L'histoire des français sous la royauté

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Inventer sans le savoir. Ce qui est fascinant, c’est que personne ne se dit :« Je suis en train de faire avancer l’histoire. » Et pourtant… c’est exactement ce qui se passe. Chaque jeu inventé, chaque instrument amélioré, chaque nouvelle manière de s’amuser participe à une évolution plus large des techniques, des matériaux, des pratiques sociales et des cultures communes. Le divertissement devient un miroir de la société, mais aussi un moteur.

Entre les Mérovingiens et les Bourbons, tout change, le pouvoir, les modes, les mentalités… Mais une chose reste étonnamment stable : le besoin de s’amuser. C’est peut-être là l’une des plus grandes continuités de l’histoire humaine.

A

Anacaire ou nacaire : C’est un petit tambour hémisphérique, muni d’une peau tendue, frappé avec des baguettes. Il est surtout utilisé à des fins militaires et joué à cheval. D’origine orientale, il est ramené par les croisés au XIIe – XIIIe siècle. Les trouvères et ménestrels les utilisent.

Anacaire, invention divertissement
Araine, divertissement invention

Araine : L’araine est un instrument à vent militaire, probablement une trompette droite utilisée pour les signaux de guerre. On rencontre le terme dans les textes des XIIe – XIIIe siècle. Les spécialistes pensent qu’il s’agit d’une trompette longue et droite, en métal, cuivre ou laiton, sans pistons. Elle sert à donner les ordres de manœuvre, à signaler l’attaque ou la retraite et à marquer l’entrée d’un seigneur.

B

Bilboquet : Le bilboquet apparaît en Europe à la fin du Moyen Age puis s’impose à la Renaissance. Il se popularise sous Henri III. Nobles et enfants y jouent. Sous les Bourbons, il devient une vraie mode, on en fabrique en bois précieux, ivoire ou métal. Il est un jeu aristocratique mais aussi populaire. Il devient un symbole de l’élégance française et de l’artisanat du bois. Après la Révolution, il perd un peu de son prestige et à partir du XXe siècle, il devient surtout un jeu pour enfants.

Bilboquet, invention divertissement
Busine, invention divertissement

Busine : La busine apparaît en Europe occidentale au XIe–XIIe siècle. Le terme est attesté dans les textes médiévaux, notamment dans les chansons de geste (comme La Chanson de Roland). Elle dérive probablement des trompettes droites antiques (tuba romaine), adaptées au contexte féodal.  Elle est très utilisée du XIIe au XVe siècle, aussi bien dans les armées que lors des cérémonies ou encore dans la musique de cour. À l’époque moderne (XVIe–XVIIe siècles), elle évolue vers la trompette militaire plus standardisée.

C

Cartes à jouer : Les cartes à jouer naissent en Chine, probablement vers le IXe siècle sous la dynastie Tang. Elles sont d’abord liées aux jeux de dominos en papier, au jeu d’argent, parfois même aux premiers jeux de « famille ». Elles passent vers la Perse puis vers le monde islamique où elles prennent des formes plus proches des cartes modernes. Elles débarquent en Europe à la fin du XIVe siècle. A cette époque, elles sont souvent peintes à la main, donc chères, et très surveillées par les autorités religieuses… Au début, les cartes ont quatre enseignes selon les pays, en Allemagne (feuilles, glands, cœurs et cloches), en Espagne ou en Italie (épées, coupes, deniers et bâtons), elles sont numérotées et ont des figures. C’est en France entre le XVe et le XVIe siècles, que les enseignes carreau, cœur, pique et trèfles sont inscrites. Les Français simplifient aussi les dessins et améliorent l’impression, ce qui permet une production massive et une diffusion dans toute l’Europe. La plupart des cartes mondiales modernes descendent de ce modèle. Puis, on ajoute le roi, la dame et le valet. Au XVIe siècle, on leur donne parfois des noms mythiques, Charlemagne, César, Judith… Le joker apparaît au XIXe siècle aux États-Unis, pour le jeu d’Euchre, puis se répand dans d’autres jeux.

Carte à jouer, invention divertissement
Cembel, invention divertissement

Cembel : C’est une caisse en bois trapézoïdale, avec des cordes tendues. On joue avec des petites baguettes ou parfois pincées. L’instrument est souvent posé sur les genoux ou sur une table. Son apparition est visible au XIIe siècle et est probablement originaire d’Orient. Du XIIe au XVe siècle, il est utilisé par les troubadours et les musiciens de cour. Au XVIe siècle, il évolue vers les instruments à clavier et donne naissance au clavecin.

Chalemie : La chalemie apparaît en Europe occidentale au XIIe siècle. Elle dérive d’instruments à anche double venus du monde oriental, introduits par les échanges méditerranéens. La chalemie est un instrument à vent à anche double. Elle produit un son puissant, perçant, très sonore. Elle est principalement utilisée dans les fêtes urbaines, lors des cérémonies officielles, dans les cours princières et pour accompagner les danses. Son timbre est éclatant. Ce n’est pas un instrument d’intérieur discret. Elle est conçue pour jouer en plein air, dans les places publiques ou les grandes salles. Elle fait souvent partie des ensembles dits « hauts instruments », aux côtés des trompettes, sacquebutes et percussions. Ces instruments s’opposent aux « bas instruments », plus doux, destinés aux salons. Au XVe et XVIe siècles, la chalemie est très populaire dans les villes. Certaines municipalités emploient même des musiciens officiels, appelés ménétriers ou joueurs de hautbois primitifs. Avec l’évolution du goût musical au XVIIe siècle, la musique devient plus raffinée, plus nuancée. La chalemie, trop puissante et difficile à moduler, cède la place au hautbois, plus souple et plus expressif.

Chalemie, invention divertissement
Chalumeau, invention divertissement

Chalumeau : Le principe du chalumeau, un tube percé avec une anche simple, existe déjà dans l’Antiquité gréco-romaine, dans le monde méditerranéen et dans les civilisations du Proche-Orient. Toutefois, on ne parle pas encore de “chalumeau” au sens médiéval européen.

Le mot chalumeau apparaît dans les sources françaises médiévales à partir du XIIᵉ siècle. On le retrouve dans des textes, dans des représentations iconographiques et dans des descriptions d’instruments pastoraux. Il est alors associé aux bergers, à la musique populaire et aux fêtes villageoises. Vers 1690–1700, le facteur allemand Johann Christoph Denner améliore le chalumeau. Il ajoute une clé. Il étend la tessiture. Et donne naissance à la clarinette.

Chevrette : La chevrette est une cornemuse traditionnelle française. Son nom vient directement de la peau de chevreau utilisée pour fabriquer la poche d’air (chevrette = petite chèvre). Elle apparaît en France dès le Moyen Âge, mais son développement le plus important se situe aux XVIe et XVIIe siècles. Elle est particulièrement associée aux régions du Centre et du Poitou, et elle était jouée aussi bien dans les milieux populaires que dans certains cercles aristocratiques. À l’époque baroque, la chevrette connaît une période de raffinement : elle est utilisée dans des musiques de cour, notamment sous le règne de Louis XIV, où la musique pastorale est à la mode. La chevrette produit un son continu. Ce principe permet un son constant et stable, sans interruption due à la respiration.

Chevrette, invention divertissement
Chiffonie, divertissement invention

Chifonie : La chiffonie dérive d’un instrument plus ancien appelé l’organistrum, apparu vers le Xe siècle. Au XIIe siècle, l’organistrum est réduit en taille et devient jouable par une seule personne : c’est la chiffonie. Elle est représentée dans de nombreuses sculptures romanes, notamment dans les églises d’Espagne et de France. La chiffonie se compose d’une caisse de résonance en bois, de forme allongée ou légèrement ovale, d’une roue, de cordes, d’un clavier, de petites touches en bois. La chiffonie était utilisée dans la musique religieuse (à ses débuts), par les troubadours et trouvères et dans les fêtes populaires. Avec le temps, l’instrument évolue pour devenir la vielle à roue, qui connaîtra un nouvel essor aux XVIIe–XVIIIe siècles, notamment à la cour de Louis XV.

Choro : C’est un instrument mentionné dans un manuscrit de Saint-Blaise (IXe siècle). Il le décrit ainsi, le choro est composé d’une peau avec deux tubes d’airain, l’un des deux sert à souffler tandis que l’autre envoie le son. Il s’agit d’un proto-instrument de la famille des cornemuses.

Choro, invention divertissement
Cistre, divertissement invention

Cistre : La cistre est un instrument à cordes pincées apparu à la Renaissance. Elle appartient à la famille des instruments à manche et se situe dans la continuité de la citole médiévale.

Son apogée se situe aux XVIe et XVIIe siècles, particulièrement en Europe occidentale. Elle est composée d’un fond plat, d’une éclisse peu profonde et d’une table percée d’une rosace décorative. Elle produit un son plus éclatant que le luth, plus percussif. Elle est utilisée pour accompagner des chansons dans la musique domestique et dans certains contextes populaires.

Citole : La citole est un instrument à cordes pincées du Moyen Âge, en usage principalement aux XIIIe et XIVe siècles en Europe occidentale. Elle appartient à la famille des instruments à manche, ancêtres des guitares et des cithares. Elle se distingue du luth par sa construction monobloc et par la forme particulière de sa caisse. Souvent, elle est taillée dans une seule pièce de bois (monoxyle). Sa forme caractéristique est en amande ou avec des « épaules » marquées et des échancrures. La citole produit un son clair, brillant et relativement puissant. Elle est utilisée par les jongleurs et ménestrels, dans les milieux aristocratiques pour accompagner le chant ou la danse.

Citole, invention divertissement
Clarinette, invention divertissement

Clarinette : L’inventeur de la clarinette est généralement identifié comme Johann Christoph Denner (1655 – 1707). Il apporte deux innovations majeures. Il ajoute une clé permettant de jouer des notes aiguës claires et il améliore la perce cylindrique et l’embouchure. L’instrument produit alors un son brillant dans l’aigu, rappelant la trompette baroque appelée clarino, d’où le nom « clarinetto » puis « clarinette ». Au début, la clarinette est rare dans l’orchestre, puis elle conquiert les compositeurs. Au milieu du XVIIIe siècle, elle apparaît dans les orchestres germaniques. Dans les années 1780 – 1790, Mozart tombe amoureux de l’instrument grâce au clarinettiste Anton Stadler (1753 – 1812). Il compose le « Concerto pour clarinette » en 1791 et le « Quintette pour clarinette et cordes » en 1789. Au XIXe siècle, les améliorations portent sur plus de clefs, une meilleure justesse et une plus grande facilité d’exécution. Vers 1840, Hyacinthe Klosé (1808 – 1880) et Louis Auguste Buffet (1789 – 1864) perfectionnent le mécanisme créant le système Boehm, aujourd’hui standard dans de nombreux pays.

Clavecin : Le clavecin apparaît en Europe à la fin du XVe siècle, vers 1480-1500. Les premiers exemplaires connus viennent d’Italie. Le clavecin est un instrument à clavier dont les cordes sont pincées par un mécanisme appelé sautereau. Contrairement au piano, on ne frappe pas les cordes : on les pince. Cela produit un son clair, brillant, mais sans variation d’intensité selon la force du doigt. Il est utilisé dans les cours royales, dans les salons aristocratiques, pour accompagner le chant et pour jouer en solo. Au XVIIe siècle, il devient l’instrument central de la musique baroque. En France, sous Louis XIV et Louis XV, il est omniprésent dans les salons. Des compositeurs comme François Couperin ou Jean-Philippe Rameau écrivent spécialement pour lui. Il cède sa place, vers le XVIIIe siècle, au pianoforte qui permet de jouer plus ou moins fort selon la pression exercée sur les touches. Le goût musical évolue vers plus d’expressivité dynamique.

Clavecin, divertissement invention
Colin maillard, invention divertissement

Colin-maillard : Il existait déjà dans l’Antiquité un jeu dont le principe est « l’aveugle qui attrape ». D’autres jeux similaires sont attestés dans la Grèce ancienne et dans de nombreuses cultures populaires. Le jeu dont le nom Colin-maillard est né au XIe siècle, serait apparu, selon une légende, à la suite des exploits d’un téméraire chevalier liégeois surnommé Jean Colin-Maillard. On l’aurait appelé ainsi à cause de son habileté dans l’art du maillet durant les batailles. Atteint au visage par une flèche, qui lui ôta la vue, il s’acharna à lutter jusqu’à la mort contre les ennemis du roi Robert II le pieux. Ce souverain, en hommage à son courage, a imaginé un tournoi où l’on se bat en aveugle et avec des armes émoussées contre les étrangers. Difficile de savoir si le personnage a réellement existé, mais l’histoire est attestée dans les traditions orales et dans la littérature à partir de l’époque médiévale.

Contrebasse : La contrebasse ne naît pas comme un instrument bien défini : elle apparaît progressivement entre la Renaissance et l’époque baroque, à partir de plusieurs instruments graves, notamment les violes de gambe et le violone. Elle est donc, dès l’origine, un instrument hybride, ce qui explique ses formes et accords longtemps instables. À partir du XVIIe siècle, avec le développement de la musique baroque, elle trouve sa place grâce à la basse continue : elle sert à soutenir l’harmonie et à renforcer les sons graves dans les ensembles. Sous les Bourbons, notamment à l’époque de Jean-Baptiste Lully, elle devient indispensable dans l’orchestre, mais reste cantonnée à un rôle d’accompagnement, souvent en doublant le violoncelle. Au XVIIIe siècle, l’instrument se stabilise peu à peu : sa forme se rapproche de celle que l’on connaît aujourd’hui, son usage se généralise dans les orchestres, et sa fonction devient essentielle dans la structure musicale. Cependant, elle reste encore secondaire et peu mise en avant. À la veille de la Révolution française, la contrebasse est donc un pilier discret de l’orchestre : indispensable pour l’équilibre sonore, mais encore loin du statut d’instrument soliste qu’elle atteindra plus tard.

Cornemuse : Dans l’Antiquité, des instruments à poche d’air sont attestés, probablement dans le monde méditerranéen. Les premières mentions claires apparaissent entre le IXe et le XIe siècle en Europe occidentale. La cornemuse est un instrument à vent composé d’un réservoir d’air en peau ou en matériau souple, alimenté par la bouche ou par un soufflet. L’air est dirigé vers un tuyau mélodique percé de trous et vers un ou plusieurs bourdons produisant une note continue. Elle est utilisée pour accompagner les danses, les fêtes rurales, les cérémonies militaires ou religieuses selon les régions. Instrument emblématique de nombreuses traditions locales, elle a traversé les siècles grâce à son adaptation aux cultures régionales.

Cornemuse, invention divertissement
Crouth, invention divertissement

Crouth : Le crouth ou crwth (originaire du pays de Galles) apparaît vers le XIe siècle. Il descend d’instruments celtiques plus anciens, mais sa forme caractéristique est attestée au Moyen Âge central. Le crouth est un instrument à archet doté de six cordes dans sa forme la plus aboutie. Il se joue posé contre la poitrine. Deux cordes servent de bourdon (elles produisent un son continu), tandis que les autres permettent la mélodie. Il accompagne les chants traditionnels gallois, les danses et les cérémonies et fêtes populaires

Il est très lié à la culture celtique et au monde des bardes, ces poètes-musiciens qui transmettent l’histoire et la mémoire des peuples. Peu à peu, le violon, plus maniable et plus sonore, prend sa place dans les ensembles musicaux. Le crouth devient alors un symbole patrimonial plutôt qu’un instrument vivant.

D

Dés : Les dés sont très anciens, on en trouve des traces dès 5000 à 3000 avant Jésus-Christ. Les premiers « dés » ne sont pas encore cubiques. Ce sont de petits os, des cailloux polis, des coquillages ou des fragments sculptés. Ils servent autant à jouer qu’à prédire l’avenir. Dans les civilisations sumérienne et assyrienne, on retrouve des dés à six faces vers 2700 avant Jésus-Christ, souvent en os ou en ivoire. En Grèce et à Rome, le dé devient culturel. C’est de là que vient la fameuse phrase de César : « Alea jacta est », « le dé est jeté ». Au Moyen-Age, les dés sont omniprésents dans les tavernes, chez les soldats et dans les cours princières. Mais l’Église les critique fortement et bannit les jeux d’argent. Ce qui n’empêche pas les gens de continuer d’y jouer ! A partir du XVIe siècle, la fabrication est mieux contrôlée, les formes sont plus régulières et les dés se diffusent dans toute l’Europe. Les dés accompagnent les jeux populaires, les jeux de société aristocratiques puis les casinos (à partir du XVIIIe siècle).

Dés invention divertissement
Diapason, divertissement invention

Diapason : Le diapason est inventé en 1711 par l’anglais John Shore (1660 – 1752). Il est trompettiste et luthiste à la cour du roi d’Angleterre George 1er (1714 – 1727). Cherchant un moyen fiable pour accorder ses instruments et diriger les musiciens, il imagine une barre métallique en U qui, frappée, produit toujours la même note. Le succès est immédiat dans les milieux musicaux. Au XVIIIe siècle, le diapason devient populaire chez les musiciens professionnels. Il est utilisé par les facteurs d’instruments (notamment pour l’orgue). On en fabrique en acier trempé pour garantir une vibration stable. Cependant, la note de référence n’est pas encore universelle. Chaque région, chaque orchestre, parfois chaque ville, a son propre « la ». Il est parfois autour de 415 Hz, de 430 Hz ou encore plus haut. Le XIXe siècle voit la naissance du besoin de standardisation musicale. En 1859, une loi fixe le « la » à 435 Hz (celui de la France). Beaucoup d’orchestres jouent encore plus haut pour une sonorité brillante. Finalement en 1939 puis en 1955, une conférence internationale adopte le « la » à 440 Hz comme norme moderne, qui devient la référence mondiale.

Dominos : Le jeu de dominos serait né en Chine, probablement entre le XIIe et le XIIIe siècle. On y trouve des plaquettes rectangulaires représentant les combinaisons possibles issues du lancer de deux dés. Il n’arrive en Europe qu’au XVIIIe siècle, sans doute par les routes commerciales en provenance d’Italie. Son nom viendrait soit du mot latin « dominus » (seigneur), soit d’un capuchon noir et blanc porté par les prêtres ou pour le carnaval. La première version européenne se compose d’une série double 6 (28 pièces). Plus tard, les séries deviennent plus grandes (double 9, double 12, etc…). Il se popularise en France au XVIIIe – XIXe siècle.

Dominos, invention divertissement
Douçaine, divertissement invention

Douçaine : La douçaine apparaît au XVe siècle, à la fin du Moyen Âge. Elle se développe surtout à la Renaissance, dans les cours européennes. La douçaine est un instrument à vent à anche double, ancêtre direct du hautbois. Son nom vient de « doux », en référence à son timbre plus souple que celui des instruments plus perçants comme la bombarde. Elle est utilisée dans les fêtes de cour, dans les ensembles urbains ou pour accompagner danses et cérémonies À la Renaissance, les villes et les princes entretiennent des musiciens officiels. La douçaine fait partie de ces instruments que l’on joue en ensemble, parfois en différentes tailles, un peu comme une famille. Son son est plus rond que celui des instruments médiévaux plus rustiques, mais il reste assez puissant pour jouer en extérieur. Avec l’évolution de la musique au XVIIe siècle, notamment en France sous les Bourbons, les instruments se perfectionnent. Le hautbois moderne s’impose peu à peu. La douçaine devient alors un maillon essentiel de l’histoire des instruments à vent, mais disparaît des orchestres.

Dulcimer : Le dulcimer apparaît en Europe vers le XVe siècle. Il est probablement issu d’instruments plus anciens venus du Proche-Orient, introduits progressivement en Occident. Le dulcimer est un instrument à cordes tendues sur une caisse plate, souvent de forme trapézoïdale. Il existe deux grandes variantes, le dulcimer frappé, joué avec de petites baguettes et le dulcimer à cordes pincées, joué avec les doigts ou un plectre. Au Moyen Âge et à la Renaissance, il est utilisé dans les milieux populaires, lors des fêtes et dans certaines cours princières. Son son est clair, vibrant, presque cristallin. Le dulcimer frappé permet de produire un rythme énergique. Il est particulièrement adapté aux musiques de danse. Au fil du temps, il évolue. Il ne disparaît pas. Il est utilisé du XVe siècle jusqu’à aujourd’hui, notamment dans les traditions musicales populaires d’Europe centrale, des îles Britanniques et d’Amérique du Nord.

Dulcimer, invention divertissement

E

Échec, invention divertissement

Échecs : A l’origine, les échecs viennent de l’Inde (vers le VIe siècle). On les nomme « chaturanga » (les quatre corps de l’armée). Ils se composent d’infanterie (les pions), de cavalerie (les cavaliers), d’éléphants (futurs fous) et de chars (futures tours). Le roi (rajah) et son conseiller complétaient l’ensemble. Les échecs arrivent en Perse et deviennent « shatranj ». On y fixe un plateau de huit cases par huit. Les règles sont proches de celles d’aujourd’hui. La victoire se symbolise par échec et mat (« shah mat », le roi est vaincu). Le jeu poursuit son périple et passe par Bagdad, Damas et Cordoue. On y rédige les premiers traités stratégiques. Il arrive en Europe au VIIIe siècle par l’Espagne musulmane, la Sicile et les croisades. Les échecs deviennent un jeu d’aristocrates et de cours royales. Ils s’enrichissent d’une symbolique sociale et morale (jeu de chevalerie, jeu de raison). La grande métamorphose se passe à la fin du XVe siècle. Les échecs deviennent un jeu moderne. La dame devient la pièce la plus puissante, le fou gagne sa longue diagonale, on introduit le roque (coup spécial du jeu qui permet de mettre le roi en sécurité et de développer la tour en même temps). Le jeu devient plus rapide et plus dynamique. Les premiers grands tournois d’échec apparaissent au XIXe siècle. En 1851 est créé le premier grand tournoi international à Londres. Des clubs de jeu d’échecs ouvrent.

Épinette : L’épinette apparaît au XVe siècle. Il existe deux grandes familles. L’épinette à clavier, proche du clavecin est utilisée dans les salons aristocratiques pour accompagner le chant et pour l’apprentissage de la musique. Son format réduit la rend plus accessible que le grand clavecin. L’épinette à cordes pincées ou frappées, parfois appelée épinette des Vosges dans ses formes populaires plus tardives, elle décline au XVIIIe siècle, remplacée progressivement par le clavecin puis le pianoforte.

Épinette, invention divertissement

F

Football : Les jeux de balle au pied existent depuis l’Antiquité. En Chine au IIIe siècle avant Jésus-Christ, on l’appelle le « Cuju ». C’est un exercice militaire qui consiste à pousser une balle dans un filet sans les mains. En Grèce et à Rome, c’est « l’Episkyros / le Harpastum ». C’est un jeu collectif violent avec contact. Au Moyen-Age, en Europe, c’est la soule (ou choule ou sioule). Ce jeu consiste à apporter un objet (parfois un animal vivant) au-delà d’un but fixé, tous les coups (sauf en principe les coups de couteau) sont tolérés. Ces jeux sont aussi bien les ancêtres du football que du rugby. Le football tel qu’on le connaît, naît au XIXe siècle au Royaume-Uni avec la révolution industrielle et les écoles publiques anglaises. En 1848, Cambridge Rules définit les premières règles consensuelles entre les écoles. En 1857, Sheffield FC, le premier club de football du monde est créé. En 1863, c’est l’apparition de la Football Association (FA) à Londres. Elle rédige les Laws of the Game et surtout c’est la séparation définitive entre le football et le rugby. Les principes établis sont l’interdiction d’utiliser les mains (sauf le gardien), le but devient rectangulaire, on établit le hors-jeu, le nombre d’équipes et le temps est structuré. Ce sport s’exporte rapidement grâce entre-autre aux marins britanniques, aux ingénieurs et commerçants anglais. Des clubs s’invitent dans les ports et dans les grandes villes. A la fin du XIXe siècle, le football s’implante en Europe, en Amérique et en Afrique. En 1904, c’est la création de la FIFA à Paris et en 1908 le football fait parti des Jeux Olympiques.

Fretel : Le fretel apparaît au Moyen Âge, probablement dès le XIIe siècle. Il est attesté dans les sources des XIIIe et XIVe siècles. Le fretel est un petit instrument sonore composé de clochettes ou de grelots fixés ensemble et probablement tenu par une cordelette. Il produit un son clair et tintant. On l’utilise pour accompagner la musique, pour rythmer des danses dans certaines cérémonies et parfois dans des contextes festifs ou populaires Le fretel ne joue pas de mélodie. Il apporte un effet sonore, un rythme, une couleur. Dans les sociétés médiévales, le son a une grande importance. Il marque les fêtes, les processions, les entrées solennelles. Les clochettes attirent l’attention, signalent un mouvement ou créent une ambiance. Le fretel peut aussi être associé à certains costumes, notamment dans des contextes de divertissement ou de spectacle. Il décline à partir du XVIe siècle, avec l’évolution des pratiques musicales et des instruments. Il disparaît progressivement comme instrument à part entière à l’époque moderne, même si les grelots et clochettes restent utilisés dans d’autres contextes. Le fretel devient secondaire, puis disparaît en tant qu’instrument identifié.

Fretel, invention divertissement

G

Graisle, divertissement invention

Graisle : Le graisle est mentionné dans les sources médiévales des XIIe et XIIIe siècles. Le graisle est un instrument à vent, proche de la trompe ou du cor. Il est utilisé principalement pour transmettre des signaux sonores, notamment en contexte militaire. Son rôle est essentiel sur le champ de bataille pour annoncer l’attaque, donner un signal de rassemblement et coordonner les mouvements. Le son du graisle est puissant et perçant. Dans le tumulte d’un combat, la voix humaine ne suffit pas. Le son devient un outil stratégique. Il décline à partir du XVe siècle, lorsque les instruments militaires évoluent et que les armées se structurent différemment. Il disparaît progressivement à la Renaissance.

Guitare : Les ancêtres de la guitare sont des instruments à cordes pincées. Les premières guitares (kettarah en assyrien, kithara en grec, cithare à Rome) n’ont pas de manche. Plus tard, vers les XIe ou XIIe siècles, elles sont deux, une à dos bombé, la guitare mauresque, apparentée à la mandore, et la guitare latine, à dos plat. C’est cette dernière appelée aussi guiterne à la fin du Moyen-Age qui a donné l’instrument moderne à six cordes. C’est surtout en Espagne, entre la fin du Moyen-Age et la Renaissance, que se forment les premières « guitares » reconnaissables. A partir du XVIIe siècle, apparaît la guitare baroque. Elle a cinq chœurs (cordes doublées). Elle devient un instrument de cour, apprécié pour accompagner chants et danses. Une littérature musicale spécifique se développe. Au XIXe siècle, c’est la naissance de la guitare moderne. Le luthier espagnols, Antonio de Torres (1817 – 1892) la transforme. La caisse est plus large, la table d’harmonie est améliorée et le manche devient plus solide. La corde adopte sa forme à six cordes simples, accordée E-A-D-G-B-E. Elle gagne son statut d’instrument de concert, notamment avec Francisco Tárrega (1852 – 1909). Au XXe siècle, plusieurs variétés de guitare sont représentées, la guitare classique, la guitare folk et acoustique, la guitare électrique.

Guitare, divertissement invention
Guiterne, divertissement invention

Guiterne : La guiterne apparaît en Europe occidentale au XIIIe siècle. La guiterne est un instrument à cordes pincées. Elle possède une petite caisse de résonance, un manche court et généralement 3 ou 4 cordes (puis davantage avec le temps). On la joue avec un plectre, c’est-à-dire un petit morceau de bois, d’os ou de plume servant à pincer les cordes. Elle est utilisée par les ménestrels, les troubadours, les musiciens de cour et parfois des amateurs dans les milieux urbains. Elle accompagne le chant, les récits épiques, les chansons d’amour courtois. Son timbre est clair et rythmé, idéal pour accompagner la poésie chantée. À partir du XVe siècle, le luth gagne en popularité. Plus complexe, plus riche musicalement, il finit par supplanter la guiterne.

H

Hautbois : Le hautbois apparaît au XVIIe siècle, vers 1650–1660, en France. Il est mis au point à la cour de Louis XIV par des facteurs d’instruments et des musiciens comme Jean Hotteterre. Le hautbois est un instrument à vent à anche double. Il succède à la chalemie, dont il adoucit le son et améliore la précision. Contrairement à la chalemie, le hautbois est conçu pour jouer en intérieur, s’intégrer à l’orchestre, produire des nuances plus fines et permettre une plus grande expressivité. Sous Louis XIV, il devient un instrument central des musiques de cour et des ballets. Il entre rapidement dans l’orchestre naissant. Au XVIIIe siècle, il tient un rôle important dans les œuvres de compositeurs baroques et classiques. Son timbre est clair, légèrement nasillard mais très expressif. Il peut être pastoral, mélancolique ou solennel. Au fil des siècles, sa facture évolue. Le hautbois moderne du XIXe siècle est plus puissant et plus stable que son ancêtre baroque.

Hautbois, divertissement invention

I, J

Jeu de mail, divertissement invention

Jeu de mail : Ce jeu apparait dès le XVIIe siècle. Il dérive de la soule. La règle est simple, une balle est frappée avec un maillet et est tirée d’un endroit à un autre. Il est l’ancêtre du croquet et du golf.

Jeu de paume : Dès le XIVe siècle, le jeu de paume apparaît. Il est d’abord joué à main nue, puis avec des gants, battoirs et enfin des raquettes. Il est très populaire chez les nobles et les bourgeois. Jeu de balle urbain, il est joué contre les murs, les règles changent en fonction du lieu, des espaces lui sont dédiés (cours, rues). Le jeu quitte les champs pour entrer dans les villes. A la Renaissance, c’est l’âge d’or du jeu de paume. Il devient le sport des rois de France. Il existe plusieurs variantes, la paume longue (en extérieur), la paume courte (en salle). La France compte alors des milliers de salles de jeu de paume. Sous les Bourbons, le jeu de paume se codifie davantage. Il donne naissance au tennis moderne.

Jeu de paume, divertissement invention

K, L

Luth, divertissement invention

Luth : Le luth apparaît en Europe occidentale au XIIIe siècle. Il est issu du oud arabe, introduit en Europe par les contacts avec le monde musulman, notamment en Espagne et en Méditerranée. Le luth est un instrument à cordes pincées. Il se reconnaît à sa caisse bombée en forme de poire, son manche court, sa rosace décorée et ses cordes multiples groupées en chœurs. Au Moyen Âge, il accompagne le chant des troubadours, des ménestrels et des musiciens de cour. À la Renaissance, il devient l’instrument noble par excellence. On compose pour lui. On joue en solo. Il entre dans les salons aristocratiques. Au XVIIe siècle, il devient extrêmement sophistiqué, avec parfois plus de dix chœurs de cordes. Son usage décline au XVIIIe siècle, supplanté progressivement par le clavecin, puis par le pianoforte et la guitare moderne.

M

Manche des tournois : La coutume des manches offertes apparaît au XIIe siècle, dans le contexte de l’essor des tournois et de l’amour courtois. La « manche » n’est pas une protection d’armure. Il s’agit d’une manche détachable ou d’un morceau d’étoffe offert par une dame à un chevalier. Avant le tournoi, une dame peut donner sa manche en signe de faveur ; en marque d’admiration dans le cadre de l’amour courtois. Le chevalier l’attache à son heaume, à sa lance ou à son bras. C’est un geste symbolique. Il signifie loyauté, dévouement, engagement à combattre avec bravoure. Dans la culture courtoise, le chevalier combat « pour sa dame ». La manche devient un emblème affectif et public. La pratique décline au XVe siècle, lorsque les tournois deviennent plus codifiés et davantage cérémoniels.

Manche dans les tournois, divertissement invention
Marionnettes, divertissement invention

Marionnettes : Les marionnettes existent dès l’Antiquité. En Europe médiévale, leur usage est attesté à partir du XIIe siècle. Au Moyen Âge, les marionnettes sont utilisées dans les foires, les places publiques et parfois dans un cadre religieux. On distingue principalement les marionnettes à fils et les marionnettes à gaines. Elles servent à divertir, raconter des histoires, transmettre des récits religieux et caricaturer la société. Dans certaines fêtes, elles mettent en scène des épisodes bibliques, dans d’autres contextes, elles tournent en dérision les puissants. Les montreurs de marionnettes voyagent de ville en ville. Le spectacle est simple, mais efficace. À la fin du Moyen Âge, les spectacles se structurent davantage. Elles ne disparaissent pas. Leur usage se poursuit du Moyen Âge jusqu’à aujourd’hui, avec des formes et des fonctions différentes selon les époques.

Moinel : Le moinel apparaît dans les sources médiévales au XIIIe siècle. Le moinel est un instrument populaire. Le terme désigne probablement un petit instrument à vent, souvent associé à un tambour. Il pourrait s’agir d’une flûte à une main accompagnée d’un petit tambour frappé de l’autre. Ce type d’instrument permet à un seul musicien de produire une mélodie, un rythme. Il est utilisé dans les fêtes villageoises, lors des danses, dans les cortèges ou dans les foires. Contrairement au luth, instrument de cour, le moinel appartient plutôt au monde populaire. Son usage reflète une musique vivante, festive, liée au quotidien. Il est attesté jusqu’au XVe siècle. Ensuite, l’instrument évolue ou change de nom selon les régions, notamment vers des formes proches du galoubet et du tambourin.

Moinel, divertissement invention
Monocorde, divertissement invention

Monocorde : Le monocorde, bien qu’il soit connu dès l’Antiquité grecque au VIe siècle avant Jésus-Christ, semble être largement utilisé à partir du IXe siècle dans les écoles monastiques. Le monocorde est un instrument très simple. Il se compose d’une caisse de résonance, d’une seule corde et d’un chevalet mobile. On déplace le chevalet pour modifier la longueur vibrante de la corde. Il sert à comprendre les rapports mathématiques des sons en divisant la corde en deux, on obtient l’octave. Au Moyen Âge, le monocorde est surtout un instrument d’étude. Il est utilisé dans les monastères, dans les écoles cathédrales et pour enseigner le chant liturgique. Il n’est pas destiné au spectacle, mais à la théorie musicale. Il joue un rôle central dans la transmission du savoir musical médiéval, notamment dans le cadre du quadrivium, où la musique est une science des nombres. Il ne disparaît pas réellement. Son usage pédagogique décline progressivement à partir du XVIIe siècle, avec le développement d’instruments à clavier plus complexes et d’une théorie musicale renouvelée.

N

Nacaire : Le nacaire apparaît en Europe occidentale au XIIe siècle. Il est introduit par les contacts avec le monde oriental, notamment lors des croisades. Le nacaire est un petit tambour hémisphérique, souvent joué par paire. Il est composé d’une coque en métal ou en bois, d’une membrane tendue et de baguettes pour frapper. Il produit un son puissant et rythmé. Il donne le signal en bataille, rythme les déplacements militaires, impressionne l’adversaire et accompagne les cérémonies. Il est souvent associé aux trompettes dans les armées. Au XIIIe et XIVe siècle, les cours princières l’utilisent aussi lors des entrées solennelles et des fêtes. Son origine orientale lui donne une aura prestigieuse. Il symbolise la puissance et l’autorité. À partir de la Renaissance (XVe siècle), l’instrument s’agrandit et se perfectionne. Il devient la timbale que l’on connaît dans les orchestres.

Nacaire, divertissement invention
Notes de musique, divertissement invention

Notes de musique : Pendant des millénaires, la musique est transmise oralement. Dans l’Antiquité grecque et romaine, il existe bien des tentatives de notation (lettres, signes) mais elles restent limitées et réservées à des spécialistes. Le véritable tournant se produit entre le IX et le XIe siècle avec le chant religieux chrétien. Les moines inventent de petits signes au-dessus des textes latins, les neumes. Ils indiquent la direction de la mélodie (monter, descendre) mais encore les hauteurs exactes. Pour plus de précision, on ajoute ensuite une ligne, puis deux et enfin quatre. Chaque ligne a une hauteur précise. C’est l’ancêtre de la portée musicale. L’un des grands artisans de cette avancée est Guido d’Arezzo (992 – 1033), moine. Il met en place un système de lignes fixes, une méthode pédagogique et surtout les noms des notes. Il reprend les premières syllabes d’un hymne latin à Saint Jean. Ut queant laxis, Resonare fibris, Mira gestorum, Famuli tuorum…Chaque début de vers monte d’une note, ce qui donne : ut – re – mi – fa – sol – la. Plus tard, ut devient do, plus facile à prononcer, et encore plus tard on ajoute si (issue de Sancte Iohannes). Entre le Moyen-Age et la Renaissance, les notes deviennent progressivement plus rondes, mieux définies et capables d’indiquer hauteur et durée. On invente alors les différentes formes de notes (ronde, blanche, noire), les clefs, la mesure et la pulsation. La musique peut désormais être transmise avec précision, ce qui permet de développer la polyphonie, de composer des œuvres complexes et de les jouer partout en Europe. A partir du XVIIe siècle, la portée passe définitivement à cinq lignes, les altérations (♯, ♭, ♮) se fixent, la notation rythmique se standardise et les compositeurs utilisent la même écriture de partout. C’est presque exactement celle que nous utilisons encore aujourd’hui.

O

Olifant : L’olifant apparaît en Europe occidentale vers le XIe siècle. Il est souvent fabriqué à partir d’ivoire d’éléphant importé d’Afrique ou d’Orient. Il est creusé et percé pour produire un son puissant. Il est utilisé pour la chasse, pour transmettre des signaux militaires et comme symbole de prestige. Dans la littérature médiévale, l’olifant est célèbre grâce à la Chanson de Roland. Roland sonne son olifant pour appeler Charlemagne à l’aide lors de la bataille de Roncevaux. Mais au-delà de la légende, l’objet est réel. Il sert à rassembler des troupes, signaler un danger et coordonner une chasse. Certains olifants sont richement sculptés. Ils deviennent des objets de prestige conservés dans les trésors d’églises ou de princes. Son usage décline au XIVe siècle, remplacé progressivement par d’autres instruments de signal comme la trompe ou les cors métalliques.

Olifant, divertissement invention
Opéra, divertissement invention

Opéra : L’opéra naît à la fin du XVIe siècle en Italie. Autour de 1600, à Florence, des humanistes et musiciens (la Camerata florentine) rêvent de recréer le théâtre musical de la Grèce antique. Ils imaginent un art où l’on raconte une histoire entièrement chantée. Les premières œuvres sont « Dafne », créé en 1598, de Jacopo Peri (1561 – 1633) puis surtout « L’Orféo » en 1607 de Claudio Monteverdi (1567 – 1643). Au XVIIe siècle, l‘opéra devient un spectacle prestigieux et public. A Venise, s’ouvrent les premiers théâtres d’opéra payants. Sous Louis XIV, la France invente son propre style avec Jean-Baptiste Lully (1632 – 1687) qui crée la « tragédie lyrique ». Au XVIIIe siècle, Jean-Philippe Rameau (1683 – 1764) apporte richesse harmonique et puissance dramatique. L’opéra devient un symbole de pouvoir, de prestige mais aussi un lieu de débats esthétiques. Au XVIIIe siècle, l’opéra se diffuse partout. Au XIXe siècle, le romantisme transforme l’opéra en plus d’émotions, de spectacles, d’orchestres puissants. Au XXe siècle, l’opéra s’adapte au monde moderne avec de nouvelles harmonies, des influences populaires et jazz.

Organistrum : L’organistrum était un grand instrument nécessitant deux musiciens, l’un tourne la manivelle pendant que l’autre actionne les touches. Au XIIe siècle, l’instrument est réduit en taille et devient jouable par une seule personne : c’est la chiffonie.

Organistrum, divertissement invention
Orgue, divertissement invention

Orgue : L’ancêtre de l’orgue apparaît au IIIe siècle avant Jésus-Christ en Grèce, c’est l’hydraule. Inventé par Ctésibios d’Alexandrie (vers 284 avant Jésus-Christ – vers 221 avant Jésus-Christ), il fonctionne non pas avec de l’air comprimé par soufflets, mais avec de l’eau qui stabilise la pression de l’air. Il est utilisé dans les fêtes publiques, les jeux, parfois les cérémonies officielles. Les Romains l’adoptent ensuite dans les amphithéâtres. Après l’Antiquité, il disparaît presque d’Occident. Entre le VIIIe et le XIe siècle, l’orgue revient en Europe chrétienne. Il est très rudimentaire, bruyant et difficile à jouer. Peu à peu, il prend place dans les églises et les cathédrales. A partir du XIIe siècle, l’orgue devient véritablement un instrument liturgique associé à la prière, aux processions et aux grandes fêtes. C’est aussi l’époque où apparaissent les premiers claviers, les tuyaux organisés en jeux et les soufflets actionnés à la main. A partir du XVIe siècle, l’orgue atteint une splendeur incroyable. Sur le plan technique, c’est la multiplication des jeux (types de sonorités), l’ajout de plusieurs claviers, l’apparition du pédalier et l’amélioration des mécanismes. Sur le plan musical, c’est l’époque des grands organistes et compositeurs. L’orgue devient à la fois un instrument de prière et de virtuosité. A partir du XIXe siècle, l’orgue évolue avec des matériaux nouveaux, une mécanique plus moderne et l’arrivée de la transmission pneumatique puis électrique. Aristide Cavaillé-Coll (1811 – 1899) transforme l’orgue avec des sonorités plus larges, plus orchestrales. Les orgues deviennent monumentaux. Aujourd’hui, l’orgue vit encore dans les églises, dans les salles de concert, dans la musique contemporaine et parfois au cinéma.

P

Peinture à l’huile : Des recherches ont montré que des formes d’huile comme liant existaient déjà en Asie centrale au VIIIe – IXe siècle. Toutefois, ces usages étaient rares et expérimentaux. Au Moyen-Age, la technique dominante est la tempura (pigments et œuf). L’huile est connue mais jugée trop lente à sécher et difficile à maîtriser. Elle sert parfois pour des couches protectrices ou des retouches mais pas encore comme technique principale. La véritable percée de la peinture à l’huile est due au peintre flamand Jan van Eyck (1390 – 1441). Il aurait mis au point vers 1410 un mélange stable de pigments broyés dans l’huile siccative. Il popularise la superposition de fines couches transparentes (glacis). Les couleurs sont éclatantes et les détails incroyablement précis. La technique se diffuse très vite en Europe durant la Renaissance. Léonard de Vinci (1452 – 1519), le Titien (vers 1488, 1490 – 1576), Raphaël (1483 – 1520), Giorgione (1477 – 1510) adoptent l’huile. Elle permet des effets d’ombre et de lumière (clair-obscur), de modeler le corps humain. L’huile devient la technique reine de la Renaissance. A partir de ce moment, de nombreux peintres continuent de peindre à l’huile faisant évoluer cet art.

Peinture à l'huile, divertissement invention
Pétanque, divertissement invention

Pétanque : Dans l’Antiquité, les Grecs puis les Romains jouent avec des boules de pierre ou de métal. Au Moyen-Age, ces jeux continuent d’évoluer en Europe, notamment en Provence, où naît plus tard le jeu provençal, aussi appelé « la longue ». L’ancêtre direct, c’est donc le jeu provençal. On lance les boules après avoir pris trois pas d’élan. Le jeu demande mobilité, endurance et précision. Mais tout va changer au début du XXe siècle. L’invention de la pétanque comme on la connaît arrive en 1907. A la Ciotat, un joueur passionné, Jules Lenoir, souffre de rhumatismes et ne peut plus faire l’élan nécessaire au jeu provençal. Son ami Ernest Pitiot, propriétaire du café « La Boule Étoilée », adapte les règles pour lui permettre de jouer. On reste les pieds « plantés » sur place, dans un cercle tracé au sol et on joue à environ six à dix mètres. Les joueurs disent « On joue pieds tanqués », ce qui donne « pétanque ».

Pianoforte : Le pianoforte apparaît au tout début du XVIIIe siècle, vers 1700. Il est inventé en Italie par Bartolomeo Cristofori. Le pianoforte est un instrument à clavier dont les cordes sont frappées par des marteaux. Contrairement au clavecin, il permet de jouer plus ou moins fort selon la pression exercée sur la touche, d’où son nom : piano (doux) et forte (fort). Il offre une grande nouveauté des nuances dynamiques, une expressivité accrue, un contrôle plus fin du son. Au XVIIIe siècle, il séduit les compositeurs, comme Mozart et Haydn qui écrivent pour lui. Beethoven l’utilise et pousse ses possibilités expressives. Le pianoforte devient l’instrument des salons, puis des salles de concert. Il se transforme progressivement en piano moderne vers le XIXe siècle.

Pianoforte, divertissement invention
Psaltérion, divertissement invention

Psaltérion : Le psaltérion apparaît en Europe occidentale vers le XIIe siècle. Il est mentionné dans les sources médiévales et représenté dans les enluminures à partir de cette période. Le psaltérion est un instrument à cordes pincées. Il se présente sous différentes formes triangulaire, trapézoïdale et parfois en aile d’oiseau. Les cordes sont tendues sur une caisse plate en bois. On peut le jouer avec les doigts, avec un plectre et parfois avec de petites baguettes. Il est utilisé dans les cours princières, dans les milieux religieux, par des musiciens itinérants. Son son est clair, cristallin. Son usage décline au XVIe siècle, remplacé progressivement par d’autres instruments à cordes comme le clavecin, l’épinette et le dulcimer.

Puzzle : En 1760, l’Anglais John Spilsbury (1739 – 1769) colle une carte du monde sur une planche de bois puis la découpe le long des frontières. Son but est d’aider les enfants à apprendre la géographie en leur faisant reconstituer les pays et les continents. Le puzzle est né, et est appelé (dissected maps, cartes découpées). Au XIXe siècle, le puzzle se répand en Europe. Il représente des cartes, des scènes morales, des scènes religieuses. Peu à peu, il devient aussi un objet de loisirs familiaux, surtout pour les classes aisées. A la fin du XIXe siècle, la découpe devient mécanique, la diffusion est massive les puzzles sont en carton. Avec le temps, les puzzles deviennent artistiques, publicitaires et conviennent à tous les âges.

Puzzle, divertissement invention

Q, R

Rote, divertissement invention

Rote ou cithare : La rote, aussi appelée cithare médiévale, apparaît en Occident dès le haut Moyen Âge, autour du Ve siècle. Elle est héritière d’instruments antiques, notamment germaniques et gréco-romains. La rote est un instrument à cordes pincées ou parfois frottées. Elle possède une caisse en bois et plusieurs cordes tendues parallèlement. On la retrouve surtout entre les IXe et le XIIIe siècle. Elle accompagne les chants religieux, les récits des troubadours et trouvères et les poésies chantées dans les cours seigneuriales. Elle sert autant à accompagner la voix qu’à jouer des pièces instrumentales simples. Dans les manuscrits médiévaux, on la voit souvent entre les mains de musiciens, parfois même du roi David, ce qui lui donne une forte dimension symbolique. Elle évoque l’harmonie, la spiritualité et l’art poétique. Instrument à la fois savant et populaire, la rote fait partie du paysage sonore médiéval avant d’être peu à peu éclipsée par des instruments plus techniques et plus puissants. Son usage décline progressivement à partir du XIVe siècle. Elle disparaît presque totalement au XVe siècle, remplacée par d’autres instruments à cordes comme le luth ou la vièle.

Rubebe : La rubebe apparaît en Europe occidentale au XIIe siècle. Elle est issue du rebab arabe, introduit en Occident par les contacts avec le monde musulman, notamment en Espagne et lors des croisades. La rubebe est un instrument à cordes frottées à l’archet. Elle possède généralement deux ou trois cordes et une petite caisse de résonance, souvent en forme de poire. Elle est utilisée pour accompagner les chants dans les cours seigneuriales par les musiciens itinérants et parfois dans la musique religieuse. Son timbre est fin, nasal, assez pénétrant. Elle convient bien aux espaces fermés des salles médiévales. La rubebe témoigne d’un métissage culturel. Elle illustre l’influence du monde arabe sur la musique médiévale européenne. C’est un bel exemple de circulation des savoirs au Moyen Âge. À partir du XVe siècle, les instruments deviennent plus puissants et plus techniques. La rubebe disparaît peu à peu, laissant place à des formes plus évoluées.

Rubebe, divertissement invention

Rugby : Le départ est le même que pour le football, c’est-à-dire qu’il naît de la soule. Le rugby moderne naît vraiment en Angleterre au XIXe siècle. La légende raconte qu’en 1823, un élève nommé William Web Ellis (1806 – 1872), lors d’un match de football scolaire, aurait « pris le ballon dans ses mains et couru avec ». Ce geste aurait donné naissance au rugby. Cet épisode est devenu mythique mais aucun document contemporain ne le prouve. Au début du XIXe siècle, chaque grande école anglaise a son propre jeu de balle. Puis deux grandes familles apparaissent, les jeux avec des mains (futur rugby) et les jeux sans les mains (futur football). Dans les années 1850 – 1860, on cherche à uniformiser les règles en Angleterre, en 1863, c’est la création de la Football Association et en 1871, celle de la Rugby Football Union. A partir de là, le rugby évolue selon ses propres règles, plaquages, mêlées, passes en arrière, esprit de contact. Puis, le sport se popularise.

S

Saquebute, divertissement invention

Saquebute : La saquebute apparaît au XVe siècle, vers 1450. Elle se développe à partir des trompettes médiévales, avec l’invention d’un système de coulisse mobile. La saquebute est un instrument à vent de la famille des cuivres. Elle fonctionne grâce à une coulisse que le musicien avance ou recule pour modifier la hauteur du son. Son nom vient de l’ancien français saquer, tirer, bouter, pousser. Elle est très utilisée entre le XVe et le XVIIe siècle, aussi bien dans la musique religieuse, dans les cérémonies royales, lors des fêtes urbaines et dans les ensembles instrumentaux de cour. Contrairement à la trompette médiévale, la saquebute permet de jouer des notes précises et variées. Elle peut s’intégrer à des ensembles polyphoniques et accompagner les voix. Son timbre est plus doux que celui du trombone moderne. Il se marie bien avec les chœurs, notamment dans les églises à l’acoustique ample. À partir du XVIIIe siècle, l’évolution des orchestres et des techniques de fabrication donne naissance au trombone moderne. La saquebute disparaît progressivement, avant de renaître aujourd’hui dans les ensembles spécialisés en musique ancienne.

Serpent : Le serpent apparaît à la fin du XVIe siècle, vers 1590, en France. Il aurait été inventé par le chanoine Edmé Guillaume à Auxerre pour soutenir le chant liturgique. Le serpent est un instrument à vent en bois, recouvert de cuir, appartenant à la famille des cuivres par son embouchure mais fabriqué comme un instrument en bois. Il doit son nom à sa forme sinueuse, repliée en plusieurs courbes. Il est principalement utilisé dans les églises pour soutenir les chœurs, dans les chapelles royales, dans les musiques militaires à partir du XVIIIe siècle et dans certains orchestres au début du XIXe siècle. Sa fonction première est d’appuyer les voix graves du plain-chant. Il permet de donner de la puissance et de la stabilité aux ensembles vocaux dans les grandes églises. Son timbre est profond, parfois un peu rugueux. Il demande une grande maîtrise, car l’intonation est délicate. Au XIXe siècle, l’évolution de la facture instrumentale change la donne. Les instruments à pistons offrent une justesse plus fiable et une projection plus puissante. Le serpent disparaît progressivement, avant d’être redécouvert aujourd’hui par les ensembles de musique ancienne.

Serpent, divertissement invention
Ski, invention divertissement

Ski : Les plus anciennes traces remontent à plus de cinq milles ans. Des fragments de skis ont été retrouvés en Scandinavie, notamment en Norvège et en Suède. D’autres découvertes proviennent de Sibérie et de Russie. Des peintures rupestres montrent déjà des silhouettes glissant sur des planches. Le ski sert à chasser, se déplacer et survivre dans la neige profonde. Pendant des siècles, le ski reste un moyen de locomotion courant en Scandinavie. Il est aussi utilisé par les armées nordiques. On parle du ski comme de « la chaussure du Nord ». Vers 1850, en Norvège, apparaissent les premières compétitions. Sondre Norheim (1825 – 1897), un Norvégien, améliore la technique et l’équipement. Il invente la fixation moderne. En 1868, la première grande compétition est organisée. Le matériel a également évolué, du ski en bois, on passe à celui en métal pour terminer par le ski composite et fibres moderne. A la fin du XIXe siècle, le ski gagne la Suisse, l’Autriche, la France et l’Italie. Les premières écoles apparaissent. Dès 1924, le ski se démocratise et se diversifie (ski alpin, ski de fond, saut à ski et plus tard freestyle et snowboard).

Soule : Les sources sont rares mais on sait que le jeu de balles a toujours été attesté. Dès les mérovingiens, la soule, soulte ou choule est un jeu très populaire. Joué avec une grosse balle dure, deux villages ou quartiers s’affrontent. Les règles sont inexistantes et les contacts nombreux. Ces jeux sont liés aux fêtes et aux rites saisonniers. Durant le haut et le bas Moyen-Age, la soule se joue à la main ou au pied, parfois avec un bâton. A la fin du Moyen-Age, les jeux se diversifient, avec l’apparition du jeu de paume. La soule continue à être pratiquée dans les campagnes bien qu’elle soit souvent interdite pour violences et désordre.

Football, divertissement invention

T

Théâtre divertissement invention

Théâtre : Le théâtre ne naît pas comme un simple divertissement, mais comme une pratique religieuse dans la Grèce antique, au VIe siècle av. J.-C., lors des fêtes en l’honneur de Dionysos. C’est à ce moment qu’apparaît une innovation essentielle : un acteur se détache du chœur, créant le dialogue — on peut alors parler de théâtre au sens strict. Des auteurs comme Eschyle, Sophocle et Euripide structurent cet art.

À Rome, le théâtre devient davantage un divertissement populaire, souvent comique, avec des auteurs comme Plaute. Après la chute de l’Empire romain, il disparaît presque en Occident avant de renaître au Moyen Âge sous forme religieuse, puis comique.

À la Renaissance, le théâtre se transforme profondément : il devient un art organisé, joué par des professionnels, avec des lieux dédiés. Enfin, sous les Bourbons, notamment sous Louis XIV, il connaît son apogée en France avec des auteurs comme Molière, Racine et Corneille. Le théâtre devient alors à la fois un divertissement, un outil politique et un miroir de la société.

Théorbe : Le théorbe apparaît à la fin du XVIe siècle, vers 1580–1590, en Italie. Il est conçu pour répondre aux besoins de la musique nouvelle de la Renaissance tardive, notamment l’accompagnement du chant. Le théorbe est un grand instrument à cordes pincées, appartenant à la famille du luth. Il se reconnaît à son long manche double et à ses cordes graves supplémentaires. Il est principalement utilisé pour accompagner le chant, notamment dans les premiers opéras, dans la musique de cour, dans la musique religieuse et au sein du continuo baroque. Le théorbe joue un rôle essentiel dans la basse continue, cette ligne harmonique qui soutient toute la musique baroque. Il fournit la structure harmonique sur laquelle les voix et les instruments solistes se déploient. Son timbre est doux, profond, intime. Il convient parfaitement aux salons aristocratiques et aux chapelles. Très en vogue au XVIIe siècle, notamment en France sous Louis XIII et Louis XIV, il devient un symbole de raffinement musical. Avec l’évolution des orchestres et la transformation des goûts au XVIIIe siècle, son usage diminue progressivement. Il disparaît presque complètement avant d’être redécouvert au XXe siècle par les musiciens spécialisés en musique ancienne.

Théorbe, divertissement invention
Trompe, divertissement invention

Trompe : La trompe, instrument à vent naturel, apparaît dès l’Antiquité. En Europe médiévale, son usage musical est attesté à partir du XIIe siècle. La trompe est un instrument à vent sans pistons ni clefs. Elle produit des sons naturels à partir des harmoniques. Au Moyen Âge et à la Renaissance, elle sert principalement à transmettre des signaux militaires, annoncer l’arrivée d’un seigneur, rythmer les cérémonies et accompagner la chasse. Son son est puissant, clair, conçu pour porter loin. À partir du XVIIe siècle, la trompe de chasse se développe dans les cours princières, notamment en France. Elle devient un instrument codifié, avec des fanfares spécifiques pour chaque moment de la chasse. Contrairement aux instruments à pistons apparus au XIXe siècle, la trompe naturelle ne peut produire qu’un nombre limité de notes. Mais cette contrainte devient un style à part entière. Elle ne disparaît pas réellement. En revanche, son usage militaire et de signal décline à partir du XVIIe siècle, au profit d’instruments plus techniques. La trompe de chasse, elle, reste utilisée jusqu’à aujourd’hui dans un cadre traditionnel.

Tymbre : Le tymbre, instrument de percussion, apparaît dès l’Antiquité. En Europe médiévale, il est attesté à partir du XIIe siècle, notamment dans les contextes militaires et festifs. Le tymbre est un petit tambour, souvent constitué d’une caisse peu profonde recouverte d’une peau tendue. Au Moyen Âge, il est utilisé pour rythmer les troupes, pour accompagner les processions dans les fêtes populaire avec des instruments à vent comme les chalemies. Son rôle principal est rythmique. Il marque la cadence, soutient la marche et structure la musique. Dans les enluminures médiévales, on le voit fréquemment associé aux musiciens ambulants. Il est parfois joué d’une main, l’autre tenant un instrument mélodique.

Il peut aussi servir à transmettre des signaux simples sur le champ de bataille. Le tymbre incarne une musique sonore, extérieure, faite pour être entendue au loin. Il est un instrument de plein air, de rassemblement et de mouvement. Il ne disparaît pas réellement. En revanche, son usage militaire décline à partir du XVIIe siècle, avec l’évolution des formations musicales et des instruments de percussion plus élaborés. Il reste présent dans certaines traditions populaires et militaires.

Tymbre, divertissement invention

U,V

Viele, divertissement invention

Viele : La vièle apparaît en Europe occidentale au XIe siècle, vers 1050–1100. Elle dérive d’instruments à cordes frottées venus du monde oriental, introduits par les échanges méditerranéens. La vièle est un instrument à cordes frottées joué à l’archet. Elle possède généralement un corps en bois, quatre ou cinq cordes et une caisse de résonance arrondie ou légèrement piriforme. Très répandue du XIIe au XIVe siècle, elle est l’un des instruments emblématiques du Moyen Âge. Elle accompagne les troubadours et trouvères, les chansons de geste, les danses et les fêtes seigneuriales. Son timbre est expressif et chaleureux. Elle peut jouer des mélodies mais aussi accompagner le chant. Contrairement aux instruments très sonores comme la chalemie, la vièle appartient plutôt aux « bas instruments », adaptés aux espaces intérieurs et aux ambiances plus intimes. Au fil des siècles, sa forme évolue. Les progrès de la facture instrumentale conduisent à la viole de gambe, puis au violon moderne.

Viole de gambe : La viole de gambe apparaît à la fin du XVe siècle, vers 1480–1500, en Espagne. Elle se diffuse rapidement en Italie, puis en France au XVIe siècle. La viole de gambe est un instrument à cordes frottées, tenu entre les jambes, d’où son nom « de gambe ». Elle se caractérise par six ou sept cordes, des frettes comme sur un luth, un archet tenu différemment de celui du violon et un son doux et profond. Très en vogue au XVIe et XVIIe siècles, elle est particulièrement appréciée dans les milieux aristocratiques. Elle est utilisée en solo, en consort, c’est-à-dire en ensemble de plusieurs violes pour accompagner le chant et dans la musique de chambre. En France, au XVIIe siècle, elle connaît un âge d’or. Elle devient un instrument raffiné, presque intime, associé aux salons et à la culture savante. Son timbre est plus feutré que celui du violon. Il convient à une musique subtile, expressive, parfois mélancolique. Au XVIIIe siècle, le goût musical évolue. Les orchestres deviennent plus puissants. Le violon, plus brillant et plus sonore, prend le dessus.

Viole de gambe, divertissement invention
Violon, divertissement invention

Violon : Le violon arrive en France au milieu du XVIe siècle, vers 1550. Mais son véritable essor se produit au XVIIe siècle, sous Louis XIII puis surtout sous   Louis XIV. En 1626, Louis XIII crée un ensemble  célèbre : les Vingt-Quatre Violons du Roi. C’est un moment clé. Le violon entre officiellement dans la musique de cour française. Sous Louis XIV, l’instrument s’impose définitivement dans les ballets de cour ; les cérémonies royales et la musique orchestrale. Jean-Baptiste Lully contribue fortement à structurer son usage dans l’orchestre français.

Violoncelle : Le violoncelle apparaît au cours du XVIe siècle en Italie, dans le contexte de la naissance de la famille du violon. Contrairement à la contrebasse, son origine est plus nette : il dérive directement des instruments conçus par les luthiers italiens pour créer une famille cohérente allant du violon aux instruments graves. Au départ, il coexiste avec la viole de gambe, plus ancienne et très appréciée dans les milieux aristocratiques, mais au son plus doux et moins puissant. Au XVIIe siècle, avec l’essor de la musique baroque, le violoncelle s’impose progressivement comme l’instrument grave principal de la famille du violon. Il trouve sa place dans la basse continue, où il accompagne et structure l’harmonie, tout en offrant un son plus clair et plus précis que les violes. En France, sous les Bourbons, son adoption est plus lente, car la viole de gambe reste longtemps dominante dans les cercles de cour. Mais peu à peu, notamment après l’influence italienne croissante, le violoncelle gagne du terrain. Au XVIIIe siècle, il s’affirme pleinement : sa forme se stabilise, sa technique se développe, et il commence à dépasser son simple rôle d’accompagnement. Dans certains contextes, il devient même un instrument expressif capable de tenir des lignes mélodiques. À la veille de la Révolution française, il est désormais solidement installé dans l’orchestre et la musique de chambre.

Violoncelle invention divertissement

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M’aille god !

Le grand bêtisier de l'histoire de France, d'Alain Dag'Naud

Guillaume est sacré roi d’Angleterre le jour de Noël 25 décembre 1066. Comme il craint des réactions hostiles de la population, il a posté des gardes tout autour de l’abbaye de Westminster où a lieu la cérémonie. Sont rassemblés dans la nef des seigneurs anglais et les combattants normands. Arrive le moment rituel de l’acclamation. Ealdred, archevêque d’York, s’adresse aux Anglais et Geoffroy, évêque de Coutances, aux Normands, pour leur demander s’ils acceptent que Guillaume devienne leur roi. Ils donnent bruyamment leur accord dans un tel mélange de langues que les soldats à l’extérieur croient à un attentat. Les uns se précipitent dans l’abbaye, les autres dans les maisons proches à la recherche d’éventuels rebelles. Dans la confusion, ils mettent le feu et l’incendie se propage au quartier. Ealdred et Geoffroy ont le plus grand mal à terminer la consécration royale. Sacristi !