenhelm :  Le spangenhelm apparaît à la fin de l’Antiquité, vers le IIIe siècle après J.-C. Il se diffuse largement en Europe entre le Ve et le VIIe siècle, notamment chez les peuples germaniques. Le spangenhelm est un casque composé de plusieurs plaques de métal fixées entre elles par des bandes métalliques appelées spangen, qui forment une sorte d’armature. Sa structure est reconnaissable avec une armature en bandes métalliques, des plaques rivetées entre ces bandes, un nasal pour protéger le nez et parfois des protections de joues ou une maille protégeant la nuque. Il est utilisé par de nombreux peuples : Wisigoths, Ostrogoths, Lombards, Francs ou encore Alamans. Ce type de casque est particulièrement adapté à une époque où la métallurgie permet difficilement de forger de grandes pièces d’acier d’un seul tenant. L’assemblage en plusieurs plaques est plus simple à produire. On le retrouve souvent dans les sépultures aristocratiques du haut Moyen Âge. Il symbolise le statut guerrier et l’élite militaire. Son usage décline à partir du VIIIe siècle. Il est progressivement remplacé par des casques d’une seule pièce, comme les heaumes coniques du haut Moyen Âge.

Spangelhem, protection militaire
Spatha, arme militaire

Spatha :  C’est une épée longue utilisée à partir du IIIe siècle dans l’armée romaine, puis largement adoptée par les peuples germaniques au Ve–VIe siècle. Chez les Francs mérovingiens, elle devient l’arme noble du guerrier. La spatha est plus longue que le glaive romain. Elle permet des coups de taille plus efficaces à cheval. Chez les Francs, elle devient un symbole de statut. On la retrouve dans les tombes aristocratiques mérovingiennes, souvent richement décorée. Elle évolue progressivement vers l’épée médiévale carolingienne au VIIIe–IXe siècle. Elle ne disparaît pas brutalement, mais se transforme.

T

Tabar : Le tabar apparaît au XIIIe siècle, vers 1250. Il se développe dans le contexte de la chevalerie et des tournois. Le tabar est un vêtement ample, sans manches ou à manches larges, porté par-dessus l’armure. Il est généralement ouvert sur les côtés et décoré d’armoiries. Son rôle est double, identifier le chevalier sur le champ de bataille et afficher son lignage et son prestige. À une époque où les combattants sont entièrement couverts de métal, le tabar permet de reconnaître rapidement un allié, un seigneur ou un chef. Il est également porté par les hérauts d’armes. Chez eux, il devient un véritable uniforme, richement orné des armes du souverain qu’ils servent. Avec la fin de la chevalerie lourde au XVIe siècle, le tabar perd sa fonction militaire. Mais il reste présent dans les cérémonies, les ordres de chevalerie et certaines traditions protocolaires.

Tabar, protection militaire
Trait à poudre, arme militaire

Trait à poudre : Le trait de poudre apparaît avec le développement des armes à feu portatives en Europe, au XVe siècle, vers 1420–1450. Le trait de poudre désigne une petite charge de poudre noire préparée à l’avance, généralement enveloppée dans du papier ou contenue dans un petit étui. Il est utilisé pour charger les arquebuses, les mousquets et certaines armes d’artillerie légère. À une époque où la poudre noire est transportée en vrac dans des poires à poudre, le trait de poudre permet de mesurer à l’avance la quantité nécessaire pour un tir. Son intérêt est pratique, gain de temps au chargement, dosage plus régulier et meilleure sécurité. Le soldat déchire le papier, verse la poudre dans le canon, insère la balle, puis tasse le tout avant d’amorcer l’arme. Le trait de poudre marque une étape dans la rationalisation de la guerre à poudre. Il disparaît progressivement au XVIIe siècle, vers 1650–1700, lorsque les systèmes de cartouches préfabriquées et les armes à feu à mécanismes plus intégrés se généralisent.

Trébuchet : Le trébuchet apparaît en Occident au XIIe siècle, vers 1150–1200. Il s’inspire de modèles antérieurs venus du monde byzantin et musulman. Le trébuchet est une machine de siège destinée à lancer de lourds projectiles contre les murailles. Il fonctionne grâce à un contrepoids massif. Lorsque celui-ci chute, il libère un bras articulé qui propulse une pierre à grande distance. On distingue les trébuchets à traction, actionnés par des hommes et les trébuchets à contrepoids, plus puissants et plus précis. Le trébuchet à contrepoids peut projeter des blocs de plusieurs dizaines, voire centaines de kilos. Il est largement utilisé pendant les croisades et les grandes guerres médiévales. Certaines sources mentionnent même des projectiles peu ragoûtants, comme des carcasses d’animaux, pour contaminer ou démoraliser l’ennemi. Le trébuchet représente l’apogée de la technologie militaire médiéval. Son usage décline à la fin du XVe siècle, vers 1500, avec le développement de l’artillerie à poudre, notamment les canons.

Trébuchet, arme militaire

U, V

Ventaille, protection militaire

Ventaille : Le ventaille apparaît au XIIIe siècle, vers 1250. Il se développe avec l’évolution du casque fermé et du bassinet. Le ventaille est une pièce d’armure destinée à protéger le bas du visage. Il est généralement constitué d’une partie mobile en mailles, fixée au casque ou au bassinet. Il permet de couvrir la bouche, le menton et parfois la gorge. Son intérêt est pratique. Il protège le visage contre les coups d’épée, les éclats ou les projectiles, tout en restant relativement souple. Le ventaille peut être relevé ou abaissé selon la situation. Il apparaît à une période de transition, lorsque la cotte de mailles reste dominante mais que les protections en plaques se développent. Au XVe siècle, les casques intègrent des visières métalliques plus solides et articulées. Le ventaille en mailles devient alors moins nécessaire. Son usage décline au XVe siècle, vers 1450, lorsque les heaumes et casques à visière articulée deviennent plus perfectionnés.

Vouge : La vouge apparaît au XIVe siècle, vers 1300–1350, dans les régions germaniques et suisses. La vouge est une arme d’hast, c’est-à-dire une arme fixée au bout d’un long manche. Elle se caractérise par une large lame plate, souvent asymétrique, fixée sur un long bois et parfois munie d’un crochet ou d’une pointe secondaire. Elle est principalement utilisée par l’infanterie. Son rôle est multiple, frapper à distance, désarçonner un cavalier et accrocher ou tirer un adversaire. La vouge est particulièrement répandue chez les fantassins suisses au XVe siècle. Dans les formations compactes, elle participe à la redoutable efficacité des piquiers helvétiques. Elle appartient à la grande famille des armes d’hast médiévales, aux côtés de la hallebarde, de la pertuisane ou de la guisarme. À partir du XVIe siècle, l’évolution tactique des armées et l’essor des armes à feu réduisent progressivement l’importance de ce type d’arme.

Vouge, arme militaire

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