L’histoire des reines de France est tout aussi palpitante et variée que celle des rois. Une évolution constante des souveraines de la dynastie des Mérovingiens aux souveraines de la dynastie des Bourbons.
Mais quelle était la vie de ces reines en fonction de leur dynastie, les us et coutumes de leur vie quotidienne, leur sacre et leurs habitudes auprès de leur royal époux.
La première chose à savoir est qu’une reine, a son statut définitif que lorsqu’elle a enfanté et surtout d’un garçon qui deviendra l’héritier de la couronne. Dès qu’elle est la mère du futur roi, elle devient intouchable. Dans le cas contraire, elle risque la répudiation.
Et bien sûr, je ferai une petite biographie également des souveraines de Monaco.

Evochilde et Clotilde (Clovis) ; Eustere de Wisigothie et Suavegothe (Thierry 1er) ; Gondioque (Clodomir) ; Ultrogothe (Childebert 1er) ; Ingonde, Gondioque, Amegonde, Chunsine, Radegonde, Vuldetrade (Clotaire 1er) ; Deoteria et Wisigarde (Thibert ou Théodebert 1er) ; Vuldetrade (Thibaut) ; Ingeberge, Méroflède, Marcowefa, Théodechilde (Caribert 1er); Audover, Galswinghe, frédégonde (Chilpéric 1er) ; Marcatrude, Austregilde (Gontran) ; Brunehaut (Sigebert 1er) ; Faileude (Childebert II) ; Bilichilde et Théoudehilde (Thibert II) ; Haldetrude, Bertrude, Sichilde (Clotaire II) ; Ermemberge (Thierry II) ; Gomatrude, Nantilde, Wulfégonde, Berchilde (Dagobert 1er) ; Fulberte (Caribert II) ; Chimnechilde (Sigebert III) ; Bathilde (Clovis II) ; Bilichilde (Childéric II) ; Clotilde (Thierry III) ;
Transition Mérovingien - Carolingien :
Rotrude de Hesbaye, Chrotais, Swanahilde de Bavière (Charles Martel) ; Bertrade de Laon (Pépin le bref)

Himiltrude, Désirée de Lombardie, Hildegarde de Vintzgau, Fastrade de Franconie, Luitgarde d'Alémanie (Charlemagne) ; Ermengarde de Hesbaye et Judith de Bavière (Louis 1er)
Francie Médiane : Ermengarde de Tours (Lothaire 1er) ; Theutberge (Lothaire II)
Francie Occidentale : Ermentrude d'Orléans et Richilde d'Ardennes (Charles II le chauve) ; Ansgarde de Bourgogne et Adélaïde de Paris (Louis II le bègue) ; Richarde de Souabe (Charles III le gros) ; Frédérune et Edwige de Wessex (Charles III le simple) ; Gerberge de Saxe (Louis IV d'Outremer) ; Emma d'Italie (Lothaire) ; Adélaïde d'Anjou (Louis V le fainéant)
Francie Orientale : Emma de Bavière (Louis II le germanique) ; Liutgarde de Saxe (Louis III le jeune) ; Litwinde (Carloman de Bavière) ; Oda (Arnulf de Carinthie)
Transition Carolingien - Capétien :
Théodorade (Eudes) ; Aélis ou Adèle du Maine et Béatrice de Vermandois (Robert 1er) ; Emma de France (Raoul de Bourgogne) ; Eadhild, Hedwige de Saxe, Rohaut du Maine (Hugues le Grand)

Adélaïde d'Aquitaine (Hugues Capet) ; Rozala d'Italie, Berthe de Bourgogne, Constance d'Arles (Robert II) ; Mathilde de Frise et Anne de Kiev (Henri 1er) ; Berthe de Hollande et Bertrade de Montfort (Philippe 1er) ; Lucienne de Rochefort et Adélaïde de Savoie (Louis VI) ; Aliénor d'Aquitaine, Constance de Castille, Adèle de Champagne (Louis VII) ; Isabelle de Hainaut, Ingeburge de Danemark, Agnès de Méranie (Philippe II) ; Blanche de Castille (Louis VIII) ; Marguerite de Provence (Louis IX) ; Isabelle d'Aragon et Marie de Brabant (Philippe III) ; Jeanne 1ère (Philippe IV) ; Marguerite de Bourgogne et Clémence de Hongrie (Louis X) ; Jeanne II de Bourgogne (Philippe V) . Blanche de Bourgogne, Marie de Luxembourg, Jeanne d’Évreux (Charles IV)

Jeanne de Bourgogne et Blanche de Navarre (Philippe VI) ; Bonne de Luxembourg et Jeanne d'Auvergne (Jean II) ; Jeanne de Bourbon (Charles V) ; Isabeau de Bavière (Charles VI) ; Marie d'Anjou (Charles VII) ; Marguerite d’Écosse et Charlotte de Savoie (Louis XI) ; Anne de Bretagne (Charles VIII)

Jeanne de France, Anne de Bretagne, Marie Tudor (Louis XII)

Claude de France et Éléonore de Habsbourg (François 1er) ; Catherine de Médicis (Henri II) ; Marie 1ère d’Écosse (François II) ; Élisabeth d'Autriche (Charles IX) ; Louise de Lorraine-Vaudémont (Henri III)

Marguerite de Valois et Marie de Médicis (Henri IV) ; Anne d'Autriche (Louis XIII) ; Marie-Thérèse d'Autriche et Françoise d'Aubigné (Louis XIV) ; Marie Leszczynska (Louis XV) ; Marie-Antoinette d'Autriche (Louis XVI)
Vie quotidienne des reines :
Les reines mérovingiennes (Ve – XIIIe siècle)
Les reines mérovingiennes ne sont pas toujours des épouses uniques étant donné que les rois mérovingiens pratiquent parfois la polygamie ou la répudiation. Cependant, certaines reines peuvent être puissantes, voire régentes comme Frédégonde ou Brunehaut.
Les cours mérovingiennes sont itinérantes et se déplacent constamment dans différents palais. Le rôle de ces souveraines est de superviser la maison royale, les finances de leur dot et la gestion des domaines. Elles participent à des cérémonies religieuses et à des fondations monastiques. Leur quotidien est marqué par la politique dynastique, la diplomatie matrimoniale et parfois les intrigues.
L’alimentation des reines mérovingiennes se compose de repas simples mais abondants, viandes grillées, gibiers, poissons des rivières, pain, fromage, fruits secs, hydromel et bière. La cuisine est influencée par les traditions germaniques, il y a peu d’épices exotiques.
Leurs tenues sont des robes longues en laine ou soie grossière, des manteaux décorés de broderies, des bijoux massifs (fibules, colliers en or). Contrairement aux clichés, les Francs sont appréciés pour leur propreté. Les reines prennent des bains chauds (thermes hérités des Romains). Il est d’usage de parfumer le linge avec des huiles et onguents d’origine byzantine. Les reines portent des cheveux longs, tressés ou relevés. Elles se parfument avec des parfums à base de myrrhe, de résines ou de roses. Les crèmes sont des huiles végétales de noix, de noisette ou d’olives. Le teint reste naturel (pas de maquillage blanc), elles s’embellissent avec des onglons de poudre rouge (ocre) dans certains cas, héritage gallo-romain.
La médecine est pratiquée par des matrones qui se servent surtout d’herbes, thym, sauge, guimauve, miel… Les accouchements sont privés et domestiques, sans rituel politique. Ils sont menés par des « matronae » (sage-femmes expérimentées). La position est souvent assise ou semi-assise et parfois accroupie.
Cour souvent itinérante, les déplacements sont effectués à cheval ou en char sur des routes dures et peu entretenues.
Les cérémonies mérovingiennes sont souvent des rites semi-chrétiens, semi-germaniques. Elles se composent de grandes assemblées guerrières, banquet et négociations. On ne peut pas parler de protocole fixe.
La journée d’une reine mérovingienne peut se décomposer de la façon suivante :
- Elle se réveille tôt, souvent l’aube n’est pas levée. Elle dort, en général, dans une chambre simple, tapissée de tentures, au cœur d’un palais itinérant.
- Elle s’habille d’une robe de laine fine ou de soie, selon les richesses du moment et de la saison. Elle porte des bijoux lourds en or, héritage des traditions franques.
- Ensuite, arrive le temps de la prière. La foi chrétienne n’est pas encore totalement répandue ; la reine est souvent un soutien actif pour l’Eglise.
- Elle reçoit ensuite les intendants des domaines qu’elle gère : terres, revenus, serviteurs. La reine mérovingienne administre souvent ses propres propriétés et cette autonomie économique lui donne un réel pouvoir.
- Le repas du midi est simple : viande grillée, pain, hydromel
- Ensuite, les messagers venus des différentes régions sont reçus par la reine qui doit parfois juger des conflits locaux, conseiller le roi, ou discuter des alliances matrimoniales, la politique passant souvent par les mariages.
- L’après-midi, elle supervise l’éducation des enfants ou de jeunes nobles confiés à sa garde. Certaines reines mérovingiennes sont de redoutables stratèges : Brunehaut, par exemple, dirige les armées et gouverne pendant la minorité de ses fils et petits-fils.
- Le soir, un banquet est réuni à la cour. Le divertissement est assuré par des bardes, chants, récits guerriers.
- A la nuit tombée, le palais s’endort.
Les reines carolingiennes (VIIIe – Xe siècle)
Le pouvoir des reines carolingiennes est plus centralisé que chez les mérovingiennes. La reine est l’épouse principale du souverain, souvent sacrée, ce qui renforce son autorité. Elle réside dans des palais fixes. La religion devient importante, elles sont souvent très pieuses (patronage d’abbayes, correspondances religieuses). Elle participe activement à l’éducation des héritiers. Leur rôle politique n’est pas très marqué mais elles exercent une influence par le conseil et l’entourage.
Les repas de cour sont plus organisés. La viande reste dominante mais on note un accroissement des herbes aromatiques. Le vin devient plus courant. Les banquets sont de plus en plus importants.
Elles se vêtent de robes longues en lin ou en soie ou de tissus plus fins grâce au commerce méditerranéen, elles sont plus structurées. Elles portent des voiles et des couronnes. Les bains sont encore fréquents (influence romaine maintenue). Ils sont privés dans des cuves en bois ou en métal. Les reines utilisent des savons parfumés importés du monde arabe (savon d’Alep primitif). Leurs cheveux lissés ou nattés sont ornés de bandeaux. Des masques de beauté sont créés à partir de blanc d’œuf, de miel et de farine. Le teint peut être légèrement poudré avec entre-autre de la farine de riz. Le corps est massé avec de l’huile d’olive ou de noix. Les parfums sont à base de lavande, de verveine, de violette…
La médecine est exercée par les « medici » (médecins lettrés) qui pratiquent les saignées et fabriquent des potions, des moniales-infirmières spécialisées dans les tisanes, décoctions, cataplasmes à base de plantes. L’accouchement reste privé mais est mieux encadré. Des médecins lettrés assistent les sage-femmes. On utilise des fumigations, des potions herbacées, des massages et des ceintures de protection (amulettes chrétiennes ou païennes).
La cour reste itinérante même si les déplacements sont mieux organisés. Les séjours restent fréquents dans les grands palais (Aix-la-Chapelle, Compiègne). De nombreux voyages sont ordonnancés pour des cérémonies, des négociations ou des fondations religieuses. Les cérémonies sont principalement agencées autour de rites religieux structurés, messes, couronnements, fêtes impériales.
La reine carolingienne est sacrée donc elle est très légitime. Elle peut exercée la Régence et jouer un rôle diplomatique actif. Elle fonde souvent des abbayes ou des hospices : c’est un rôle politique et spirituel majeur.
La journée d’une reine carolingienne peut se décomposer de la façon suivante :
- La reine se lève tôt, à l’aube. Elle couche dans une chambre simple mais confortable. La pièce est chauffée par un braséro de métal. Deux suivantes l’aident à se vêtir.
- S’ensuit la prière matinale.
- La reine se rend ensuite à la chapelle du palais. Le roi, sa famille et la suite assistent aux offices.
- Durant la matinée, elle ne gouverne pas officiellement, mais elle joue un rôle essentiel. Ainsi, elle reçoit les intendants de ses domaines, elle signe des actes de donation, elle s’occupe de monastères sous sa protection, elle discute avec des conseillers, souvent ecclésiastiques (abbés, évêques). Elle peut également recevoir les femmes nobles, ambassadrices ou épouses d’émissaires étrangers.
- Vers midi, elle prend son repas principal, viandes, poissons, pains, fruits. Les convives s’assoient sur des bancs, et les plats sont servis sur de grandes tables en bois.
- L’après-midi est consacré à l’éducation des enfants royaux, surtout des filles, à la broderie ou autres travaux d’aiguilles, à la lecture pieuse ou encore à la gestion de la charité (distributions de vêtements, d’argent, visites aux pauvres ou aux malades).
- En fin d’après-midi, elle peut accompagner le roi lors d’une promenade dans les jardins du palais ou écouter des musiciens et des conteurs.
- Dans la soirée, après un repas léger, elle assiste aux prières du soir. La cour ne connaît pas encore les longues soirées festives, la vie est rythmée par la religion et le travail. La reine se couche tôt, parfois en lisant ou en priant.
Les reines capétiennes (Xe – XIVe siècle)
A partir de cette époque, la reine est systématiquement sacrée à Reims, ce qui lui donne une légitimité forte. Elles sont régentes en cas d’absence ou de minorité, ce qui fut le cas par exemple de Blanche de Castille, mère de Louis IX. La cour devient plus stable, Paris et ses environs concentrent le pouvoir. La reine reste très impliquée dans le domaine religieux, charité et fondations pieuses. Elle s’occupe également de l’éducation des princes et de gérer ses apanages (domaines personnels). La vie protocolaire se met en place, messes quotidiennes, audiences, banquets, cérémonies. Elle a un entourage féminin important, dames d’honneur, chambellanes, suivantes…
La cuisine médiévale est plus raffinée, épices très chères (safran, cannelle, gingembre), sauces épaisses, pâtés et tourtes. La reine mange souvent en public les jours importants. Les jours de maigre sont stricts et imposent poissons et légumes.
Elle s’habille de surcots, cottes et manteaux doublés de fourrure, leurs cheveux sont recouverts de voiles et résilles (accessoire textile ou métallique destiné à maintenir les cheveux en place tout en décorant la coiffure), le luxe est visible mais pas encore ostentatoire. Le bain est encore courant dans la noblesse. Les reines ont leur salle de bain chauffée, souvent dans une tour. Les lavages des mains sont fréquents avant et après le repas. L’utilisation de poudre blanche commence, c’est une origine médiévale. Leur coiffure est très travaillée, frisures, voiles, hennins (surtout en fin de période). Les cheveux peuvent être éclaircis au soleil avec un mélange de safran, de citron et de vin blanc. Les eaux florales (rose, fleur d’oranger), le vinaigre parfumé et les onguents à base d’amandes complètent leur beauté.
La médecine se pratique surtout à base de saignées, de décoctions et d’herboristerie. Elle est entre-autre le domaine des abbayes spécialisées. Cette période voit les premières règles politiques strictes autour de la naissance royale. Les accouchements sont toujours privés mais surveillés. Les sage-femmes réputées sont souvent recommandées par des monastères. Il y a peu de médecins car la médecine universitaire dédaigne encore l’obstétrique. L’acte se déroule dans la chambre, souvent surchauffée (les humeurs froides étaient jugées dangereuses), les draps sont sombres et ont fait brûler des aromates. Des objets sacrés sont présents, comme reliques, croix, ceintures bénites.
Les déplacements sont plus limités et restent principalement autour de Paris et vers les domaines royaux. On voyage surtout à l’occasion de naissances, de mariages… Les transports sont plus confortables, litières, charrettes couvertes.
L’étiquette grandissante, la reine est légitimée par le sacre. Elle est présente aux cérémonies diplomatiques, aux mariages princiers et aux entrées solennelles.
D’un point de vue politique, elle commence à exercer une influence sur le pouvoir royal, surtout en cas de régence. Elle a une influence morale et religieuse et elle gère toujours ses domaines.
La journée d’une reine capétienne peut se décomposer de la façon suivante :
- La reine dort dans une chambre richement décorée au palais royal, souvent au Louvre ou à la Cité. A son réveil, elle est entourée de dames d’honneur qui l’aident à se vêtir.
- Elle assiste à la messe dans la chapelle du palais, la piété rythme la journée.
- La reine s’occupe ensuite de contrôler sa dot, ses terres et parfois la régence. Elle joue un rôle diplomatique majeur. Elle s’occupe également de l’éducation de ses enfants.
- Le repas de midi, nommé « dîner » est pris entre 10h et 12h, suivant le rythme du soleil. Il peut être pris en public ou en chambre. On savoure de la viande, du poisson, des fruits et des pâtisseries.
- L’après-midi est rempli par les actions de charité et de patronage. Elle peut aussi broder, lire des textes religieux ou s’entretenir avec des conseillers spirituels.
- Le soir, elle participe au banquet qui reste cependant, moins extravagant qu’à la Renaissance ou qu’à Versailles. La musique et la poésie trouvent leur place, mais la cour reste sobre.
Les reines de la Renaissance (XIVe – XVIe siècle)
Elles prennent un rôle politique plus actif (Anne de Bretagne, Catherine de Médicis). La cour devient un centre artistique majeur. Elles vivent dans un cadre luxueux, Loire puis Ile de France. Leur journée est très codifiée, lever public (présentation à la cour), prières, audiences, lettres diplomatiques, commandes artistiques, patronage des lettres, participation aux fêtes, tournois, bals et entrées royales.
L’influence italienne se ressent dans l’alimentation, légumes nouveaux, pâtes, pâtisseries fines. Le sucre arrive en grande quantité (Catherine de Médicis). Les repas sont de plus en plus précieux et inventifs.
Elles influencent la mode, coiffes, robes à paniers, tissus précieux. Des transformations majeures s’opèrent, corsets, manches volumineuses, brocarts italiens, perles, rubans, collerettes. La fascination italienne et espagnole marque la mode de cette période. Le bain se raréfie car la peur des maladies (peste) est omniprésente. Les reines cependant continuent à prendre des bains parfumés (eau de rose, thym). Elles sont dans des chambres chauffées. Des bassines leur permettent de faire leurs ablutions quotidiennes. C’est l’apparition du maquillage blanc (plomb blanc, qui s’avère très dangereux pour leur santé). Leurs lèvres sont légèrement teintées avec de la garance ou de la cochenille. Les sourcils sont fins et parfois épilés. Les coiffures sont très élaborées, on y ajoute les coiffes, les hennins ou les voiles. Elles utilisent de l’eau parfumée pour adoucir la peau. C’est le début de l’importation des cosmétiques italiens. Catherine de Médicis va transformer Paris en capital de parfum.
Les médecins sont des universitaires. Ils pratiquent le diagnostic des urines, les saignées, les purges, les régimes alimentaires et les consultations théoriques. Les chirurgiens-barbiers font les sutures, les réductions de fractures, les trépanations, les amputations, les accouchements difficiles. Les apothicaires préparent les sirops, les onguents, les distillations, les poudres et les parfums médicinaux. Cette période marque l’évolution décisive vers un accouchement semi-public. L’accouchement se déroule dans une chambre « close » pendant un mois. Les murs sont drapés de noir ou de bleu. Les fenêtres sont condamnées pour « protéger » la reine. La pièce est toujours surchauffée. Il y a un nombre grandissant de témoins, notamment pour éviter les accusations de substitution. La mère est entourée de sage-femmes et de médecins de cour. Catherine de Médicis introduit une obstétrique plus « technique » avec des potions calmantes, des bains chauds et des positions spécifiques.
Les déplacements se multiplient à la suite des diverses résidences royales (châteaux de la Loire) et également à l’occasion des fêtes, entrées royales, tournois.
La Renaissance est marquée par les fêtes fastueuses, le développement de la magnificence royale.
En politique, l’apogée de l’influence féminine est marquée par des femmes de caractère comme Anne de Bretagne et Catherine de Médicis.
La journée d’une reine de la Renaissance peut se décomposer de la façon suivante :
- La reine se réveille dans une chambre richement décorée, tentures, tapisseries, meubles sculptés. Son lever est semi-public, plusieurs dames d’honneur l’aident à se coiffer, se maquiller légèrement et s’habiller.
- La messe du matin est quotidienne et obligatoire à la cour.
- La matinée est politique. Contrairement à la période bourbonienne où le pouvoir féminin est réduit, la reine de la Renaissance est très active. Elle reçoit les ambassadeurs, s’occupe des affaires du royaume ou de son royaume natal, discute des mariages dynastiques, gère ses propres domaines. Anne de Bretagne signe même des actes, supervise ses revenus, défend les intérêts bretons. Catherine de Médicis peut présider des conseils politiques, surtout durant les guerres de religion.
- Le repas du midi se déroule dans une atmosphère raffinée, pâtés, volailles, fruits confits, pâtisseries fines. La reine mange parfois entourée de la cour, parfois en privé.
- L’après-midi est réservé aux arts, aux loisirs et à l’éducation des princes et princesses. Durant la Renaissance, l’art est mis en avant, musique, danse, lecture de poèmes, promenade dans les jardins inspirés d’Italie, jeux de cartes ou échecs, commandes d’œuvres d’art. La reine est un grand mécène, elle protège les peintres, les poètes, les sculpteurs, les humanistes. Elle surveille l’éducation de sa progéniture même si les nourrices et précepteurs jouent un grand rôle. Elle organise la vie privée du roi, des enfants et des dames de cour.
- La soirée est somptueuse, bals, mascarades, banquets, lectures, concerts, représentations théâtrales, discussions littéraires. La reine y brille par sa tenue et son rôle de maîtresse de cérémonie.
- La journée se termine souvent tard, souvent après une collation puis des prières. Le coucher est plus intime qu’à Versailles, moins contrôlé, mais reste entouré d’un protocole.
Les reines bourboniennes (XVIe – XVIIIe siècle)
La reine de France sous les Bourbons est moins politiquement active, sauf durant la période de la Régence de Marie de Médicis (mère de Louis XIII) et d’Anne d’Autriche (mère de Louis XIV). Leur rôle devient plus symbolique, maternité, image de vertu, représentation. La reine vit principalement au Louvre, à Saint-Germain puis à Versailles dès 1682.
L’alimentation devient très codifiée, c’est la naissance de la « haute cuisine française ». Les repas deviennent publics, surtout le souper. Trois ingrédients qui vont transformer nos habitudes alimentaires apparaissent, le café, le thé et le chocolat. Les mets deviennent très raffinés surtout à Versailles, truffes, asperges, glaces et pâtisseries.
Dans le domaine vestimentaire, on rentre dans la période des extravagances maximales, paniers élargissant les hanches, corsets rigides, robes à la française, coiffures très hautes (surtout au XVIIIe siècle), soies, dentelles, broderies d’or. La reine devient un modèle de mode. On est à l’époque du raffinement extrême dans les soins mais aussi dans les pratiques toxiques. La reine prend peu de bain car la médecine juge que c’est trop dangereux. La toilette quotidienne reste cependant rigoureuse, linge propre chaque jour, eau parfumée, alcools aromatiques, poudres absorbantes. Le visage doit être blanc (les visages bronzés représentent le peuple, c’est-à-dire ceux qui travaillent !), les lèvres rouges (cochenille). A partir de Louis XIV apparaissent les mouches avec leurs significations. Les parures sont très sophistiquées. Tout est parfumé, gants parfumés, poudre, sachets d’herbes, il faut bien compenser les odeurs dégagées à la suite du manque d’hygiène… Les coiffures varient en fonction des reines, sous Louis XIV, elles sont hautes et poudrées, sous Marie Leszcynska, style rococo plus doux, sous Marie-Antoinette, poufs monumentaux, perruques, poudres parfumées. On commence à fréquenter les bains de vapeurs et les eaux thermales (Vichy, Forges).
La médecine se dit savante et les médecins sont attitrés à la personne royale. L’accouchement se passe en public ou du moins en présence de témoins car la naissance d’un héritier est un acte d’État, il faut éviter toute accusation de substitution d’enfant et la continuité dynastique dépend de la légitimité du nouveau-né. La chambre est transformée plusieurs semaines avant la naissance (volets fermés, rideaux lourds, chaleur volontairement élevée, atmosphère confinée « on pense que le froid est dangereux pour le fœtus »). Cette chaleur favorise les infections, ce qui explique beaucoup de morts post-partum. Deux lits sont préparés, le grand lit, pour l’accouchement et le petit lit, pour la convalescence. Des objets religieux protègent la naissance, les reliques, les chapelets, les crucifix et les cierges bénits. Un personnel imposant est présent, la sage-femme jurée du royaume (femme de confiance assermentée), les médecins et chirurgiens de la cour (ils ne touchent à la reine qu’en cas de complications), les dames de haut rang (témoins officiels pour garantir la légitimité de l’enfant), les officiers domestiques (échanson, panetière, femme de chambre). La reine accouche allongée, le dos très incliné, les jambes tenues par des femmes, elle est rarement assise. Elle bénéficie de massages, de tisanes chaudes, de parfums pour purifier l’air et de prières continues. Dès que l’enfant naît, on le montre immédiatement aux témoins, on vérifie le sexe et le personnel acclame si c’est un petit garçon. On le baptise à la hâte si l’enfant paraît faible, sinon, on attend le grand baptême officiel. Après l’accouchement, la reine doit rester au repos dans le « lit de retraite », elle a interdiction de sortir de la chambre pendant au moins quarante jours, c’est-à-dire jusqu’à la cérémonie des relevailles. Le bébé est remis à la nourrice (souvent choisie avant la naissance) et il est suivi de très prêt par les médecins (fièvres, convulsions, difficultés respiratoires).
A partir de 1682, la cour reste majoritairement à Versailles. Les déplacements se font lors des grandes occasions. Ils se font en grandes processions et sont extrêmement cérémoniels. La reine devient statique, entourée d’un protocole immense.
Le protocole est à son apogée, la reine est une figure presque scénique et toujours observée.
Son pouvoir politique très diminué (surtout par Louis XIV), son influence est principalement culturelle et symbolique, exception faite cependant des deux régentes, Marie de Médicis et Anne d’Autriche.
La journée d’une reine bourbonienne peut se décomposer de la façon suivante :
C’est surtout à Versailles et sous Louis XIV que le rythme quotidien de la reine va changer.
- Versailles se réveille bien avant la reine. Les couloirs bruissent du passage des domestiques. La reine occupe un appartement vaste mais peu intime ; presque tout y est public.
- Le lever devient un rituel. Elle se réveille entourée de nombreuses dames : « le Grand lever ». Chaque geste est codifié. Une grande dame offre la chemise, une autre apporte l’eau, une autre encore présente les bijoux.
- Vient ensuite le temps de la messe quotidienne et des audiences. Elle reçoit des ambassadeurs, des dames de la cour, des solliciteurs, des artistes. Elle ne gouverne pas mais sa présence symbolique est essentielle. Elle incarne l’ordre, la morale, la maternité royale.
- Le « dîner » se prend vers 11h ou midi. C’est généralement le principal repas de la journée. Il peut être en public, en petit couvert ou en particulier. La reine ne touche presque jamais un plat elle-même, de nombreux serviteurs s’occupent du service. Il se compose de potages et viandes rôties, de ragoûts, de plats élaborés et de desserts.
- L’après-midi est consacré aux loisirs royaux. Elle marche dans les jardins, fait de la musique, chante, lit, joue aux cartes, assiste à des représentations théâtrales. Elle peut superviser l’éducation des enfants royaux, seulement si on lui permet de s’en occuper, ce qui n’est pas toujours le cas.
- Le soir, c’est étiquette et spectacles. Le souper public est une obligation, la cour regarde la reine manger. Ensuite, on assiste à l’opéra, aux comédies, aux bals, aux feux d’artifice.
- La reine se couche tard et toujours entourée. La vie à Versailles est fastueuse mais étouffante, sans cesse observée, sans intimité, avec une pression constante pour donner un héritier.
L’éducation des reines :
Il ne s’agit pas d’enseignement « officiel » mais d’un ensemble de savoirs, de compétences et de modèles culturels destinés à façonner une future reine.
Les princesses sont éduquées dans des monastères ou auprès de leur mère. Leur enseignement est basé sur la lecture religieuse, la formation morale chrétienne, la gestion domestique, la connaissance de la loi et du pouvoir (alliance, diplomatie) et le savoir médicale élémentaire (soins des pauvres). On attend d’une reine qu’elle devienne patronne des monastères, protectrice de la dynastie, conseillère du roi et qu’elle soit capable d’agir comme régente.
Les reines carolingiennes (VIIIe – Xe siècle)
La cour carolingienne est un centre intellectuel majeur. Elles apprennent la lecture latine et parfois l’écriture. Elles ont une formation religieuse rigoureuse. Elles reçoivent également une éducation politique, diplomatie, gestion du palais, charte et dotations. Elles doivent connaître l’histoire Sainte et l’histoire des rois. L’art féminin fait également parti de leurs attributions, broderie, tissage, musique. On attend d’une reine qu’elle sache diriger le palais féminin, fonder des monastères, et qu’elle joue un rôle de médiatrice entre grands seigneurs.
L’éducation des reines devient plus homogène. Elles reçoivent une instruction religieuse approfondie, une culture générale (vies de saintes, récits moraux). Elles sont formées au protocole (préséances, étiquettes), à la gestion des domaines, aux alliances matrimoniales et usages de cour. Elles apprennent le français et parfois le latin. L’idéal de reine capétien est une femme pieuse, modeste, féconde et garante de la paix !
Les reines de la Renaissance (XIVe – XVIe siècle)
La dynastie des Valois marque une évolution majeure de l’éducation des reines : plus intellectuelle, plus politique, plus internationale.
Les Valois Directs (1328-1498)
Dans un contexte particulier marqué par la guerre de cent ans et par l’influence des Anglais et des bourguignons, les reines doivent souvent gérer des crises. Leur enseignement devient de plus en plus précis. Elles doivent savoir lire et écrire. Elles pratiquent les mathématiques. L’histoire de France ne doit avoir aucun secret pour elles. Les reines sont tenues de connaître la diplomatie (alliances, traités). La religion reste très présente, elles doivent faire preuve de charité (fondations pieuses). Elles ont une éducation chevaleresque indirecte (culture de cour, tournois, romans). Le modèle féminin dominant est une reine protectrice du royaume et de la culture française.
Les Valois d’Orléans (1498-1515)
Période de forte influence italienne, les reines sont très fortes. Leur éducation est basée sur l’humanisme (lecture en latin, textes antiques « Ovide, Sénèque », philosophie chrétienne), l’art (musique, danse, broderie riche, mécénat), la diplomatie italienne (ambassadeurs, alliances savantes), l’administration (finances, domaines, nominations). Le modèle féminin est la reine « princeps docta », c’est-à-dire intelligente, diplomate, cultivée et mécène.
Les Valois d’Angoulême (1515-1589)
On rentre dans la période de l’apogée de la Renaissance française avec une éducation très intellectuelle et un rôle majeur des reines en politique. Leur enseignement se complexifie. Elles apprennent le latin couramment, parfois le grec et la philosophie, la botanique, les mathématiques, l’astrologie, l’art (musique, danse). Ce sont de grandes mécènes. D’un point de vue diplomatique, on les instruit sur la correspondance politique, la négociation et la gestion. Le modèle féminin est une reine femme d’État, cultivée, efficace, prudente et politiquement active.
On rentre dans l’ère de la monarchie absolue où la cour se codifie et les reines sont souvent des étrangères. L’enseignement reçu est une éducation religieuse stricte (confesseurs, spiritualité dévote). On les initie aux langues (français obligatoire, parfois espagnol, italien ou allemand), à l’histoire de la France, aux arts (danse de cour, clavecin, dessin, broderie), à l’étiquette de cour (cérémonial, préséances, rituels), à la diplomatie, à la charité royale. La reine bourbonienne est la mère de l’héritier royal, une figure morale, une médiatrice politique, une ambassadrice culturelle.
L’éducation des enfants royaux :
Chaque époque a ses priorités ; les Mérovingiens, formation guerrière ; les Carolingiens, formation religieuse et lettrée ; les Capétiens, piété et premiers rudiments politique ; les Valois, humanisme et courtoisie ; les Bourbons, étiquette stricte et disciplines intellectuelles.
Les reines mérovingiennes (Ve – XIIIe siècle)
Les reines jouent un rôle réel dans la formation morale et politique de leurs enfants. La transmission est principalement orale (traditions, récits guerriers, valeurs familiales). Elles insistent sur la piété. Les garçons sont éduqués en vue de devenir chef de guerre. Ils apprennent la fidélité à la dynastie, la connaissance religieuse et la gestion des hommes. Les filles sont instruites surtout par les femmes à la religion, à la gestion du domaine, au tissage et au mariage diplomatique.
Les reines peuvent faire appel à des nourrices qui sont en général des femmes de confiance du clan, souvent libres et parfois des servantes haut placées. Les princesses sont élevées par des matrones du palais. Les précepteurs s’occupent de l’apprentissage guerrier du garçon, ils les initient aux armes. Il n’y a pas d’éducation scolaire formelle.
Les reines carolingiennes (VIIIe – Xe siècle)
L’éducation est plus formelle, lettres, liturgie, morale chrétienne. Les garçons reçoivent une formation guerrière et sont principalement instruits par des hommes. Les princesses sont élevées pour devenir reines et parfois régentes. L’instruction religieuse est très importante, mais elles sont encouragées à savoir lire et parfois écrire, leur domaine reste cependant très étroit, cantonnée à tisser ou gérer uniquement leur domaine. Elles doivent être charitables.
Les nourrices restent présentes mais sont mieux sélectionnées en fonction de leur morale et de leur piété. Les gouvernantes deviennent plus spécialisées, notamment pour les princesses. Les précepteurs sont principalement des moines, des clercs, des lettrés. On commence à avoir une véritable éducation scolaire.
Les reines capétiennes (Xe – XIVe siècle)
L’éducation reste principalement religieuse. L’enfance est passée auprès de la mère (reine ou reine-mère) mais on commence à employer des gouvernantes, issues de grands lignages. Vers 7 ans, les garçons sont éduqués par des précepteurs masculins où ils apprennent outre leur éducation religieuse, le maniement des armes, l’équitation, la chasse mais aussi le latin rudimentaire. Les filles restent auprès de leur mère, elles apprennent la langue latine ou vernaculaire, la broderie, la danse et la musique. Elles reçoivent également des rudiments en matière de diplomatie.
Les nourrices sont des nobles de petite extraction (nourrices du roi), elles sont très respectées. Les gouvernantes sont « des dames d’honneur », elles ont surtout un rôle central auprès des princesses. Les précepteurs sont des clercs instruits, souvent choisis dans les grandes abbayes. L’éducation devient politique.
Les reines de la Renaissance (XIVe – XVIe siècle)
Sous les Valois, les reines jouent un rôle très important et très visible dans l’éducation de leurs enfants, elles sont souvent régentes. Avec l’arrivée de l’humanisme, l’éducation devient plus intellectuelle.
Est enseigné pour les garçons comme pour les filles : les prières, le latin, la rhétorique, la littérature, la grammaire, la danse, l’escrime, l’équitation, la chasse, le jeu de paume (devenu très en vogue), l’histoire, la morale chrétienne, la musique, le luth, les langues étrangères (italien, parfois espagnol).
Les nourrices, toujours présentes, sont plus surveillées, on exige d’elles du « bon sang, bonne moralité ». Les gouvernantes sont des femmes cultivées et de noble rang. Les précepteurs sont des humanistes, parfois étrangers (Italiens, Flamands).
Sous les Valois Directs, vu le contexte politique instable (guerre de cent ans), les reines sont souvent responsables de l’éducation car les rois sont absents ou morts jeunes. L’éducation très religieuse et morale reste une priorité mais elles enseignent aussi l’étiquette, le respect du protocole. Des gouvernantes et des précepteurs font partis du cercle proche de l’enfant. Ce sont toujours des proches de la reine. Si les garçons restent instruits à la guerre, les filles le sont à la diplomatie.
Sous les Valois d’Orléans, l’influence italienne et les humanistes marquent l’éducation des jeunes gens. Anne de Bretagne, épouse de Louis XII est très présente.
Sous les Valois d’Angoulême, la Renaissance accomplie sa mission, la culture, et surtout la culture italienne marque fortement l’éducation de la jeunesse. Louise de Savoie (mère de François 1er), dirige l’ensemble de son éducation politique. Les guerres de religion vont également fortement marquer cette période, surtout avec le décès prématuré d’Henri II et la régence de Catherine de Médicis qui formera ses trois fils. La formation politique devient très poussée.
Les reines bourboniennes (XVIe – XVIIIe siècle)
Avec la monarchie absolue, l’éducation devient affaire d’État. Les reines jouent toutefois un rôle crucial dans les premières années. Les enfants restent dans l’appartement de la reine jusqu’à 6-7 ans. Ensuite, ils passent dans les mains de précepteurs royaux choisis par le roi. L’éducation est très stricte et très codifiée, marquée par l’étiquette. Le lever public « à la royale » est également subi par les enfants. Ils reçoivent bien sûr une éducation religieuse mais leur est enseigné également ; le latin, l’Histoire de France, la danse (très important à cette époque), l’escrime, l’équitation, la musique, le chant, les mathématiques. Avec un gouverneur, ils ont des leçons politiques (connaissance de la dynastie, lois fondamentales du royaume, diplomatie, leçon de civilité). Les filles ont le même enseignement, mais on leurs inculque en plus une instruction morale stricte (devoir de maternité, piété et tenue).
Les nourrices sont toujours des nobles. Elles subissent une vérification médicale stricte (propre lait, moralité). Les gouvernantes « Dame d’honneur », puis « Gouvernante des Enfants de France » deviennent très puissantes. Les précepteurs sont choisis par le roi. L’enfant royal devient un symbole vivant de l’État.
Le sacre des reines :
Le sacre apporte une prestance à la reine car ça lui donne un rôle important. Elle assoie sa position.
Les reines mérovingiennes (Ve – XIIIe siècle)
Il n’y a pas de sacre spécifique pour les reines. Le sacre du roi existe mais il n’est pas encore systématique. La reine reçoit parfois une bénédiction nuptiale ou religieuse, mais pas de cérémonie séparée, encore moins un rituel officiel et politique. Le pouvoir de la reine repose surtout sur la naissance, le mariage, les alliances familiales et son influence personnelle.
Les reines carolingiennes (VIIIe – Xe siècle)
On assiste à l’apparition du sacre des reines. Le sacre devient un outil essentiel de légitimation. Le roi est sacré systématiquement après Pépin le Bref. Le sacre garantit sa dignité royale, son lien au sacré, sa légitimité pour donner des héritiers et son rôle possible de régente.
Le sacre peut avoir lieu soit le jour du sacre du roi, soit lors du mariage. La reine reçoit une onction d’huile sainte sur le front, une couronne et parfois un anneau ou un sceptre symbolique. Elle ne jure pas comme un roi, les prières rappellent ses devoirs ; chasteté conjugale, défense de l’Église, soin des pauvres, soutien au roi.
Les reines capétiennes (Xe – XIVe siècle)
C’est l’institutionnalisation du sacre. La reine est sacrée presque toujours. A partir de cette époque, le sacre de la reine devient une coutume quasi obligatoire, surtout pour renforcer sa position dans la monarchie. Le sacre se passe à Reims, par l’archevêque de Reims. Il se pratique souvent le même jour que le roi. La reine reçoit la couronne, le sceptre, la main de justice ou un simple anneau, le manteau bleu parsemé de lys d’or et l’onction sur la tête ou sur le front. Le cérémonial insiste sur sa fécondité, sa pureté et son rôle de protectrice du royaume. Elle promet fidélité au roi, protection des pauvres, soutien à l’Église et de jouer un rôle de « paix » dans le royaume. Une reine sacrée peut exercer la régence avec autorité et représenter le royaume. Il donne donc un statut sacré à la fonction royale féminine.
Les reines de la Renaissance (XIVe – XVIe siècle)
Le sacre persiste mais perd de son importance politique. A la Renaissance, la reine est presque toujours sacrée mais le rituel devient plus symbolique que politique. La France reste attachée à la tradition sacrale. Les reines étrangères (comme Catherine de Médicis) sont sacrées pour légitimer leur place. La cérémonie a toujours lieu à Reims mais elle devient plus somptueuse, avec musique, processions. Elle reçoit la couronne, le sceptre à fleur de lys, l’anneau et parfois la bible ou le livre d’heures brièvement posé dans ses mains. La reine devient la « mère du royaume », elle incarne la continuité de la dynastie, elle participe aux cérémonies officielles comme figure sacrée.
Les reines bourbonniennes (XVIe – XVIIIe siècle)
Avec les Bourbons, le sacre change profondément. A partir du XVIIe siècle, les reines ne sont plus toujours sacrées (comme Anne d’Autriche, Marie-Thérèse d’Autriche, Marie Leszczynska, Marie-Antoinette). Quant à Marie de Médicis, elle sera sacrée en urgence quelques heures avant l’assassinat d’Henri IV pour assurer la régence. Comme ses prédécesseuses, elle reçoit la couronne, le sceptre, l’anneau et le manteau royal (velours bleu semé de lys, doublé d’hermine).
Le sacre disparaît car le roi veut concentrer le pouvoir entre ses mains, la reine ne doit pas être une seconde autorité sacrée. Le rituel devient coûteux et jugé inutile. Le rôle politique des reines décline et la monarchie absolue privilégie un protocole domestique plutôt qu’un rituel religieux.
Deuil et enterrement des reines :
Les rites et les symboles du deuil royal des reines
Au moment de leur veuvage, les reines devaient observer une période d’attente destinée à vérifier si elle était enceinte, on appelait cette pratique, « l’attente du terme », « la quarantaine de deuil » ou encore « la retraite de viduité ».
L’objectif était politique et dynastique, il fallait s’assurer qu’une reine veuve n’attende pas un héritier potentiel. Ainsi on garantissait une succession claire, des contestations sur la légitimité d’un enfant né après le décès de son père, un remariage trop précoce et une protection pour la reine d’accusations d’adultère ou de manipulation.
Cette prudence existait dans toute l’Europe médiévale mais était particulièrement importante en France. Elle apparaît vers le haut Moyen-Age et se confirme à l’époque capétienne pour perdurer jusqu’aux Bourbons.
Deux termes sont employés pour désigner le nouveau statut de la reine soit reine veuve, soit reine relicte (ou relikte). Ces deux désignations n’ont pas la même nuance. Le premier est le terme moderne et le plus courant. Le deuxième est un terme ancien d’origine latine (du verbe relinquere qui signifie laisser, abandonner). Il a une connotation juridique donnant le statut légal de la veuve, des droits liés à son douaire ou à la régence, sa place à la Cour. Il est principalement employé dans les textes officiels, registres, actes royaux et documents juridiques. Il apparaît dans les chartes latines et romans dès le XIe siècle, puis il s’officialise entre le XIIe et XVe siècle pour s’atténuer vers le XVIIe – XVIIIe siècle.
Les reines mérovingiennes (Ve – XIIIe siècle)
Durant cette période, le deuil est surtout d’origine germano-chrétien. L’austérité et la charité prédominent. Les reines s’isolent dans leur palais ou au monastère. Elles optent pour des vêtements sombres, souvent bruns, noirs ou gris (ce n’est pas encore codifié), elles abandonnent leurs bijoux. Un voile épais est posé sur leur tête. La durée du deuil fluctue énormément entre quelques mois à plusieurs années. La symbolique est l’humilité chrétienne, le renoncement temporaire au luxe et l’acceptation de la volonté divine.
Bien que les sources soient peu nombreuses, il semblerait que la reine veuve soit mise à l’écart.
Les reines carolingiennes (VIIIe – Xe siècle)
Le deuil devient un acte public et politique. La liturgie et le rôle moral de la reine deviennent capital. Le veuvage est quasi-monachisme. Les vêtements sont très sombres, plutôt noirs, les parures sont supprimées et la vie doit être modeste. Elles participent beaucoup plus aux offices religieux.
Bien que les sources soient peu nombreuses, il semblerait que la reine veuve soit mise à l’écart.
Les reines capétiennes (Xe – XIVe siècle)
Le veuvage des reines capétiennes est institutionnalisé. Elles doivent apparaître à des rituels dont la durée est précise. Le noir est obligatoire (couleur du deuil chrétien). Elles portent également un grand voile noir. Les bijoux et tout signe extérieur de luxe est banni. Les reines doivent se retirer dans une résidence dédiée. La reine veuve conserve un haut prestige. Elle peut devenir régente ou conseillère.
Durant son veuvage, la reine s’enferme dans son appartement ou se retire dans un monastère royal pendant 40 jours, soit trois mois. Elle est entourée de dames choisies par le conseil du roi.
Les reines de la Renaissance (XIVe – XVIe siècle)
Sous les Valois, le deuil devient un art codifié avec des règles précises de couleur, de durée et de cérémonial.
La quarantaine durant la Renaissance devient très précise. La reine veuve doit garder une vie retirée, elle est surveillée par des dames de confiance. Elle ne doit pas se déplacer en dehors du palais.
Sous les Valois Directs, la reine se conforme à une cour très cérémonielle. Sa représentation est publique. Le deuil évolue fortement, elle est vêtue de noir de la tête aux pieds, avec un voile épais et long, souvent doublé et un manteau noir bordé d’hermine ou non. A partir du XVe siècle, apparaît le « deuil blanc » pour les veuves royales. C’est une pratique française, la reine porte du blanc qui est le symbole de la pureté, le veuvage devient sacré. Il s’agit d’un deuil supérieur réservé aux princesses de sang.
Sous les Valois d’Orléans, on assiste à une période transitoire entre le Moyen-Age et la Renaissance. La reine est sous forte influence italienne. La reine est toujours parée de noir et de blanc, mais avec des tissus plus luxueux (satin, velours noirs, brocarts sombres). Le deuil devient esthétique autant que religieux. La reine peut même portées un grand voile blanc. Le blanc prend un sens marial (Vierge Marie = pureté). Le deuil devient une mise en scène de la vertu.
Sous les Valois d’Angoulême, en pleine guerre de religion, les reines portent le noir intégral, souvent luxueux (velours noir profond, dentelles noires italiennes (mode espagnol et italienne). Les veuves royales adoptent un style sévère. Le deuil blanc continue à exister mais devient plus rare. Catherine de Médicis, après le décès d’Henri II, s’habillera jusqu’à la fin de sa vie en noir.
Les reines bourbonniennes (XVIe – XVIIIe siècle)
Avec la monarchie absolue, le deuil à la cour est très codifié. La veuve se vêt toujours de noir (robe, manteau, voile) et ne porte pas de bijoux, sauf une croix simple. Le deuil blanc existe encore, il est souvent porté le premier mois de veuvage. Au décès de l’époux, le deuil est d’une durée d’un an maximal, pour un deuil de parent, les règles sont très variables.
La quarantaine est toujours appliquée, bien que peu de reines aient survécus à leurs époux. Par exemple, Marie de Médicis reste confinée plusieurs semaines sous l’œil du Parlement et des médecins.
Rituel de l’enterrement des reines
Les reines mérovingiennes (Ve – XIIIe siècle)
Le christianisme commence à prendre le pas sur les rites germaniques. La reine est inhumée près d’un monastère ou dans une basilique royale. Les funérailles sont sobres. Le corps est enveloppé dans un linceul simple, parfois avec des bijoux (si la reine était consacrée). Des évêques récitent des prières mais il n’y a pas encore de liturgies funèbres élaborées. Il peut y avoir une procession courte dans la résidence royale.
Les reines carolingiennes (VIIIe – Xe siècle)
La liturgie romaine est mieux codifiée. Le corps royal a une valeur politique importante. Durant le rituel, on pratique la toilette funèbre (purification, onctions, vêtements de reine). La cérémonie liturgique est complète avec les offices des morts et les messes. Le corps est exposé dans une chapelle. Une procession solennelle est organisée avec des moines, des prêtres, des nobles et des vassaux. Le corps est inhumé dans une nécropole dynastique (Saint-Denis commence à s’imposer).
Les reines capétiennes (Xe – XIVe siècle)
Sous la dynastie capétienne de grands rituels royaux se fixent. Le corps est exposé en état, c’est-à-dire toiletté, habillé, parfumé et embaumé partiellement. Il est déposé sur un gerbier (estrade ou structure surélevée recouverte de tapisseries noires ou violettes), le cercueil peut être ouvert ou semi-ouvert. Les nobles et les clercs doivent former un cortège. Ensuite, une procession dans les rues est organisée puis le corps est enterré à Saint-Denis. La reine est revêtue des insignes, couronne, sceptre miniature parfois et manteau royal.
Les reines de la Renaissance (XIVe – XVIe siècle)
La période des Valois voit l’apogée de la pompe funèbre à la française, avec un rituel très codifié. Le corps est toujours exposé en l’état et déposé sur un gerbier, entouré de cierges.
Sous les Valois Directs, les rites sont enrichis. A présent la reine est représentée en cire, vêtue en reine vivante. L’effigie est portée lors du cortège, le corps restant dans le cercueil. Il y a une double cérémonie, les funérailles réelles avec le corps et les funérailles symboliques avec l’effigie permettant une représentation de la reine vivante. Les accompagnants à la procession sont munis de bannières et d’oriflammes. Un service de quarante jours (quarantaine funéraire) est observé, où des messes quotidiennes sont célébrées pour l’âme de la reine. Les cloches sonnent des offices spécifiques. Les officiers doivent porter le deuil.
Sous les Valois d’Orléans, les rites sont toujours médiévaux mais enrichis. L’influence italienne marque le deuil par des tissus somptueux, des tenures noires brodées, des musiques polyphoniques. L’effigie devient plus réaliste. Les sarcophages se complexifient.
Pour les Valois d’Angoulême, les funérailles sont de plus en plus théâtrales. Outre la musique, les décors monumentaux, les oraisons humanistes, le cénotaphe temporaire se pare de colonnes, de statues et d’emblèmes. L’effigie est de plus en plus élaborée, ressemblant de plus en plus à la défunte. Un défilé de centaines de personnes, parfois plusieurs kilomètres viennent présenter leur condoléance. Pour les reines majeures, Saint-Denis reste la nécropole, parfois elle repose dans un mausolée comme Catherine de Médicis auprès d’Henri II.
Les reines bourboniennes (XVIe – XVIIIe siècle)
Sous la monarchie absolue, les obsèques sont imposantes. Jusqu’à la mort d’Anne d’Autriche, le corps est exposé sous un dais immense. La procession est extrêmement codifiée, à pied ou en carrosse, défilent le clergé, les princes de sang et les officiers de la Maison du Roi. Dans plusieurs villes, les cérémonies se multiplient. Les tombeaux sont grandioses, sculpture classique, marbres, figures allégoriques…
Les emblèmes, blasons et devises des reines :
Avant le XIVe siècle, les reines n’ont pas de blason personnel. On utilise les emblèmes dynastiques, les monogrammes, les regalia et les motifs textiles ou sigillographiques. A partir de Blanche de Castille, les reines portent les armes pleines de leur pays d’origine ou les armes partiées (ce sont les armoiries composées de deux blasons juxtaposés) avec celle de France.
Les reines mérovingiennes (Ve – XIIIe siècle)
Les reines n’ont pas de blason. On retrouve des emblèmes généraux comme l’abeille ou la cigale d’or, le lys, la croix, les fibules en forme d’oiseaux. Les signes propres aux reines sont les monogrammes sur les parchemins et les bijoux avec grenats cloisonnés (réservés à la haute noblesse).
Les reines carolingiennes (VIIIe – Xe siècle)
Toujours pas d’héraldique, les symboles sont surtout religieux et impériaux. De manière générale, on retrouve l’aigle carolingien, le monogramme carolin, le sceptre et la couronne. Elles utilisent un sceau à leur effigie.
Les reines capétiennes (Xe – XIVe siècle)
Dès le XIIe siècle, l’héraldique se met en place. Les reines portent leurs armes familiales parfois accolées à celles de la France. L’emblème royal commun est semé de fleurs de lys sur azur.
Les reines de la Renaissance (XIVe – XVIe siècle)
A partir des Valois apparaît des blasons féminins très clairs des emblèmes personnels et des devises (rarement, mais certaines en ont).
Sous les Valois Directs, les reines portent toutes trois fleurs de lys d’or sur azur et elles ont leurs propres armes. Elles ont souvent l’écu parti de France et de leur pays. Certaines reines utilisent la devise de leur conjoint. Isabeau de Bavière (épouse de Charles VI) avait comme devise « A ma vie ».
Sous les Valois d’Orléans, le principe du blason reste le même. Anne de Bretagne avait pour devise « Non mudera » (je ne changerai jamais) et « Potius mori quam foedari » (Plutôt la mort que la souillure » qui est une devise bretonne adoptée par la reine.
Blason de Marie Stuart
Sous les Valois d’Angoulême, les reines ont un héraldique riche, très personnel, souvent influencé par l’Italie. La plupart ont une devise personnelle.
Les reines bourbonniennes (XVIe – XVIIIe siècle)
Blason de Marie-Thérèse d’Autriche
Les reines utilisent les armes de France modernes (trois lys), les armes de leur maison d’origine, les emblèmes personnels et des devises parfois très élaborées.
Des mères non-reines
Bien que le roi, de manière générale, a une mère reine, il peut arriver qu’elle ne soit pas reconnue comme telle, par exemple, lors d’un changement de dynastie cette dernière n’a pas ce titre.
Les reines mérovingiennes (Ve – XIIIe siècle)
Les Mérovingiens pratiquaient la polygamie et le concubinage officiel, ce qui donne plusieurs mères non-reine. On retrouve, par exemple, Aregonde, mère de Chilpéric 1er. Plusieurs rois sont nés de mères non identifiées ou d’épouses secondaires non couronnées ; mères de Clovis II, Childéric II, Thierry III, Clotaire IV, Chilpéric II, Théodebald.
Les reines carolingiennes (VIIIe – Xe siècle)
Sous les carolingiens, la légitimité devient plus stricte, quasiment tous les rois carolingiens sont nés de reines officielles. Une exception tout de même, Himiltrude, concubine de Charlemagne, mère de Pépin le Bossu, prétendant au trône mais jamais roi.
Les reines capétiennes (Xe – XIVe siècle)
La légitimité est devenue très stricte. Seule la mère d’Hugues Capet (premier roi de la dynastie capétienne), Edwige de Saxe, n’est pas reine.
Les reines de la Renaissance (XIVe – XVIe siècle)
On retrouve durant cette période le même scénario que pour la dynastie précédente, c’est-à-dire que les rois ont des mères reines sauf les premiers rois. Ainsi Marguerite d’Anjou, mère de Philippe VI, pour les Valois Directs, Marie de Clèves, mère de Louis XII, pour les Valois d’Orléans et Louise de Savoie, mère de François 1er pour les Valois d’Angoulême sont des mères de rois mais n’ont jamais été reine.
Les reines bourbonniennes (XVIe – XVIIIe siècle)
Pour les Bourbons, le cas est un peu particulier, puisque la mère d’Henri IV, Jeanne d’Albret, n’est effectivement pas reine de France mais elle est reine de Navarre. C’est d’ailleurs par cet héritage d’Henri IV que la Navarre sera rattachée à la France.
Deux autres exceptions, dues à la longévité du roi ; la mère de Louis XV Marie-Adélaïde de Savoie, épouse de Louis de France et la mère de Louis XVI, Marie-Josèphe de Saxe, épouse de Louis de France, seront seulement dauphines et non pas reines, puisque leurs époux décèderont avant de devenir roi.
Et les princesses de Monaco :
Le territoire de Monaco n’étant mentionné qu’à partir du moyen-âge, le titre de princesse de Monaco ne sera pas utilisé avant 1659. La dynastie des Grimaldi règne en 1297, le souverain prend le titre de seigneur et donc son épouse est celui de Dame de Monaco.
Rainier 1er Salvatica del Carretto et Andriola Grillo Dame de Monaco
Charles 1er Luchina Spinola Dame de Monaco
Antoine 1er Marie de Lorraine Dame de Monaco
Jean 1er Pomellina Fregoso Dame de Monaco
Catalan Blanche del Caretto Dame de Monaco
Lambert Grimaldi Claudine de Monaco Dame de Monaco
Jean II Antoinette de Savoie Dame de Monaco
Lucien Jeanne de Pontevès-Cabanes Dame de Monaco
Honoré 1er Isabella Grimaldi Dame de Monaco
Charles II Jeanne Grimaldi Dame de Monaco
Hercule 1er Marie Landi de Val di Taro Dame de Monaco
Honoré II Ippolita Trivulzio Princesse de Monaco
Louis 1er Catherine-Charlotte de Gramont Princesse de Monaco
Antoine 1er Marie de Lorraine Princesse de Monaco
Louise-Hippolyte Princesse de Monaco
Jacques 1er Louise-Hippolyte Princesse de Monaco
Honoré III Marie-Catherine Brignole Princesse de Monaco
Honoré IV Louise d’Aumont Princesse de Monaco
Rainier 1er Salvatica del Carretto
Andriola Grillo
Dame de Monaco
Charles 1er Luchina Spinola
Dame de Monaco
Antoine 1er Marie de Lorraine
Dame de Monaco
Jean 1er Pomellina Fregoso
Dame de Monaco
Catalan Blanche del Caretto
Dame de Monaco
Lambert Grimaldi Claudine de Monaco
Dame de Monaco
Jean II Antoinette de Savoie
Dame de Monaco
Lucien Jeanne de Pontevès-Cabanes
Dame de Monaco
Honoré 1er Isabella Grimaldi
Dame de Monaco
Charles II Jeanne Grimaldi
Dame de Monaco
Hercule 1er Marie Landi de Val di Taro
Dame de Monaco
Honoré II Ippolita Trivulzio
Princesse de Monaco
Louis 1er Catherine-Charlotte de Gramont
Princesse de Monaco
Antoine 1er Marie de Lorraine
Princesse de Monaco
Louise-Hippolyte Princesse de Monaco
Jacques 1er Louise-Hippolyte
Princesse de Monaco
Honoré III Marie-Catherine Brignole
Princesse de Monaco
Honoré IV Louise d’Aumont
Princesse de Monaco
Petit divertissement :
Ses préparations mêlaient des plantes stimulantes (satyrion, anis, roquette), des substances animales (musc, cervelle de passereau, cantharides) et du miel. Ces mélanges étaient consommés chaque matin pour accroître la vigueur sexuelle.
Certaines recettes, très coûteuses, étaient réservées à l’aristocratie : elles combinaient des ingrédients extravagants comme testicule de bouc, poils de chien blanc, eau-de-vie exposée aux astres et même semence de crocodile, censée redonner instantanément la puissance sexuelle. Ces élixirs, présentés comme miraculeux, relèvent aujourd’hui davantage de la magie ou de la superstition que de la science.
La conclusion souligne avec humour le chemin parcouru entre ces anciennes pratiques et les traitements modernes contre l’impuissance, comme le sildénafil (Viagra).
Mais durant l’hiver 1589, alors qu’elle vit au Château de Blois, Catherine tombe grièvement malade de la tuberculose, et l’on fait chercher des médecins en urgence. Par sureté, on fait également venir un prêtre. Une fois confessée, la reine lui demande son nom : Julien de Saint Germain !
Malgré une façade de piété – elle a même saint Vincent de Paul comme aumônier – ses habitudes amoureuses n’ont guère évolué. À plus de cinquante ans, elle continue de séduire de jeunes hommes, dont un dernier amant de vingt ans avec qui elle s’isole plus d’une semaine.
La jalousie d’un autre valet entraîne l’assassinat du jeune favori, ce qui plonge Marguerite dans une violente fureur. Face au meurtrier, elle ordonne son exécution en jetant ses jarretières aux gardes pour qu’ils l’étranglent immédiatement.
Bien que ce remède nous paraisse aujourd’hui étrange et inefficace, il semble avoir rassuré la reine, qui donna ensuite naissance à dix enfants, ce qui permet à l’auteur de conclure ironiquement que c’était un véritable « remède de cheval ».
— Non, ma brave, restez donc ainsi ; je préfère voir la poule plutôt que l’œuf, lança-t-il avec son habituelle désinvolture.
Une façon plutôt musclée de rappeler que la vertu, à cette époque, n’était pas qu’une question de conscience…
Prenons Dagobert Ier, ce fameux « bon roi » immortalisé par la chanson. Un souverain si bienveillant qu’il fit, en une seule nuit, égorger dix mille familles bulgares. De quoi relativiser sa réputation de douceur… Peut-être avait-il simplement eu la délicatesse d’appliquer la règle du « femmes et enfants d’abord » ?
— « J’exige une obéissance absolue ! Si j’ordonnais à l’un de vous de sauter dans la Seine, il devrait le faire sans discuter ! »
Un silence glacé tomba dans la salle. On aurait entendu tomber un mouchoir… ou un titre de noblesse.
C’est alors que le comte de Guiche s’inclina poliment et prit la direction de la porte.
Le roi, interloqué, lui lança :
— « Guiche, où allez-vous ?! »
Et le comte, avec un sourire aussi fin que son esprit :
— « Apprendre à nager, Sire ! »
La colère royale s’évapora aussitôt — preuve que, parfois, l’humour désarme mieux qu’une armée entière.