L'histoire des français sous la royauté

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Et si une simple idée pouvait changer le monde ?

Depuis des siècles, des inventions parfois modestes transforment profondément la vie des hommes.

Quand on pense à l’histoire, on imagine souvent des rois, des batailles ou des grandes dates. Pourtant, les inventions jouent elles aussi un rôle essentiel. Les progrès techniques transforment la vie quotidienne, parfois de manière spectaculaire, parfois de façon presque invisible. Une nouvelle invention peut simplifier le travail, améliorer les transports ou rendre certaines tâches plus rapides. Dans les campagnes, dans les ateliers ou dans les cuisines, les outils évoluent et rendent la production plus efficace. Ces innovations permettent souvent de gagner du temps et d’économiser de l’énergie. Petit à petit, elles changent l’organisation du travail et la manière de vivre. Certaines inventions transforment aussi la circulation du savoir. Lorsque les techniques permettent de produire plus facilement des objets ou des écrits, les connaissances se diffusent plus largement. Les idées voyagent plus vite, les savoirs se partagent davantage, et les sociétés évoluent. Parfois, une invention ouvre des horizons totalement nouveaux : explorer des terres lointaines, améliorer la santé, ou même accomplir ce qui semblait impossible.

Ces progrès ne changent pas seulement la manière de faire des hommes mais ils modifient aussi la façon dont ils voient le monde et imaginent leur avenir.

A

Aimant : La première mention de pierre d’attirance (magnétite) apparaît dans le « Roman d’Enéas » dont la date est située en 1160. La magnesia est une pierre qui provient d’une région d’Asie mineure baptisée « Magnesia » et qui donne son nom au magnétisme. En Chine, entre le 1er et le XIe siècle, on découvre que la magnétite peut s’orienter naturellement. On fabrique alors des cuillers ou aiguilles de magnétite qui s’alignent nord-sud. C’est la naissance de la boussole. En 1269, Peter Peregrinus (Pierre le pèlerin), est un savant connu pour avoir rédigé le premier traité sur les propriétés des aimants. Gilbert (1544 – 1603), médecin anglais publie en 1600, « De Magnete ». C’est le premier ouvrage scientifique entièrement consacré au magnétisme. Ses idées majeures sont la Terre elle-même est un grand aimant, la boussole fonctionne à cause de ce champ magnétique terrestre. Il distingue clairement l’électricité statique et le magnétisme. En 1820, Hans Christian Ørsted (1777 – 1851) découvre qu’un courant électrique dévie une aiguille aimantée. C’est une découverte capitale : l’électricité produit du magnétisme. A partir de 1820, très vite plusieurs savants prolongent cette découverte.

Alambic : Les premières techniques de distillation apparaissent en Mésopotamie et en Égypte antique, où l’on distille des parfums, des essences de plantes ou des résines.
Ce ne sont pas encore des alambics complets, mais des dispositifs rudimentaires. Au 1ᵉʳ siècle, la philosophe et alchimiste Marie la Juive (Maria Hebraea) est traditionnellement créditée de la mise au point de procédés de distillation et d’appareils complexes, dont le kerotakis, ancêtre de l’alambic. Au VIIIᵉ siècle, l’alchimiste Jâbir Ibn Hayyân met au point le al-anbîq, terme arabe à l’origine du mot alambic. Il perfectionne, la cornue, le chapiteau, le serpentin de refroidissement, et les techniques de condensation. Ces innovations permettent la distillation d’alcools, d’huiles essentielles, de parfums et de médicaments. À partir du XIIᵉ siècle, grâce aux traductions latines des grands traités arabes à Tolède et Salerne, l’alambic arrive en Europe chrétienne. On l’utilise pour la fabrication d’eau-de-vie (dès le XIIIᵉ siècle), la distillation médicinale (aqua vitae : “eau de vie”), la parfumerie, l’alchimie et les premiers travaux chimiques. Au XIVᵉ siècle, l’alambic est un outil courant dans les monastères, les apothicaires et les laboratoires d’alchimistes. Avec les progrès scientifiques de la Renaissance, l’alambic est perfectionné. Différents types d’alambics apparaissent, l’alambic à repasse (double distillation), l’alambic charentais ; l’alambic à colonne (XVIIIᵉ). Les systèmes de refroidissement sont améliorés. La distillation devient centrale dans la production d’eaux-de-vie (cognac, whisky, armagnac…) et la chimie (acides, solvants, huiles, essences…).

Alambic, invention technique
Arbre à came, invention technique

Arbre à cames : L’arbre à cames joue un rôle fondamental dans la mécanisation du travail au Moyen Âge. Ce dispositif permet de transformer un mouvement rotatif régulier en un mouvement alternatif, reproduisant mécaniquement des gestes humains comme ceux du forgeron. Apparue dès le XIᵉ siècle et largement utilisée à partir du XIIIᵉ siècle, cette innovation transforme la roue hydraulique en véritable moteur industriel, unique source d’énergie mécanique avant la machine à vapeur.

Grâce à l’énergie de l’eau, l’arbre à cames permet de mécaniser de nombreuses tâches répétitives auparavant effectuées à la main ou au pied : battre le fer, fouler les textiles, broyer des fibres, actionner des soufflets ou des pilons. Il favorise ainsi le développement de multiples moulins spécialisés (foulons, moulins à tan, à papier, scieries hydrauliques, martinets).

Cependant, malgré les gains de temps, d’énergie et de régularité, ces innovations suscitent des résistances : certains artisans reprochent au travail mécanique de dégrader la qualité des produits, préférant parfois revenir aux méthodes manuelles jugées plus précises.

Astrolabe : L’astrolabe est conçu entre le IIe avant Jésus-Christ et le IVe siècle après Jésus-Christ. Il est capable de représenter le ciel, de mesurer la position des astres et de résoudre des problèmes astronomiques. Oublié durant toute la période mérovingienne, il renaît grâce au monde islamique entre le VIIIe et le Xe siècle. C’est entre le XIe et le XIIIe siècle que l’astrolabe s’installe en France via l’Espagne musulmane. Il est utilisé dans les écoles cathédrales et les universités naissantes. A partir du XIVe siècle, les rois et les princes s’entourent d’astronomes. L’astrolabe sert à mesurer le temps, dresser des horoscopes et affirmer le pouvoir par le savoir. Sous les Bourbons, la science devient affaire d’État. L’astrolabe reste utilisé dans l’enseignement, il devient un instrument historique et symbolique. Il est peu à peu remplacé par le sextant, la lunette astronomique et les horloges de précision.

Astrolabe, invention technique
Atlas, invention technique

Atlas : Il faut attendre la Renaissance pour que l’atlas naisse vraiment. Avant de nombreuses cartes plus ou moins précises permettent de guider les voyageurs. Au XIVe siècle, l’usage des coordonnées (latitude, longitude) permet d’avoir des cartes plus précises et plus cohérentes mais elles restent produites séparément. En 1570, Abraham Ortelius (cartographe et géographe français, 1527-1598) publie le « Theatrum Orbis Terrarum », cet ouvrage est considéré comme le premier atlas moderne. Sous Louis XIV, la cartographie devient stratégique et un corps de cartographes officiels est créé. Au XVIIIe siècle, l’atlas devient un outil pédagogique, il diffuse les idées des lumières, et est accessible à un public plus large.

Attelage en file : Né vers 1180, dans l’attelage en file, les animaux sont attachés en file indienne. La force de chacune des bêtes vient s’additionner à celle qui est attelée devant elle. Au milieu du XIe siècle, l’effort de traction ne porte plus sur le cou du cheval mais sur les épaules, ainsi il tire plus facilement sans être étranglé. On retrouve l’attelage en file, pour les charrettes légères, dans les zones montagneuses, dans les villes aux ruelles resserrées, dans les régions nordiques pour les traîneaux. A partir du XVIe siècle, les véhicules évoluent (carrosses, berlines) et les élites se passionnent pour l’art de l’attelage. Des formes codifiées apparaissent, tandem avec deux chevaux en file, unicorn avec un cheval devant et deux derrières, parfois trois en file pour les carrosses prestigieux. L’attelage en file va décliner avec l’élargissement des routes, des véhicules plus lourds puis l’arrivée de la traction mécanique.

Attelage en file, invention technique
Automobile, invention technique

Automobile : Nicolas-Joseph Cugnot (1725-1804), ingénieur militaire, construit ce qui est considéré comme la première automobile de l’histoire : le fardier à vapeur. Il fonctionne à la vapeur, à trois roues, peut transporter environ 4 tonnes et a une vitesse d’environ 3-4 km/h. une première version est présentée en 1769 puis une deuxième améliorée en 1770. Le premier accident de la route intervient en 1771 lorsque M. Cugnot heurte un mur lors d’un essai…

B

Bouche à bouche : Les premiers témoignages médicaux datent de 1732. Le médecin écossais William Tossach (vers 1700-1771) relate la réanimation réussie d’un mineur intoxiqué grâce à une insufflation par la bouche. En 1754, le médecin John Fothergill (1712-1780) publie des travaux encourageant cette pratique, notamment pour les noyés. Il faut attendre la fin du XXe siècle pour que le bouche à bouche soit une technique commune enseignée au grand public.

Boussole : La boussole est inventée par les Chinois vers 1090. A l’origine, c’est une petite boite constituée d’un cadran au centre duquel est fixée une aiguille aimantée et enfilée dans un fétu de paille qui flotte sur l’eau d’un bol, en pivotant, elle indiquait le sud. L’instrument, ramené par les Arabes, est utilisé en méditerranée dès le XIIe siècle et rapidement perfectionné. Elle est surnommée marinette car elle devient la compagne des marins.

Au XIIe siècle, on mentionne pour la première fois le compas dans « On the Natures of Things » d’Alexandre Neckam (1157 – 1217) à Paris.

Boussole, invention technique

C

Carte maritime, invention technique

Carte maritime : Avant le XIIe siècle, les navigateurs se contentent de suivre les côtes, d’utiliser les repères naturels. Cependant, il existe des cartes géographiques mais ce ne sont pas encore de véritables cartes spécialement conçues pour naviguer. La naissance des cartes maritimes en Méditerranée date du XIIe – XIIIe siècle. Ce sont des portulans. Elles sont utilisées par les marins. Les côtes sont dessinées avec précision, des lignes de rhumbs indiquent les directions de vent et de navigation, les noms des ports sont inscrits. Entre le XVe et le XVIe siècle, c’est l’époque des grandes découvertes, la navigation quitte la Méditerranée. Les cartes se précisent, on y représente les océans et les nouveaux continents. Des cartographes deviennent célèbres comme Henricus Martellus Germanus (1440 – 1496), Martin Waldseemüller (1470 – 1520) qui crée la première carte mentionnant « America » en 1507, ou encore Gérard Mercator (1512 – 1594) qui représente une projection cartographique de la Terre, dite « cylindrique ». A partir du XVIIe siècle, les cartes deviennent un outil militaire. Les grands États créent leurs services, en France (dépôt des cartes et plans de la Marine), en Angleterre (Admiralty Charts) … On améliore les relevés des côtes, la profondeur des eaux, les bancs de sable et les dangers maritimes. Au XIXe siècle, les cartes deviennent normalisées et fiables.

Chiffres arabes : Les chiffres que nous utilisons (0,1,2,3,4,5,6,7,8,9) viennent en réalité de l’Inde antique. Dès les premiers siècles de notre ère, les savants indiens développent un système décimal, positionnel (la valeur dépend de la place du chiffre). Le concept révolutionnaire est l’invention du zéro écrit. Entre le VIIIe et le Xe siècle, le système indien est adopté et amélioré par les mathématiciens du monde islamique. Le savant le plus célèbre dans cette transmission est Muhammad ibn Musa Al-Khwarizmi (IXe siècle). Il rédige des traités sur la numération « hindi », les calculs décimaux et les algorithmes. Les chiffres circulent ensuite en Espagne musulmane, dans le Maghreb puis vers l’Europe latine par Tolède (centre de traduction) par les mathématiciens voyageurs et les échanges commerciaux. On les appelle alors les « chiffres indo-arabes ». C’est Léonardo Fibonacci (vers 1170 – vers 1250) qui en 1202 explique les « chiffres des Arabes » dans son « Liber Abaci » et leur puissance pour les calculs commerciaux. Les savants comprennent alors qu’ils sont plus simples que les chiffres romains, qu’ils permettent les calculs rapides, qu’ils facilitent la comptabilité, l’astronomie et la science. Au début, les Européens sont méfiants et soupçonne un système « étranger ». Certaines administrations interdisent leur usage par peur des fraudes car les chiffres sont faciles à modifier. Les habitudes avec les chiffres romains persistent mais l’efficacité finit par l’emporter. Du XIVe au XVIe siècles, les chiffres arabes s’imposent dans la finance, la science et le commerce. L’imprimerie les diffuse. Ils deviennent définitivement la norme. 

Chronomètre : C’est sous les Bourbons que le chronomètre naît réellement. Effectivement, même si la montre existe déjà et que les pendules meublent les salons, on ne sait pas encore chronométrer. Avec la précision de l’horlogerie, il faut attendre l’invention de John Harrison (1693 -1776) pour le premier chronomètre de marine fiable. Son invention permet pour la première fois de mesurer le temps avec une extrême précision sur un navire. Nommé le chronomètre H4, il est mis au point en 1759. Il ressemble à une grande montre.

Chronomètre, invention technique

D, E

Eau de javel : Blanchir le linge n’était pas une mince affaire. Pendant des siècles, on l’exposait au soleil, on utilisait de la potasse, de la chaux ou encore des cendres lessivielles, et la durée d’exposition restait très longue. En 1774, le chimiste suédois Carl Wilhelm Scheele (1742 – 1786) découvre un gaz très réactif, le chlore. Il va devenir la base de toutes les eaux de blanchiment moderne. En 1785, à Javel, petit village près de Paris, un chimiste français Claude-Louis Berthollet (1748 – 1822) dissout le chlore dans l’eau puis dans une solution alcaline. Il obtient une solution d’hypochlorite capable de décolorer, blanchir, désinfecter et désodoriser. On l’appelle alors la « liqueur de Javel » qui devient rapidement l’eau de javel. C’est un succès immédiat dans les blanchisseries de Paris. Dans les années 1820, le pharmacien Antoine Germain Labarraque (1777 – 1850) démontre une propriété capitale. L’eau de javel tue les microbes et neutralise les odeurs putrides. Elle commence alors à être utilisée dans les hôpitaux, pour nettoyer les égouts et pour lutter contre les épidémies. Peu à peu, elle devient un désinfectant officiel des autorités sanitaires.

Encre invisible, invention technique

Encre invisible : L’idée d’écrire des messages invisibles existe depuis très longtemps. Les Grecs et les Romains utilisent du lait, du vinaigre ou des jus de plantes pour écrire des messages qui n’apparaissent qu’à la chaleur. Au Moyen-Age, des procédés similaires sont utilisés dans la diplomatie et parfois à l’université pour des notes discrètes. A partir du XVIe siècle, l’encre invisible entre clairement dans le domaine politique et militaire. On appelle cela l’encre sympathique. Les substances utilisées se diversifient, le jus de citron, le vinaigre, les sucs végétaux ou les sels métalliques (notamment le sulfate de fer). Certains messages apparaissent à la chaleur, d’autres grâce à une réaction chimique avec une autre solution. En 1772, l’encre invisible passe un cap, elle devient connue, étudiée et diffusée de façon scientifique. Des ouvrages décrivent précisément sa fabrication et son fonctionnement. Plus sophistiquées, l’encre invisible devient un moyen d’espionnage dans de nombreux conflits comme la Révolution française, les guerres napoléoniennes. Elles sont utilisées dans la correspondance secrète. Les deux guerres mondiales marquent le sommet de l’utilisation de l’encre invisible. Les services de contre-espionnage développent alors les lampes spéciales, des produits réactifs et des méthodes de détection. De nombreuses encres invisibles deviennent indétectables sans réactifs précis.

F

Filigrane : Le filigrane est une technique d’orfèvrerie qui consiste à travailler de très fins fils de métal (or, argent, parfois cuivre) que l’on torsade, enroule, soude et ajoure pour former des motifs délicats (spirales, rinceaux, volutes, arabesques). Son nom vient du latin « filum » (fil) et « granum » (grain). Des premières traces de travail au fil d’or ont été retrouvées en Mésopotamie et Anatolie (IIIe millénaire avant Jésus-Christ). Les Égyptiens, les Phéniciens, les Étrusques, les Grecs et les Romains connaissent déjà le filigrane. Bien qu’il ait déjà existé, c’est en 1282 qu’on retrouve avec certitude l’usage du filigrane dans le papier européen. C’est dans un acte notarié italien (région de Fabriano). Il devient un art prestigieux. Il orne les reliquaires, les croix, les plaques-boucles, les fibules et les bijoux des nobles. Il perdure jusqu’au XIXe siècle où la production industrielle menace le savoir-faire manuel. Aujourd’hui, le filigrane représente l’excellence de l’artisanat et il reste présent dans la joaillerie contemporaine et les bijoux folkloriques.

Filigrane, invention technique

G

Gouvernail, invention technique

Gouvernail : Pendant des millénaires, les bateaux furent dirigés grâce à une grande rame placée à l’arrière ou sur un côté, appelée « aviron-gouvernail » ou « godille ». Ces rames latérales, souvent placées à tribord, sont efficaces mais limitent la maniabilité, surtout pour les grands navires. Cependant, en Chine, des maquettes de bateaux de la dynastie Han (1er – IIe siècle) montrent des gouvernails d’étambot. Sous la dynastie Song (Xe – XIIe siècle), ces gouvernails se développent et se perfectionnent avec des systèmes réglables en profondeur. En Europe, ce n’est qu’au XIIe siècle, que la diffusion du gouvernail d’étambot apparaît. Il est composé d’un système de charnières métalliques (fémelots et aiguillots) qui fixe le gouvernail à la poupe. Il améliore la stabilité de route, la manœuvrabilité et permet la construction de navires beaucoup plus grands. Au XVIIIe siècle, la barre à roue remplace la simple barre franche. Au XIXe siècle, le gouvernail devient métallique, il peut être compensé ou semi-compensé (ce qui réduit l’effort sur la barre). Les navires rapides sont équipés de safrans multiples et les sous-marins possèdent des gouvernails horizontaux et verticaux.

Graphologie : En 1622, le premier auteur à traiter directement du lien entre l’écriture et le caractère est l’italien Camillo Baldi (1547 – 1637) dans son ouvrage « Du moyen de connaître les mœurs et les qualités d’un écrivain d’après ses lettres missives ». Ensuite, il faut attendre le XIXe siècle pour que la graphologie prenne forme. Jean-Hippolyte Michon (1806 -1881) est considéré comme le fondateur de la graphologie moderne.

H, I

Imprimerie : Bien avant l’Europe, l’imprimerie existe déjà en Chine (VIIe siècle), impression par xylographie (planches gravées). Dès le XIe – XIIe siècle, la Chine et la Corée utilisent des caractères mobiles en argile, en bois, puis en métal. Cependant, cette technique demande des milliers de caractères, le coût est élevé et l’usage reste administratif et religieux, ce qui ne provoque pas encore une révolution massive. Au XVe siècle, tout converge. L’alphabet est limité à vingt-cinq caractères, le papier est moins cher et la demande croissante de livre ainsi que les techniques du métal maîtrisées permettent de nouvelles perspectives. Vers 1450, à Mayence, Johannes Gutenberg (1393 ou 1406- avant 1468), met au point un système complet avec des caractères mobiles en métal, une presse à vis (inspirée du pressoir), une encre grasse adaptée et une composition réutilisable. Vers 1454 – 1455, Gutenberg imprime la première grande œuvre, la Bible à 42 lignes, qui est produite en dizaines d’exemplaires en quelques années. La diffusion est fulgurante dès la fin du XVe siècle. L’imprimerie se répand en Italie, en France, en Espagne, aux Pays-Bas et en Angleterre. On appelle ces livres des « incunables ». En 1472, Guillaume Fichet (1433 – 1480), bibliothécaire à la Sorbonne, imprime à Paris le premier livre écrit en latin. A partir du XVIe siècle, l’imprimerie révolutionne la connaissance avec la propagation d’ouvrages aussi bien religieux, scientifiques que politiques. Très vite, le pouvoir comprend le danger et veut contrôler la diffusion de certains ouvrages, la censure devient répressive. A partir du XVIIe siècle, l’imprimerie devient plus rapide, plus standardisée et plus accessible. C’est la naissance des journaux, des encyclopédies. Au XIXe siècle, avec l’ère industrielle arrive la presse à vapeur, rotative et le papier industriel. Les livres, les journaux quotidiens deviennent bon marché. L’imprimé est omniprésent.

Imprimerie, invention technique

J, K

Kilogramme, invention technique

Kilogramme : En 1668, le philosophe et savant Anglais, John Wilkins (1614 – 1672) publie un ouvrage « An Essay towards a Real Character and a Philosophical Language ». Dans ce livre, il propose de créer un système universel de mesures valable pour tous les pays. Son idée est la suivante : définir une unité de longueur, puis en déduire une unité de volume puis une unité de masse. Pour la masse, il propose de se baser sur la masse d’un certain volume d’eau. Ce n’est pas encore le kilogramme, mais c’est exactement le principe conceptuel. Pendant la Révolution française, la France décide de créer un système de mesures entièrement nouveau, le système métrique. Vers 1790 – 1795, une commission de savants est chargée de le concevoir. Ils reprennent précisément le principe que Wilkins avait déjà imaginé, relier la masse à un volume d’eau. En 1795, l’unité de masse est définie, la masse d’un décimètre cube d’eau est égal à un litre (la masse d’un litre d’eau). A l’origine, cette unité ne s’appelait pas encore le kilogramme, mais le « grave ». Puis, très rapidement, le nom de kilogramme s’impose.

L

Laminoir : Vers 1500, on utilise déjà des rouleaux pour laminer l’or et l’argent dans les ateliers d’orfèvres. Les premières formes de laminoirs apparaissent à la Renaissance. Les matériaux utilisés sont des métaux malléables comme le plomb, l’or et l’étain. Léonard de Vinci décrivit un laminoir pour le fer. Au XVIIe siècle, c’est le développement progressif de laminoirs plus robustes pour le fer, souvent actionnés par roues hydrauliques. Le grand tournant est durant la révolution industrielle vers le XVIIIe siècle. Avec la machine à vapeur, les laminoirs deviennent plus puissants. L’industrie métallurgique explose, fers plats, rails, tôles, barres. Dès 1783, les procédés de puddlage et de laminage se diffusent, faisant du laminoir un élément clé des aciéries. Puis arrivent les laminoirs à plusieurs cylindres permettant plus de précision et de puissance. Au XIXe siècle, apparaissent les laminoirs à chaud, les laminoirs à froid et les laminoirs en continu. Aujourd’hui, les laminoirs sont pilotés par l’informatique à l’aide de capteurs.

Laminoir, invention technique
Langue des signes, invention technique

Langage des signes : De tout temps, on a tenté de correspondre avec des signes et pas forcément avec des personnes sourdes, mais lorsque l’on ne parlait pas la même langue ou encore dans les monastères médiévaux où les moines avaient fait vœu de silence. Le langage des mains reste un moyen de communication. Mais c’est Pedro Ponce de León (vers 1520 – 1584), moine bénédictin espagnol, qui est le premier éducateur connu de personnes sourdes. A cette époque, on pense qu’une personne sourde ne peut pas réellement apprendre à parler ni à raisonner comme les autres et surtout elle est considérée comme juridiquement incapable. Ponce de León va démontrer le contraire. Il enseigne surtout à de jeunes garçons sourds issus de la noblesse. Sa méthode est l’enseignement de la lecture, de l’écriture, de la parole articulée et un système de communication manuelle. Il ne s’agit pas encore d’une « langue des signes » au sens moderne. En 1620, Juan Pablo Bonet (1573 – 1633), prêtre, publie un ouvrage montrant explicitement un alphabet manuel pour enseigner aux sourds. L’abbé de l’Épée (1712 – 1789) fonde la première école publique pour enfants sourds à Paris. Il observe et structure les signes utilisés naturellement par les sourds parisiens. Son successeur l’abbé Sicard (1742 – 1822) poursuit l’œuvre. De cette tradition naît la « Langue des Signes Française » (LSF) qui devient une langue de référence mondiale. Malheureusement, en 1880, au Congrès de Milan, on assiste au triomphalisme de « l’oraliste ». Ce qui signifie que l’on interdit dans la plupart des écoles la langue des signes au profit de lecture labiale et de la parole forcée. Cette décision accentue le recul public des signes, qui cependant, restent utilisés dans les foyers privés. A partir des années 1960, chercheurs et linguistes démontrent scientifiquement que la langue des signes est une véritable langue. C’est le retour progressif de son enseignement public.

M

Martinet : Les premiers martinets en métallurgie apparaissent en Europe vers le XIIe siècle. Ils sont utilisés pour cingler les loupes des bas fourneaux et des forges catalanes à la place du marteau. La source la plus ancienne et la plus sûre est une mention de son usage en 1135 à l’abbaye de Clairvaux. A l’origine, il sert surtout pour le travail du fer, l’affinage de la fonte en fer forgé et la fabrication de barre, tôles et outils. Du XIVe au XVIIIe siècle, le martinet devient un équipement clé dans les forges hydrauliques. On distingue plusieurs types de marteaux, le martinet d’affinerie, le martinet de cinglage et le martinet de forge. A la fin du XVIIIe siècle, avec l’abandon progressif de l’énergie hydraulique (utilisation des systèmes à vapeur et transmission mécanique plus complexe) puis l’apparition du marteau-pilon, le martinet devient progressivement obsolète.

Martinet, invention technique
Métier à tisser, invention technique

Métier à tisser : Les premiers métiers à tisser ont été inventés dès la fin du Néolithique, il y a cinq milles ans. Ce sont de simples cadres en bois sur lesquels on fixe des fils pour fabriquer du tissu. Puis, dans l’Antiquité, les hommes utilisent des métiers à tisser verticaux à pesons. Les fils de chaîne pendent verticalement, des poids (les pesons) servent à les tendre et le tisserand passe la trame à la main. Durant la même période, en Chine, est utilisé le métier à la tire qui permet de fabriquer les soieries et des motifs très élaborés. La grande évolution mécanique est située entre le XIe et le XIIIe siècle, l’invention des pédales. Elles permettent de lever automatiquement certains fils de chaîne, ce qui donne naissance au métier à tisser horizontal. Le tisserand n’a plus besoin de lever les fils à la main, il peut travailler plus vite avec plus de précision et surtout il a les deux mains libres pour la navette. Le métier à la tire se répand dès la fin du Moyen-Age. Il permet de travailler des tissus décorés (brocards, damas, soieries). Ce type de métier domine la fabrication de tissus de luxe jusqu’au XVIIIe siècle. A la Révolution industrielle, arrive en 1785, le premier métier à tisser mécanique. Créé par Edmund Cartwright (1743 – 1823), cette machine est entraînée par une énergie extérieure, d’abord hydraulique puis à vapeur. Le tissu devient un produit industriel concurrençant les ateliers artisanaux. En 1801, Joseph Marie Jacquard (1752 – 1834) met au point le métier Jacquard. Il utilise des cartes perforées dont sur chacune correspond une ligne du motif, les trous commandent quels fils se lèvent. Pour la première fois dans l’histoire, le tissage décoratif est programmé. Au cours du XIXe siècle, c’est la généralisation du métier industriel.

Montgolfière : On attribue généralement l’invention de la montgolfière aux frères Montgolfier, Joseph-Michel (1740 – 1810) et Jacques-Étienne (1745 – 1799), en 1782. Cette affirmation peut toutefois être nuancée, si l’on tient compte d’un vol supposé réalisé par un certain Kraikoutnoï en 1731. Par ailleurs, les frères Montgolfier avaient déjà été précédés par un inventeur portugais, Bartolomeu Lourenço de Gusmão (1685 -1724), qui fit voler de petits ballons à air chaud ainsi qu’un premier aérostat, appelé la Passarola, en août 1709.

Un premier essai public a lieu place des Cordeliers le 4 juin 1783, puis une démonstration est organisée devant le roi Louis XVI, avec à bord un coq, un mouton et un canard. Le ballon s’élève alors jusqu’à environ 550 mètres d’altitude. Le premier vol libre habité a lieu le 21 novembre 1783 : le départ est donné en lisière du bois de Boulogne et l’atterrissage se fait à l’emplacement de l’actuelle place Paul-Verlaine, dans le 13ᵉ arrondissement de Paris, après un parcours d’environ neuf kilomètres.

Anecdote

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Louis XVI, qui s’intéressait vivement aux expériences scientifiques, assista naturellement à cette première ascension en ballon libre à air chaud, réalisée par Jean-François Pilâtre de Rozier (1754 – 1785) et le marquis François Laurent d’Arlandes (1742 – 1809). Conscient des dangers de l’entreprise, le roi ne put s’empêcher de faire part de ses inquiétudes au marquis, qui prenait place dans la nacelle aux côtés de l’un des concepteurs de la montgolfière :

« On s’étonne, Monsieur, que vous preniez tant de risques. Ils pourraient nuire à votre carrière militaire ! »

— « Votre Majesté daignera me pardonner, répondit le marquis, mais le ministre de la Guerre m’a fait tant de promesses en l’air que j’ai pris la résolution d’aller les y chercher ! »

Si, dans le langage populaire, le prince des monte-en-l’air est le roi des voleurs, ce marquis-là fut assurément un prince du trait d’esprit. Hélas, cela ne l’empêcha pas de mourir dans la misère quelques années plus tard. Quant à la Révolution française, elle allait bientôt donner au roi d’autres préoccupations que de veiller au respect des promesses de son ministre.

Montgolfière, invention technique

N, O, P

Parachute, invention technique

Parachute : En 1495, Léonard de Vinci (1452 – 1519) dessine un parachute pyramidal fait de toile et de cordes. Il écrit qu’un homme muni d’un tel appareil pourrait se jeter d’une grande hauteur « sans danger ». Son idée n’est pas testée de son vivant ! Le premier parachute date de 1783. Il ressemble à un grand parasol, avec un cadre en bois. Il a été créé par le Français Louis-Sébastien Lenormand (1757 – 1837) qui voulait sauver les gens lors d’incendies d’immeubles. Sa première expérience date de 1783, il s’élance d’un ormeau en tenant dans ses mains deux parasols de trente pouces de rayon. Ensuite, il a fait un essai en se jetant du haut d’une tour. Le deuxième à essayer de sauter en parachute est également un Français. En 1797, André-Jacques Garnerin (1769 – 1823), à Paris, il monte dans une montgolfière à environ mille mètre de hauteur, coupe la nacelle équipée d’un parachute en toile sans ouverture centrale. La descente est secouée mais il atterrit vivant. Sa femme, Jeanne-Geneviève Garnerin (1775 – 1847) devient l’une des premières parachutistes. Au XIXe siècle, on améliore sa forme, sa solidité et on ajoute des ouvertures pour stabiliser la descente. Le parachute reste surtout un spectacle de foire et d’exhibition aérienne. Avec l’aviation, au début du XXe siècle, le parachute devient un outil vital. Entre la première et la deuxième guerre mondiale, on invente le parachute à ouverture automatique. Après la guerre, le parachute équipe tous les pilotes d’avion. Il entre aussi dans la vie civile (sauvetage aérien, sport…). Plus tard, il entre même dans l’espace avec des parachutes géants pour les capsules spatiales.

Pompe automatique : Bien avant l’automatisation, l’humanité invente des systèmes pour soulever l’eau mais ces dispositifs restent actionnés à la main ou par des animaux. Au XIIe siècle, l’ingénieur arabe Al-Jazari (XIIe – 1206) a mis au point d’immenses pompes automatiques qui permettent d’apporter l’eau dans les champs et dans les villes. Elles fonctionnent grâce à des engrenages en bois que la force des rivières fait tourner. Au Moyen-Age, se développe les pompes manuelles à piston et à aspiration. Elle permet de lutter contre les incendies dans les mines et les villes. Les ingénieurs renaissants perfectionnent les mécanismes hydrauliques. Au XVIIe siècle, la vraie évolution vers l’automatisation vient avec la vapeur. Thomas Savery (1650 – 1715) crée une pompe utilisant la vapeur pour aspirer l’eau. Thomas Newcomen (1664 – 1729) améliore le système et James Watt (1736 – 1819) l’optimise. On obtient des systèmes capables de pomper sans effort humain direct. Au XIXe siècle, la pompe centrifuge se développe et les pompes à vapeur « duplex » et autres modèles deviennent fiables. Au XXe siècle, avec l’apparition des moteurs électriques, les pompes deviennent compactes, fiables et faciles à automatiser.

Pompe automatique, invention technique
Poste, invention technique

Poste : De tout temps, les hommes mettent en place des services de messagers. En Perse, au Ve siècle avant Jésus-Christ, un réseau spectaculaire de relais permet d’acheminer des messages officiels sur de longues distances. En Grèce et à Rome, est instauré le « cursus publicus » de relais étatiques pour l’administration et l’armée. Ces services servent surtout le pouvoir politique et militaire. Au Moyen-Age, en Europe, les rois, les princes, les monastères et les grandes universités ont leurs propres messagers. La correspondance se fait sur un rouleau de parchemin, appelé « rotula », sur lequel on écrit son message. Au cours du voyage, ceux qui le réceptionnent le complètent, ainsi il peut atteindre de très grande longueur. La « rotula » de Saint Vital, annonçant la mort de cet abbé, mesure 9.50 mètre de long sur 0.25 mètre de large ! Les villes et les marchands organisent aussi des réseaux. En 1477, Louis XI (1423 – 1483) crée officiellement la poste royale, avec des relais de chevaux et des maîtres de poste. Progressivement, la poste s’ouvre aux particuliers. De grandes familles de maîtres de poste apparaissent, dont la célèbre « Thurn und Taxis » (maison de tour et taxis). C’est une famille princière allemande d’origine lombarde qui a dirigé un important service postal en Europe au XVe siècle. Progressivement, la poste s’ouvre aux particuliers. Au XVIIIe siècle, les lettres circulent plus vite mais restent coûteuses. Au XIXe siècle, plusieurs innovations transforment la poste, le timbre-poste (inventé en 1840 en Angleterre), le chemin de fer, les bateaux à vapeur puis l’automobile, ainsi que le développement des boîtes aux lettres, des bureaux de poste, du télégraphe et des mandats postaux. Au XXe siècle, on note l’arrivée de la poste aérienne. Après la Seconde Guerre mondiale, la poste devient un service essentiel.

Pressoir : Dès l’Antiquité, on cherche à presser les fruits plus efficacement que simplement à la main. Ils utilisent des systèmes simples comme les sacs pressés par torsion, les grosses pierres roulantes ou des leviers en bois. Les Romains améliorent grandement la technique avec des presses à vis en bois et des presses à levier, utilisées pour le vin comme pour l’huile d’olive. Au Moyen-Age, les pressoirs deviennent des équipements agricoles majeurs. Ils sont présents dans les domaines vinicoles, dans les abbayes (très impliquées dans la production de vin et d’huile) et dans les campagnes fruitières. Le pressoir à vis verticale (grande vis en bois actionnée à la main) devient typique de cette époque. C’est une machine imposante, souvent installée dans un bâtiment dédié. A partir du XVe siècle, les techniques se perfectionnent, les matériaux s’améliorent mais le principe reste similaire. Il faut attendre le XIXe siècle et la mécanisation pour que les pressoirs se transforment. C’est l’apparition du métal puis des presses hydrauliques qui sont plus puissantes et plus régulières. Au XXe siècle, les pressoirs deviennent mécaniques puis électriques.

Pressoir,invention technique

Q

Quarantaine, invention technique médicale

Quarantaine : La quarantaine naît en Europe avec les grandes épidémies de peste noire au XIVe siècle. Les villes portuaires, principales portes d’entrée des maladies cherchent des moyens de protection. En 1377, la ville de Raguse (aujourd’hui Dubrovnik) impose aux navires venant de zones infectées une période d’isolement de 30 jours (la trentina). Quelques décennies plus tard, Venise impose quarante jours d’isolement, ce délai devient la « quaranta giorni » d’où son nom. Pourquoi 40 jours ? Le symbole est biblique, déluge, jeûne du christ, purification mais on s’est rendu compte que passé ce délai, l’infection a eu le temps de se déclarer. Pour appliquer la quarantaine, on crée des lieux spécifiques, les lazarets. Ce sont souvent des îles aux abords des villes pour isoler marins et voyageurs. Le nom de Lazare figure associé à la maladie et à la résurrection. Au XIXe siècle, la quarantaine devient une mesure d’État, organisée par les autorités. Elle est utilisée contre la peste, le choléra, la fièvre jaune, la variole. Des règlements internationaux commencent à apparaître pour harmoniser les pratiques entre pays. La science médicale progresse avec la découverte des microbes (Louis Pasteur (1822 – 1895) et Robert Koch (1843 – 1910) et une meilleure compréhension des contagions. La quarantaine devient une stratégie scientifiquement justifiée. Aujourd’hui, la quarantaine reste un outil sanitaire important.

R

Rail : Dans l’Antiquité, certaines carrières et voies minières utilisent déjà des rainures taillées dans la pierre pour diriger les chariots. Au Moyen-Age et surtout au XVIIe siècle, dans les mines européennes (notamment en Angleterre et en Allemagne), on installe des rails en bois sur lesquels roulent des wagonnets. Cela réduit l’effort et augmente la charge transportée. Pour améliorer la solidité, on cloue parfois des bandes de fer sur ces rails de bois. Vers 1763, on commence à fabriquer des rails entièrement en fer forgé. Ils sont d’abord plats ou en forme de « L ». Ils servent aux trains tirés par chevaux dans les mines. Un des grands progrès vient des rails à bride ou des rails en fonte, mais ceux-ci cassent facilement. Début XIXe siècle, l’arrivée de la locomotive change tout. Grâce aux procédés Bessemer et Martin-Siemens, on peut produire de l’acier en grande quantité. Les rails deviennent plus résistants, plus sûrs et acceptent des trains plus lourds et plus rapides. C’est aussi à ce moment qu’apparaît le rail en profil « I » aplati, fixé sur des traverses en bois puis en béton. Au XXe siècle, c’est la standardisation et le perfectionnement des rails.

S

Sous-marins : Dans l’Antiquité, des récits évoquent déjà des plongeurs utilisant des cloches à air. Une légende raconte qu’Alexandre le Grand (356 avant Jésus-Christ – 323 avant Jésus-Christ) aurait exploré les fonds marins enfermé dans une cloche (baptisée Colympha) équipé de plaques de verre transparentes. Léonard de Vinci (1452 – 1519) imagine des engins submersibles qu’il refuse de publier par crainte de leur usage militaire. Entre 1620 et 1624, le Hollandais Cornelius Drebbel (1572 – 1633) construit un submersible en bois recouvert de cuir capable de naviguer sous la tamise. C’est le premier sous-marin fonctionnel connu. En 1690, Edmund Halley (1656 – 1742) a mis au point une grande cloche en bois munie de vitres sur le dessus et lestée de plomb pour rester au fond de l’eau. Grâce à des tonneaux, il envoie de l’air frais depuis la surface. En 1715, John Lethbridge (1675 – 1759) construit un tonneau avec un hublot et deux trous pour les bras. Il peut rester sous l’eau trente minutes à seize mètres de profondeur. En 1776, durant la guerre d’indépendance américaine, David Bushnell (1740 – 1826) invente le « Turtle », un sous-marin individuel destiné à attaquer des navires ennemis. En 1797, Robert Fulton (1765 – 1815) imagine le « Nautilus », le premier sous-marin de guerre. Trois marins font tourner l’hélice à la main et une charge explosive permet de couler les navires ennemis. C’est l’apparition des coques métalliques. On utilise des moteurs à vapeur puis électriques. Les sous-marins deviennent plus fiables mais restent limités en autonomie. Au début du XXe siècle, les deux guerres mondiales transforment radicalement le sous-marin.

Sous marin, invention technique

T

Tournebroche, invention technique

Tournebroche mécanique : Le tournebroche mécanique apparaît au Moyen Âge, probablement dès le XIIIe siècle. Son usage se développe surtout aux XVe et XVIe siècles dans les grandes cuisines seigneuriales. Le tournebroche mécanique est un dispositif destiné à faire tourner automatiquement une broche au-dessus du feu. Avant son invention, la broche était actionnée à la main ou confiée à un enfant, un domestique… ou même à un chien entraîné à marcher dans une roue. Le système mécanique fonctionne grâce à un contrepoids, à un ressort ou à un mécanisme d’horlogerie. Dans les grandes demeures, il permet de rôtir des pièces importantes de viande de manière plus régulière. Son intérêt est double, une cuisson plus homogène et la libération de main-d’œuvre. Il décline au XIXe siècle, avec la généralisation des cuisinières à charbon, puis à gaz, et l’évolution des techniques de cuisson. Il disparaît progressivement des cuisines domestiques au cours du XIXe siècle.

Transports en commun : Les premiers transports en commun apparaissent au XVIIe siècle. À Paris, les « carrosses à cinq sols », lancés en 1662 à l’initiative de Blaise Pascal, constituent l’une des premières formes organisées de transport collectif urbain. Les premiers transports en commun sont des véhicules collectifs circulant selon un itinéraire fixe, avec des arrêts déterminés et un tarif accessible à plusieurs passagers. À Paris en 1662, les carrosses à cinq sols permettent de traverser la ville pour un prix modique. C’est une petite révolution, on partage le véhicule, on suit un trajet prédéfini, on paie un tarif fixe. Le système disparaît après quelques années, mais l’idée est lancée. Au XIXe siècle, les transports collectifs connaissent un essor spectaculaire avec les omnibus tirés par des chevaux, les tramways, les premières lignes de métro à la fin du siècle. Ces innovations transforment la vie quotidienne. Les premiers modèles hippomobiles déclinent au tournant du XXe siècle, vers 1900, remplacés par les tramways électriques, puis les autobus motorisés.

Transport en commun, invention technique

U, V

Variolisation, invention technique médicale

Variolisation : La variolisation apparaît en Asie probablement dès le Xe siècle. Elle est pratiquée en Chine, puis dans l’Empire ottoman. Elle est introduite en Europe au début du XVIIIe siècle, vers 1720. La variolisation est une technique destinée à protéger contre la variole, maladie très meurtrière. Elle consiste à introduire volontairement dans le corps une petite quantité de matière prélevée sur une personne atteinte d’une forme bénigne de la variole. Le principe est simple, provoquer une infection contrôlée, déclencher une réaction immunitaire et protéger ensuite contre les formes graves. La méthode est risquée. La personne variolisée peut développer une forme sévère et mourir. Elle peut aussi transmettre la maladie à d’autres. Louis XVI est variolisé en 1774, peu après son accession au trône. Malgré ces dangers, la variolisation réduit fortement la mortalité par rapport à la variole naturelle. En Europe, elle est popularisée au XVIIIe siècle, notamment en Angleterre et en France, après avoir été observée dans l’Empire ottoman. En 1796, Edward Jenner met au point la vaccination, en utilisant le virus de la vaccine, beaucoup moins dangereux. Cette innovation rend la variolisation progressivement obsolète.

Le vérin : Le vérin apparaît sous des formes simples dès l’Antiquité, notamment avec les dispositifs à vis utilisés par les Grecs et les Romains. Le vérin à vis se développe réellement au Moyen Âge, vers le XIIe–XIIIe siècle, dans les chantiers et les ateliers. Le vérin est un dispositif mécanique destiné à soulever ou pousser de lourdes charges. Dans sa forme ancienne, il fonctionne grâce à un système de vis. En tournant la vis, on transforme un petit effort manuel en une grande force verticale. Au Moyen Âge et à l’époque moderne, il est utilisé sur les chantiers de construction, pour redresser des structures, dans les ateliers d’artisans et dans les systèmes de levage. Son principe repose sur une idée simple mais puissante : la transformation du mouvement circulaire en mouvement vertical contrôlé. À partir du XVIIIe et surtout du XIXe siècle, les progrès de la métallurgie et de la physique permettent la mise au point du vérin hydraulique. Celui-ci utilise la pression d’un fluide pour soulever des charges encore plus lourdes avec un moindre effort.

Vérin, invention technique

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Le grand bêtisier de l'histoire de France, d'Alain Dag'Naud

Guillaume est sacré roi d’Angleterre le jour de Noël 25 décembre 1066. Comme il craint des réactions hostiles de la population, il a posté des gardes tout autour de l’abbaye de Westminster où a lieu la cérémonie. Sont rassemblés dans la nef des seigneurs anglais et les combattants normands. Arrive le moment rituel de l’acclamation. Ealdred, archevêque d’York, s’adresse aux Anglais et Geoffroy, évêque de Coutances, aux Normands, pour leur demander s’ils acceptent que Guillaume devienne leur roi. Ils donnent bruyamment leur accord dans un tel mélange de langues que les soldats à l’extérieur croient à un attentat. Les uns se précipitent dans l’abbaye, les autres dans les maisons proches à la recherche d’éventuels rebelles. Dans la confusion, ils mettent le feu et l’incendie se propage au quartier. Ealdred et Geoffroy ont le plus grand mal à terminer la consécration royale. Sacristi !